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Beslan: deux ans après, la société russe incrédule

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Par Andreï Kolesnikov, RIA Novosti

Deux ans après les événements de septembre 2004, l'attitude des Russes à l'égard de la prise d'otages de Beslan n'a pratiquement pas changé. Selon le dernier sondage réalisé par le centre Levada, la moitié des interrogés estiment toujours que toute la vérité sur la tragédie n'a pas été dite. Seule nuance significative: le nombre des indécis face à la question de savoir s'ils sont satisfaits ou non par le comportement des autorités il y a deux ans a nettement progressé.

Si en 2004 seulement 5% des Russes hésitaient à évaluer le succès de l'opération, ils sont aujourd'hui 12%. La population ne sait pas si elle doit croire ou non les autorités et ne comprend pas à qui elle doit faire confiance. En effet, les conclusions annoncées par les différentes commissions et les forces de l'ordre ne donnent aucune information nouvelle et ajoutent à la confusion générale. Qui plus est, avant de désigner les responsables, il faut comprendre l'essentiel: qui a provoqué les explosions fatales dans le gymnase de l'école où se trouvaient la majorité des otages, et donc qui a provoqué l'assaut des forces de l'ordre?

"Ce sont les terroristes qui ont fait sauter l'école, car ils avaient dès le début l'intention de le faire", disent la plupart des interrogés (33%). Ce point de vue témoigne d'une certaine confiance, certes prudente, vis-à-vis des autorités ou, pour être plus précis, d'un début de dépassement de la méfiance. Un autre sondage, celui du centre Vtsiom évaluant la perception de la menace des attentats, fournit le même diagnostic: les interrogés estiment que la sécurité s'est nettement améliorée grâce, en partie, aux activités déployées par les forces de l'ordre. En outre, si après la prise d'otages dans le théâtre de la Doubrovka, survenue en automne 2002 à Moscou, beaucoup de Russes nourrissaient encore des illusions sur les motivations des terroristes, Beslan a mis les points sur les "i" pour discréditer définitivement les combattants de la "résistance" tchétchène.

18% des interrogés du centre Levada admettent, cependant, que l'incompétence et le comportement erroné des unités spéciales pendant l'assaut de l'école pourraient être à l'origine de la mort massive des otages, et 6% d'autres expliquent le dénouement tragique des événements de Beslan par une provocation des services secrets.

Quoi qu'il en soit, la majorité absolue des Russes (52%) voient d'un oeil négatif les résultats de l'opération de libération des otages, et 8% de la population se croit délibérément trompée.

En d'autres termes, 30% accusent les autorités, 50% ne sont pas sûrs qu'on leur dit la vérité, et 9% sont indécis. Au total, presque 90% des Russes mettent en doute la crédibilité des informations annoncées.

Un résultat décevant dans le contexte de la dispersion violente par les forces de l'ordre d'une manifestation de militants des droits de l'homme réunie devant la pierre des Solovki, mémorial aux victimes du stalinisme dans le centre de Moscou. Les autorités locales avaient interdit la manifestation sous le prétexte des célébrités organisées à l'occasion du 859e anniversaire de la ville de Moscou. Autant de démarches qui contribuent à la méfiance croissante vis-à-vis de l'interprétation officielle des événements.

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