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La Russie vue par la presse de la CEI et des pays baltes

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ESTONIE

Selon les journalistes locaux, les médias russes présentent sous un faux jour les réalités estoniennes puisque le Kremlin souhaite détourner l'attention de ses citoyens des problèmes de politique intérieure. "Des informations au compte-gouttes et parfois déformées sur les événements en Estonie mènent souvent à des erreurs amusantes dans des articles russes: la colline Tonismagi (sur laquelle était situé le monument au Soldat libérateur, ndlr) a été plusieurs fois appelée "Tonis Magi", car on croyait de toute évidence qu'il s'agissait d'un chanteur connu en URSS, alors que les revenus que le budget estonien tire du transit russe sont estimées de 6 à 60% selon les éditions" ("Eesti Paevaleht", 19.04).

Avec inquiétude, les médias annoncent les projets de Gazprom d'aborder l'aménagement d'entrepôts souterrains de gaz dans différents pays d'Europe. Gazprom est présenté comme un outil politique du Kremlin qui cherche à renforcer ses positions en Europe. "En cas de succès, Gazprom pourrait jouer en Europe un rôle de tout premier plan aussi bien dans la production de gaz que dans sa distribution et son stockage. Alors, la Russie aura moins de mal à mettre sur les genoux des pays de transit tels que l'Ukraine et la Biélorussie, sans pour autant nuire à ses clients occidentaux, moins hostiles et plus riches. En construisant des gazoducs et en aménageant des entrepôts souterrains, Gazprom sera en mesure, en se choisissant des amis, de rompre le front énergétique uni qui se constitue en Europe ("Eesti Paevaleht", 21.04).

Les journaux rendent hommage au rôle de feu le premier président russe Boris Eltsine dans l'accession de l'Estonie à l'indépendance en 1991. "Il est parfaitement évident que la dislocation de l'URSS qui s'est opérée sous la pression de la Russie a ouvert à l'Estonie la voie de l'indépendance. Le fait que Boris Eltsine et les pays baltes se soient comportés en alliés contre le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a été décisif. Cherchant à ressembler aux hommes politiques occidentaux, Eltsine, en passant les accords sur le retrait des troupes russes en 1994, a en fait ouvert à l'Estonie le chemin de l'OTAN et de l'Union européenne. L'Estonie n'aurait eu aucune chance de devenir membre de ces organisations si les troupes russes étaient restées sur son territoire ("Postimees", 24.04).

LETTONIE

Les journaux de langue russe parlent du président Eltsine et de son rôle dans l'histoire récente en termes mitigés, notant qu'on ne saurait apprécier sa personnalité sans partis pris. "D'une part, Boris Nikolaïevitch est un des plus grands politiques issus du giron du Parti communiste soviétique (...). De l'autre, Eltsine, quoi qu'en disent ses adversaires, est ce même "Borka" qui, un peu gris, s'est substitué un jour au directeur d'un orchestre. C'est ce même "Boriska" qui a permis à une poignée d'hommes d'affaires à l'intelligence limitée de faire main basse sur les richesses de la Russie. C'est cette même personne qui a donné l'ordre de tirer sur le Parlement et on ignore jusqu'à présent le nombre exact de victimes qu'a fait cette opération. C'est ce même homme qui a lancé aux présidents baltes: Prenez autant de souveraineté que vous pouvez ! C'est ce qu'ils ont fait, en empiétant sur les droits des russophones et en revendant les biens soviétiques" ("Tchas", 24.04).

Les démarches de la Russie à l'égard de l'Estonie sont présentées comme incohérentes. Selon les journaux, les représentants du pouvoir russe recourent au système des deux poids deux mesures, en faisant mousser l'image négative des néonazis estoniens, d'une part, et en dissimulant la multiplication notable des contacts économiques avec Tallinn, de l'autre. "Le vice-premier ministre Ivanov appelle les Russes à ne pas acheter les produits laitiers estoniens et à ne pas se rendre en vacances dans ce pays. Parallèlement, la société russe Severstaltrans annonce ses projets de construire en Estonie une usine d'assemblage de tout-terrains (...). Vous y comprenez quelque chose ? Renoncer avec orgueil à un emballage de yaourt pour investir des dizaines de millions d'euros, c'est cool ! Car dès qu'il est question de récolter des dividendes politiques sur l'attitude de Tallinn, on entend un choeur uni de voix réprobatrices en Russie. Mais quand il s'agit de mener des opérations d'achat-vente, on ne cesse de faire l'éloge du pragmatisme estonien" ("Telegraf", 19.04).

LITUANIE

Le thème de la dépendance énergétique du pays envers la Russie reste le leitmotiv traditionnel de la presse. "La puissance géopolitique de l'Union soviétique s'appuyait sur la force militaire, alors que le pétrole et le gaz permettaient de financer cette puissance. Dans la Russie actuelle, les ressources énergétiques sont devenues le principal outil d'influence. Pour le contrôler, le Kremlin a aussi besoin d'un contrôle à l'intérieur du pays et dans les pays voisins, ainsi que d'engagements à long terme avec les consommateurs européens. Pour l'instant, Moscou dispose de ce contrôle et y recourt volontiers (...). Les fonctionnaires de l'UE disent qu'il faut faire quelque chose en ce qui concerne la Russie, mais ils ignorent quoi" ("Lietuvos Zinios", 18.04)

UKRAINE

Beaucoup de journaux mettent l'accent sur l'attitude particulière du premier président russe Boris Eltsine à l'égard de l'Ukraine. "La Russie, avec ses ambitions impériales, a été la première à se débarrasser de l'accord sur la fondation de l'URSS de 1922... Cela a été le fruit de la volonté et de la persévérance de Boris Eltsine... Nous devons donc lui être reconnaissants" (Den, 24.04). "M.Eltsine a offert pacifiquement la liberté à l'Ukraine sans rien demander en échange. Il lui a laissé les missiles, la Crimée et un siège aux Nations unies" (From-ua, 24.04). "Eltsine est l'un des pères de l'Ukraine... Il a été tolérant au maximum à l'égard de l'Ukraine lors de son "règne" en Russie" (Korrespondent.net, 24.04).

Certains médias commentent toujours les récentes arrestations de manifestants à Moscou et à Saint-Pétersbourg pendant les "marches du désaccord". Selon la presse ukrainienne, la Russie fera tout pour préserver le modèle de "démocratie contrôlée" qu'elle a créé et dont elle est devenue l'otage, elle est prête à une confrontation avec l'Occident ou à la répression de l'opposition à l'intérieur du pays. "La "peur" de Vladimir Poutine réside dans le système de la "démocratie contrôlée"... Prenons comme exemple la nouvelle Loi sur l'extrémisme... Les défenseurs des droits de l'homme considèrent ces activités législatives comme une manifestation de la paranoïa dont souffre Vladimir Poutine en raison de sa dépendance envers les services secrets. Les agents du FSB cherchent à augmenter leur prestige en prouvant l'importance de leurs activités, ils comprennent que leur influence diminuera en cas de défaite en 2008. On organise donc des "opérations publiques de sauvetage" de la Russie" (Delovaya Stolitsa, 23.04).

ARMENIE

L'attitude adoptée par le Kremlin face au règlement dans le Haut-Karabakh préoccupe tout particulièrement les experts. Ils supposent que Moscou est tout simplement intéressé au maintien du conflit, ce qui se trouve en contradiction avec les intérêts de l'Arménie elle-même. "Au Kremlin, tout comme autrefois au Palais d'hiver, on réfléchit au moins depuis deux siècles à une seule et même chose: comment dresser les Arméniens contre leurs voisins... Il y a eu des moments où la politique russe au Caucase nous était somme toute favorable. Tel n'est plus le cas à présent. Nos dirigeants d'aujourd'hui sont en proie à un seul désir, celui de se maintenir au pouvoir, et ils y parviennent, y compris grâce au soutien inconditionnel et sans réserve de la Russie. Mais il faut parfois tenir compte de ce qui se produit dans le monde... Dans les années à venir, la Géorgie adhérera à l'Alliance de l'Atlantique Nord. Tôt ou tard, l'Azerbaïdjan ne manquera pas d'imiter son exemple. Des frappes militaires des Etats-Unis contre le territoire de l'Iran sont aujourd'hui quasi inévitables. Dans ces conditions, il serait pour le moins déraisonnable d'obéir aveuglement aux instructions de la Russie et d'essayer des décennies durant de conserver le statut actuel du Haut-Karabakh... Si une telle politique persiste, il ne restera plus rien du Haut-Karabakh" (Aravot, 19.04).

GEORGIE

Les journalistes évoquent avec angoisse les intentions de la Russie concernant la Géorgie. "L'administration de Vladimir Poutine s'est assigné manifestement pour tâche de fomenter des troubles, voire un coup d'Etat, en Géorgie et en Ukraine pour amener des forces prorusses au pouvoir dans ces pays... L'objectif final du Kremlin est évident - l'arrivée au pouvoir en Géorgie d'une force qui ne soit pas trop éloignée de l'idéologie bolchévique communiste, la réalisation d'une politique prorusse et l'instrumentalisation dans ce but d'une partie de l'opposition géorgienne... Le plan russe prévoit: le déclenchement de tensions ethniques dans la région de Samtskhé-Djavakheti, peuplée d'Arméniens; la détérioration des relations entre la Géorgie et l'Azerbaïdjan; l'organisation de troubles d'ordre économique et social; la provocation d'incidents sanglants dans les zones de conflit; l'aggravation de la situation criminogène; l'organisation d'actes de terreur et de subversion; et enfin le discrédit de l'Alliance de l'Atlantique Nord aux yeux de l'opinion géorgienne" (Georgian Times, 19.04).

La thèse selon laquelle l'Occident doit aider la Géorgie et la protéger face à la Russie est toujours très populaire dans les médias. "L'Occident doit nous aider. Cette assistance peut s'exprimer tant par des pressions contre la Russie que par une aide financière. Il existe un million de formes d'aide financière. A partir du moment où la Géorgie s'est retrouvée dans une situation aussi difficile à cause de l'Occident, qu'il nous aide à supporter toutes ces difficultés" (Akhali Taoba, 23.04).

AZERBAIDJAN

Tout en reconnaissant les mérites de Boris Eltsine, la presse donne une évaluation plutôt négative de la politique pratiquée par le premier président russe à l'égard de l'Azerbaïdjan. "Eltsine n'a jamais éprouvé de sympathies particulières à l'égard de l'Azerbaïdjan. En règle générale, il soutenait les Arméniens. Et c'est justement sous sa présidence que les Arméniens ont réussi à s'assurer le plein appui de la Russie. Pire, en 1998, l'Arménie en a même reçu un cadeau sous forme d'armements pour un milliard de dollars. Les relations de Boris Eltsine avec feu le président azerbaïdjanais Gueïdar Aliev ont toujours été tendues, ce qui se répercutait évidemment sur l'ensemble des relations entre les deux Etats" (Azadlyg, 24.04).

Le contenu du rapport du département d'Etat américain, consacré essentiellement aux objectifs diplomatiques à long terme de Washington dans l'espace postsoviétique, ont fait couler beaucoup d'encre dans les médias d'opposition. "C'est la première fois depuis l'époque de la "guerre froide" que les Etats-Unis déclarent ouvertement que leur priorité première serait de s'opposer au "comportement négatif" de la Russie dans bien des domaines, à commencer par le commerce des armes jusqu'à ses relations avec des "régimes non fiables" dans l'espace postsoviétique. Ce nouveau rapport du département d'Etat promet un nouveau regain de tension dans les relations entre Moscou et Washington... La situation en matière de démocratie en Russie y est soumise à une critique extrêmement virulente" (Azadlyg, 18.04).

KAZAKHSTAN

La 6e édition du Forum médiatique eurasiatique a eu de très larges retentissements dans la presse. Le soutien apporté par Moscou au programme nucléaire iranien, exprimé par l'ancien premier ministre russe Evgueni Primakov, ainsi que l'absence de la revendication russe du retrait immédiat des troupes étrangères de l'Irak ont attiré l'attention des journalistes. "Aujourd'hui, les Etats-Unis ne doivent pas retirer immédiatement leurs troupes de l'Irak. La Russie y est opposée. Mais il faut d'ores et déjà établir le calendrier du retrait des troupes. Il se peut qu'à l'avenir les troupes américaines y soient remplacées par une force interarabe" (Ekspress K", 20.04).

La presse relève une attention particulière de Washington à l'égard de Moscou, ce qu'elle attribue aux élections à venir en Russie. Les observateurs portent un jugement négatif sur le programme américain d'importation de la démocratie, tout en attirant l'attention du lecteur sur l'intention déclarée du département d'Etat américain d'accorder un appui consultatif et financier aux candidats que Washington voudrait voir occuper des postes clés en Russie. "Le rapport fait état des tentatives des Etats-Unis de participer aux activités législatives en Russie par des actions de lobbying de leurs propres intérêts au niveau des parlements régionaux" (Liter.kz, 18.04).

KIRGHIZSTAN

A l'issue d'une analyse des relations entre les deux Etats, ainsi que de la réaction de la Russie à la "révolution de mars" 2005, les observateurs constatent que Moscou ne tient pas du tout à intervenir en arbitre dans la dispute entre le pouvoir et l'opposition au Kirghizstan. "La Fédération de Russie adopte une attitude d'observateur étranger. La Russie est intéressée à la réussite du futur sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) prévu pour l'été prochain à Bichkek. Aussi ne veut-elle pas du tout aggraver la situation dans notre pays" (Bichkek Times, 20.04).

Comparant l'expérience des réformes économiques dans les deux pays, certaines éditions font des conclusions qui ne sont pas en faveur de la Russie. "La Russie ne cesse de dépenser des sommes immenses pour soutenir l'agriculture car elle ne manque pas de pétrodollars. Tous les ans, par exemple, la Russie injecte quelque 800 millions de dollars dans son agriculture... Le Kirghizstan ne peut y affecter de pareilles sommes. Pourtant, nos fermiers rétablissent progressivement aujourd'hui la production, tout en étant seuls maîtres de la situation. Nos paysans ne sont soumis à aucune pression de la part de l'Etat" (Agym, 18.04).

OUZBEKISTAN

Les médias sont partagés quant à l'évaluation des activités du premier président russe Boris Eltsine. "Il faudra, peut être, attendre plusieurs décennies pour avoir une vision objective de la présidence de Boris Eltsine" (Vesti.uz, 24.04).

Les journalistes analysent les raisons qui empêchent les immigrés russes issus des républiques centrasiatiques de réussir dans leur patrie historique. "Les immigrés azerbaïdjanais, géorgiens, arméniens, kazakhs, kirghiz et les représentants d'autres nationalités vivent ensemble, ils forment des diasporas, des associations économiques, ethniques et religieuses. Cela leur permet d'influer activement sur la vie économique et sociale de la région d'accueil... Hélas, les immigrés russes ne le font pas. Ils arrivent en Russie et cherchent à survivre seuls ou avec leurs proches. Cela s'explique probablement par leur caractère national et le passé soviétique qui a beaucoup changé la mentalité des Russes" (Ferghana.Ru, 18.04).

TADJIKISTAN

L'analyse de la situation autour de la confrontation irano-américaine fait penser aux observateurs que la position de Moscou concernant le soutien de Téhéran n'a pas changé. "Globalement, le volet oriental de la politique russe n'a pas changé - l'Iran reste un partenaire stratégique très important de la Russie dans la région et dans le monde islamique. Si on attaque l'Iran, la Russie condamnera résolument l'agression, réclamera la convocation urgente d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU et accordera une assistance matérielle, voire militaire et technique à l'Iran dès les premiers jours de la guerre" (Asia-Plus, 18.04).

La presse affirme que le refus des sociétés russes de participer à la réalisation de grands projets hydroénergétiques au Tadjikistan obligera Douchanbe à se retirer de la zone d'influence russe. "Si Rusal annule son accord avec le Tadjikistan sur la construction de la centrale hydroélectrique de Rogoun, Douchanbe optera plutôt pour un projet d'investissement avec la participation du Pakistan et de l'Iran... La Russie a décidé de sacrifier ses intérêts économiques et géostratégiques au Tadjikistan pour pousser ce dernier à une alliance plus étroite avec ses voisins méridionaux. A propos, la perte du Tadjikistan en tant que partenaire financier et économiquement dépendant ne garantit pas à la Russie un partenariat aussi fiable avec l'Ouzbékistan et le Turkménistan qui cherchent à construire des relations équilibrées non seulement avec la Russie, mais aussi avec la Chine, les États-Unis et d'autres grands investisseurs internationaux" (Asia-Plus, 18.04).

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