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Quels espoirs pour Lavrov au Proche-Orient?

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Par Maria Appakova, RIA Novosti
Par Maria Appakova, RIA Novosti

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov effectuera à partir du 19 mars une tournée au Proche-Orient. Il se rendra en Syrie, en Israël et sur le territoire contrôlé par l'Autorité palestinienne. L'itinéraire et le moment de ce voyage reflètent nettement l'écheveau des problèmes régionaux.

En ce qui concerne l'itinéraire, la cordée Israël-Palestiniens-Syrie est plus évidente que jamais. C'est uniquement dans le cadre de ce "triangle" ou, plus précisément, de ce "carré" (compte tenu du rôle régional de l'Iran) qu'il est possible d'évoquer aujourd'hui le processus de paix au Proche-Orient et, en cas d'échec de ce dernier, la guerre.

Quant au moment choisi pour cette tournée, notons qu'elle aura lieu à la veille du sommet de la Ligue arabe, prévu pour fin mars à Damas, et de la 16e tentative des parlementaires libanais d'élire le président du pays. Un nouvel échec de l'élection libanaise provoquera sans doute l'échec du sommet et, peut-être, l'isolement international de la Syrie, car, comme on l'estime, c'est elle qui manipule la situation politique et bloque l'élection au Liban, bien qu'il y ait d'autres avis sur la question.

Quelle place occupe donc la Russie, qui envoie Sergueï Lavrov dans cette région, dans le noeud des problèmes proche-orientaux?

Selon le ministre lui-même, l'un des objectifs de cette tournée est de mettre en évidence les forces régionales prêtes à participer à la conférence internationale sur le Proche-Orient qui se tiendra à Moscou. La semaine dernière, à Paris, il a souligné en répondant aux questions des journalistes que la Russie convoquerait cette rencontre à condition que toutes les parties concernées soient prêtes à y participer. M. Lavrov a également rappelé que tous les membres du Quartette pour le Proche-Orient qui comporte, en plus de la Russie, les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU, avaient manifesté leur intérêt pour une participation à cette conférence.

La dernière rencontre de ce type, organisée fin novembre à Annapolis, avait abouti à un accord sur le lancement de négociations palestino-israéliennes. La nécessité d'examiner également les perspectives du règlement des problèmes entre Israël et la Syrie, ainsi qu'entre Israël et le Liban y avait été constatée, non sans l'insistance de la Russie. Ainsi, la rencontre de Moscou devait, si possible, s'inscrire dans le prolongement d'Annapolis, surtout en ce qui concerne les dossiers syrien et libanais. Il ne restait qu'à surmonter la résistance d'Israël, qui refuse de mener des négociations officielles avec Damas aux conditions posées par les Syriens: la restitution sans conditions des hauteurs du Golan. D'ailleurs, selon les affirmations des médias proche-orientaux, des pourparlers syro-israéliens informels sont en cours. Par conséquent, la rencontre de Moscou ne semblait pas si irréaliste.

Cependant, l'optimisme affiché en novembre sur le processus de paix au Proche-Orient a de nouveau laissé place à la déception, surtout ce dernier mois. Les tirs contre le territoire israélien depuis la bande de Gaza se sont multipliés. Un attentat retentissant a été perpétré à Jérusalem. Les opérations militaires de Tsahal sur les territoires palestiniens ne s'arrêtent pas, pas plus que la construction de colonies. L'établissement de rapports entre les groupements palestiniens, avant tout entre le Hamas et le Fatah, semble impossible. Le Fatah en accuse les dirigeants islamistes qui se trouvent en dehors de la Palestine, principalement à Damas. Le Hezbollah accroît son influence sur les groupements palestiniens radicaux. Là encore, ce sont la Syrie et l'Iran qui se cachent derrière cette organisation chiite libanaise. Les négociations palestino-israéliennes sont pratiquement gelées, et des déclarations sur l'échec du "processus d'Annapolis" retentissent périodiquement de part et d'autre. Si telle ou telle rencontre se tient tout de même prochainement entre hommes politiques palestiniens et israéliens, il est peu probable qu'elle ait une grande importance concrète.

Dans ce contexte, il paraît pour le moins utopique d'évoquer une nouvelle conférence de paix. Bien que de nombreux hommes politiques, avant tout arabes, soutiennent cette idée, il est difficile d'envisager sa réalisation, du moins, dans un avenir proche. En partant du fait, naturellement, que l'objectif poursuivi est bien d'organiser une rencontre efficace, et non une conférence de façade.

Néanmoins, Sergueï Lavrov se rend au Proche-Orient sans perdre espoir. Il ne s'agit pas, probablement, d'obtenir des leaders régionaux des promesses et des dates concrètes pour leur arrivée aux négociations de Moscou. Sa mission, quoi que non déclarée, mais assez évidente, consiste à renforcer les contacts entre la Syrie et Israël, à favoriser l'établissement de rapports de confiance entre ces deux pays.

Est-ce possible? Cette question restera à priori encore longtemps sans réponse, du moins pour les cercles non-initiés de l'opinion publique. Mais, en cas de succès, tout un ensemble de problèmes pourraient être réglés, concernant tant le processus de paix que la crise intérieure libanaise.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

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