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Revue de la presse russe du 14 avril

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MOSCOU, RIA Novosti

Nezavissimaïa gazeta

Poutine prêt à signer un décret sur l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud

Le chef de l'Etat devrait signer, avant l'investiture du nouveau président, un décret "Sur les orientations principales du développement des rapports de la Fédération de Russie avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud", indique lundi le quotidien Nezavissimaïa gazeta, se référant à des sources proches de l'administration du Kremlin.

Ces sources affirment que le document doit donner le feu vert aux ministères et départements russes en vue d'établir des rapports officiels directs avec les structures analogues des républiques non reconnues. Elles ont en outre invité à ne pas rechercher d'analogies avec Taïwan ou avec d'autres situations existantes: la Russie a l'intention de mettre en oeuvre son propre scénario original en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

"Ce n'est probablement pas le meilleur moment pour prendre des décisions radicales, estime Konstantin Zatouline, premier vice-président du Comité de la Douma (chambre basse du parlement russe) pour les contacts avec les compatriotes. Mais d'un autre côté, il vaut mieux prendre le risque aujourd'hui, car ces décisions seront demain plus difficiles. Si nous ne réglons pas ce problème maintenant, il se manifestera à l'approche des Jeux olympiques. L'exemple de la Chine et du Tibet parle de lui-même".

Un diplomate russe qui a longtemps travaillé en Géorgie estime quant à lui que le moment actuel est on ne peut plus propice à la prise de telles décisions. "Aux Etats-Unis, l'administration républicaine est sur le départ. Les problèmes de politique étrangère ne préoccupent pas beaucoup l'électeur américain. Si même l'Irak est passé à l'arrière plan pour les Américains, comment imaginer que les problèmes de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud passent, eux, au premier plan? C'est peu probable. En fait, la réaction des Géorgiens n'est pas importante pour nous, car la Géorgie n'est pas un pays avec lequel nous devons maintenir coûte que coûte des rapports à un niveau élevé".

Selon une autre source du quotidien, la Russie fera tout son possible en vue d'empêcher l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN. "Une présence militaire directe en Abkhazie et en Ossétie du Sud serait à ce titre la mesure la plus sérieuse".

Moscou pourra conclure avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud des traités militaires à l'instar de ceux signés par les Etats-Unis avec Taïwan. Cela sera suivi du déploiement d'unités militaires dans la base militaire russe de Goudaouta (elle est actuellement fermée, mais toute son infrastructure est restée intacte, dont un aérodrome en parfait état) et de la réouverture de la base navale d'Otchamtchira: l'apparition de sous-marins dans cette base rendra impossible le passage de navires de l'OTAN le long du littoral abkhaze.

En ce qui concerne la reconnaissance formelle de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, le ministère russe des Affaires étrangères a recommandé au président de le faire dans deux cas: le lancement réel du processus d'adhésion de la Géorgie à l'OTAN, ou une agression militaire contre les républiques (non-reconnues). Certaines sources au sein de la diplomatie russe affirment même qu'il aurait fallu le faire depuis longtemps, à savoir dès 1993.

Vedomosti

Poutine pourrait partir pour de bon

Il n'est pas exclu que Vladimir Poutine parte pour de bon, indique lundi le quotidien Vedomosti.

Qui plus est, il semble que la passation de pouvoir s'effectue plus rapidement que ne l'attendaient les observateurs. Les fonctionnaires moyens et inférieurs se sont déjà, semble-t-il, complètement réorientés vers Dmitri Medvedev.

Ce n'est pas que le président nouvellement élu ait enflammé le coeur des hommes d'affaires en leur promettant d'alléger les charges administratives et d'éradiquer la corruption, ni ceux des opposants libéraux, en leur confiant que la liberté valait mieux que la non-liberté. Ce n'est pas non plus que M. Medvedev soit parvenu à convaincre certains acteurs clés qu'il avait de réelles chances de prendre le pouvoir.

Il s'agit plutôt du fait que le puissant appareil bureaucratique a compris qu'il n'y avait aucun lien entre la stabilité et le maintien au pouvoir de Vladimir Poutine qui en est à l'origine. Le remodelage de l'ensemble du système politique au nom d'une seule personne est lourd de conséquences beaucoup plus graves qu'un changement de leaders "en douceur".

Les élites politiques, par inertie, continuent d'examiner un scénario où M. Poutine jouerait un rôle considérable, mais le registre des adieux pointe déjà dans ces discussions tout comme dans les discours des leaders mondiaux. Les citoyens russes expriment ouvertement, eux aussi, leur attitude envers ce qui se passe: la légèreté avec laquelle la cote de popularité de Vladimir Poutine a été transférée à Dmitri Medvedev témoigne non pas d'une forme d'indifférence, mais d'une bonne compréhension de la nature de la popularité poutinienne. Il s'agit de la popularité d'une époque positive, et la question de savoir quel homme politique incarne cette époque est secondaire.

Bien entendu, Vladimir Poutine n'est pas encore définitivement parti, mais même s'il devenait aujourd'hui le leader de Russie unie, lors du congrès du parti, ceci pourrait n'avoir aucune influence sur l'évolution de la situation générale. Le parti n'a rien qui pourrait lui être utile [à M. Poutine] dans sa lutte pour le pouvoir. Les plus de trois cents parlementaires de Russie unie sont en réalité subordonnés au prochain dirigeant du pays, et non à la direction du parti ou à Vladimir Poutine personnellement. S'ils sentent que le pouvoir passe réellement aux mains de Dmitri Medvedev, c'est lui qui recevra le contrôle du parlement. Et comme personne ne voudrait être le dernier à deviner le nom du leader suivant, le changement réel de pouvoir pourrait avoir lieu dans un proche avenir.

Par Konstantin Sonine, professeur à l'Ecole russe d'économie.

Kommersant

Gazprom et OMV n'ont pu se partager le marché autrichien

Gazprom examine une nouvelle variante pour l'itinéraire du gazoduc South Stream: de la Serbie en Slovénie, puis en Italie du Nord, le directeur général du géant gazier russe Alexeï Miller s'est déjà assuré le soutien des président et premier ministre slovènes Danilo Türk et Janez Jansa, lit-on lundi dans le quotidien Kommersant.

L'annonce publique de ces négociations est appelée à montrer à l'Autriche, dont les rapports avec Gazprom se sont détériorés, que le South Stream peut la contourner.

Les livraisons de gaz russe à la Slovénie, qui assume actuellement la présidence de l'Union européenne, ont commencé en 1978, mais elles restent encore aujourd'hui insignifiantes: en 2007, Gazprom Export n'a livré à ce pays que 590 millions de m3 de gaz.

L'adhésion possible de la Slovénie au projet de gazoduc South Stream semble pour le moins inattendue. On estimait jusque-là que l'itinéraire terrestre du gazoduc était défini: sortant de la mer Noire en Bulgarie, il devait passer par la Serbie pour entrer en Hongrie, ensuite en Autriche avant d'arriver dans le Nord de l'Italie. Une autre ramification doit traverser la Grèce (l'accord doit être signé avant fin avril) pour arriver dans le Sud de l'Italie.

Maxime Cheïne de BrokerCreditService voit dans la déclaration d'Alexeï Miller un avertissement fait à l'Autriche. Selon l'information de Mikhaïl Kortchemkine, directeur d'East European Gas Analysis, les rapports entre Gazprom et la compagnie autrichienne OMV s'étaient détériorés dès janvier, aussitôt après la signature par les compagnies d'un accord de coopération.

Conformément à ce document, Gazprom devait recevoir 50% de Central Europe Gas Hub (CEGH), place de vente autrichienne qui siège à Baumgarten, et construire avec OMV des entrepôts souterrains de gaz en Autriche et dans les pays voisins.

Mais quelques jours après la signature, on a appris que le monopole russe avait refusé de vendre du gaz aux traders qui avaient réservé des capacités dans le gazoduc Transautrichien, fait savoir Mikhaïl Kortchemkine. Il cite les paroles de Vladimir Khandokhine, directeur du département Gazprom Export, assurant que le géant gazier "ne vendra pas de gaz aux propriétaires de capacités de transport du gaz, car cela est contraire à la stratégie de Gazprom visant à accroître les ventes directes aux consommateurs finaux". Selon Mikhaïl Kortchemkine, Gazprom et OMV n'ont tout simplement pas réussi à se partager le marché autrichien".

Le projet de gazoduc South Stream d'un rendement de 30 milliards de m3 de gaz par an est en voie de réalisation conformément à l'accord signé par Gazprom avec la compagnie italienne Eni (selon un principe de parité). Le gazoduc doit passer, par la mer Noire, de Russie en Bulgarie, d'où il empruntera deux ramifications dirigées vers le Nord et le Sud de l'Italie. La mise en service est prévue pour 2013.

Par conséquent, l'identité du dernier pays de transit du tronçon Nord du gazoduc South Stream reste en question. Aucun accord d'adhésion au projet n'a été signé ni avec l'Autriche, ni avec la Slovénie. Des sources du Kommersant à Gazprom et dans les départements russes appropriés indiquent qu'aucune variante n'est exclue.

$martMoney

Poutine deviendra-t-il premier ministre sans perdre son influence?

Au moment où Vladimir Poutine deviendra premier ministre, ce poste sera sans aucun doute beaucoup plus important qu'il ne l'a été à l'époque de sa présidence, note lundi le journal $martMoney.

Deux instruments de contrôle des régions passeront du Kremlin au gouvernement, a-t-on appris la semaine dernière. Les gouverneurs et les présidents des républiques russes devront désormais présenter régulièrement devant le ministère du Développement régional des rapports sur les succès et échecs enregistrés. C'est de ce même organe, semble-t-il, que relèveront les représentants plénipotentiaires du président dans les régions fédérales.

Officiellement, M. Poutine ne viole pas la promesse qu'il a faite de ne pas attirer au sein du gouvernement les compétences de l'administration présidentielle, du moins parce que le droit du président de nommer des représentants plénipotentiaires n'est pas stipulé dans la Constitution et que le Kremlin continuera toujours de proposer les candidatures des gouverneurs. Cependant, le nouveau président aura désormais moins de possibilités de faire preuve de volonté politique dans le cadre de la politique régionale.

Les fonctionnaires qui ont annoncé ces nouveautés affirment que le hic réside dans l'absence de cette même politique régionale. Celle-ci aurait été réduite à néant après la mise en conformité des lois régionales avec la législation fédérale et le remplacement des élections directes des chefs des régions par des nominations. L'économie est une chose essentielle aujourd'hui, or, elle relève directement de la compétence du gouvernement. Mais ce genre d'explications suscite des doutes.

Premièrement, les indices économiques des régions sont déjà loin aujourd'hui d'être une chose de premier intérêt: lorsque la question du changement de gouverneur s'impose, ce sont souvent le taux de participation aux élections et le nombre de voix données pour Russie unie qui s'avèrent beaucoup plus importants. Deuxièmement, ce sont les représentants plénipotentiaires qui devront travailler sur la tâche tout à fait politique qui consiste à agrandir les régions, et qui pourrait justement être accomplie sous le premier ministre Poutine.

Selon le ministre russe du Développement régional, Dmitri Kozak, la Russie aura finalement dix macro-régions (tandis qu'une source émanant du Kremlin en évoquait douze, expliquant la nécessité de cette réforme par le fait que "la république de l'Altaï [par exemple] ne peut pas être un sujet de la politique fédérale"). D'après les fonctionnaires, à la suite de l'entrée en fonctions du nouveau président, il y aura déjà une dizaine (au lieu de sept aujourd'hui) de représentants plénipotentiaires, ce qui confirme l'existence de projets concernant la fusion de régions, annoncés par M. Kozak. Ce sont probablement les représentants plénipotentiaires parvenant à consolider avec succès leurs régions qui deviendront des "supergouverneurs". Le fait qu'ils "marieront" les élites régionales sous la surveillance du premier ministre et non du président signifie que la Russie n'assistera pas à une dualité du pouvoir, tant redoutée par de nombreux observateurs: Vladimir Poutine se débrouillera très bien tout seul.

Ces articles sont tirés de la presse et n'ont rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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