Washington pourrait pointer ses missiles nucléaires sur les grandes entreprises russes (journal)

Washington conçoit une nouvelle doctrine militaire et envisage de rediriger ses missiles nucléaires des grandes villes russes vers les 12 principales entreprises industrielles du pays, écrit mercredi le quotidien Kommersant.
MOSCOU, 15 avril - RIA Novosti. Washington conçoit une nouvelle doctrine militaire et envisage de rediriger ses missiles nucléaires des grandes villes russes vers les 12 principales entreprises industrielles du pays, écrit mercredi le quotidien Kommersant.

Selon les auteurs de ce projet, la destruction de ces ouvrages économiques paralysera la Russie, la rendant incapable de faire la guerre.

La Fédération des scientifiques américains a publié un rapport consacré à la formation de la nouvelle doctrine militaire du Pentagone. Intitulé "De la confrontation à la dissuasion minimale", ce document vient conforter la dernière initiative de Barack Obama en matière de désarmement nucléaire. Le rapport constate notamment que l'actuel potentiel nucléaire américain est inutile, voire dangereux pour le pays.

D'après la Fédération des scientifiques américains, afin d'assurer une dissuasion nucléaire efficace en ce début du XXIe siècle, les Etats-Unis devraient repointer leurs missiles nucléaires. Les diriger sur des villes à population importante serait inhumain, car en cas de guerre, le nombre de victimes se compterait par millions. Pour l'éviter, il serait plus judicieux de choisir les grands ouvrages infrastructurels. A titre d'exemple, les auteurs du rapport citent la Russie.

Ils ont établi une liste de 12 cibles sur le territoire russe. Le premier groupe d'ouvrages à neutraliser comprend trois raffineries: à Omsk (Gazprom Neft), à Angarsk (Rosneft) et à Kirichi (Sourgourneftegaz). Le deuxième groupe réunit les principales entreprises métallurgiques: à Magnitogorsk, Nijni-Taguil et à Tcherepovets (appartenant respectivement à MMK, Evraz et Severstal), ainsi que le combinat Norilsk Nickel et les usines d'aluminium de Bratsk et de Novokouznetsk appartenant à Rusal. Plusieurs centrales électriques ferment la liste: la centrale Berezovskaïa (appartient à OGK-4, l'allemand E.ON étant le principal actionnaire), la centrale Sredneouralskaïa (propriétaire: OGK-5 et l'italien Enel) et deux centrales de Sourgout (une appartenant à Gazprom et l'autre à E.ON).

Ces entreprises ont été choisies non seulement parce qu'elles constituent le fondement de l'industrie russe, mais aussi parce que leur destruction entraînerait un minimum de victimes. Les auteurs du rapport sont toutefois persuadés que non seulement l'économie russe serait paralysée en cas d'attaque nucléaire, mais que celle-ci ferait nécessairement un million de morts. "Ce calcul ne manque pas de dégriser", concluent les scientifiques américains.

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