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«Un regard sans frontières»: L’année croisée en vitrine

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En passant il y a quelques jours devant la vitrine d’une librairie, j’ai réalisé : elle a bien commencé l’année croisée franco-russe.
En passant il y a quelques jours devant la vitrine d’une librairie, j’ai réalisé : elle a bien commencé l’année croisée franco-russe. Cette vitrine avec tous les livres sur la Russie qu’il y avait en vente – romans d’auteurs classiques et contemporains, albums d’art, méthodes de langue, recettes de cuisine – m’a plus impressionné que les annonces sur les grands événements dans des établissements de prestige, car c’est une librairie de quartier et personne, j’imagine, n’a obligé le patron à déclarer son respect pour la culture russe ou encore moins à se rallier à la manifestation. C’est à la base donc que l’on perçoit le mieux la portée de l’événement. La France s’est mise à l’heure russe, au diapason des cultures et des goûts moscovites – aujourd’hui, il est vrai, un peu conservateurs. Pour cette raison, d’ailleurs, dans les manifestations venant de Moscou, le classique prévaut. Les icônes, le Bolchoï, la musique de Tchaïkovski. Que des valeurs sûres. On a voulu ainsi éviter la réédition du scandale qui a accompagné l’exposition russe « Sots art » organisée à Paris il y a 3 ans avec, au programme, l’art non conformiste, souvent au vitriol.
Mais la culture russe n’est pas présentée en France que par les instances officielles de Russie. Il y a aussi l’initiative locale, comme celle que j’ai déjà évoquée – tout est donc mélangé. C’est ainsi qu’en attendant « Sainte Russie », l'exposition du Louvre qui présentera à partir du 5 mars les trésors de l'art chrétien du IXe au XVIIIe siècle et qui sera inaugurée par le président Medvedev, le public parisien est déjà invité à une autre exposition, celle du Palais Garnier où la BNF expose jusqu’au 23 mars ses trésors liés à l'histoire des Ballets russes ayant subjugué Paris il y a tout juste 100 ans. Bakst et Benois, Gontcharova et Picasso – le triomphe de Diaguilev aurait été impossible sans ces illustres artistes, créateurs de décors et de costumes. D’ailleurs, l’ombre de Diaguilev doit continuer à planer sur la France encore longtemps car, après l’exposition, les meilleures créations de la célèbre troupe russe seront reconstituées pour le public par les ballets de Perm. Une belle sélection, haute en couleurs.
Le programme de l’année ne s’y limite pas, bien évidemment, il prévoit quelques dizaines de manifestations. Par exemple, des festivals de musique russe sur les antennes et dans les salles ; une déferlante cinéma avec, dès aujourd’hui, une œuvre de Lounguine qui raconte le despotisme impérial et la folie mystique du tsar Ivan le Terrible sur fond de splendeurs de la liturgie orthodoxe, de broderies et de fourrures. Mais il y a aussi pour cette année croisée – et c’est spontanné – l’initiative des journaux de donner des adresses des épiceries, boutiques ou restaurants russes, surtout si ce sont des lieux un peu célèbres. Mais pas uniquement. Ainsi vous apprendrez l’existence à Paris de six supérettes Gastronom, avec un vaste choix de produits russes, dont des cornichons et des vodkas. Vous apprendrez l’existence de bonnes tables, comme la cantine du Conservatoire Rachmaninoff qui offre un délicieux bœuf stroganoff, ou comme « Matouchka aux trois violons », petit restaurant de quartier où l’on va pour la virtuosité des violonistes et le chachlik (brochette d’agneau). Bonne dégustation donc, quel que soit votre choix. Passez une année à la russe.
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