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C’est magique, une langue

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Notre observateur Anton Nikolski propose à votre attention son commentaire : « C'est magique, une langue » Banderole, chiffon, fougère, pigeon, plafond, ridicule. Tous ces mots existent en langue russe. Mais vous serez étonnés d'apprendre qu'il signifient tout à fait autre chose.

Notre observateur Anton Nikolski propose à votre attention son commentaire : « C'est magique, une langue »

Banderole, chiffon, fougère, pigeon, plafond, ridicule. Tous ces mots existent en langue russe. Mais vous serez étonnés d'apprendre qu'il signifient tout à fait autre chose. « Envoi postal » pour banderole, « mousseline » pour chiffon, « coupe à champagne » pour fougère, dandy pour « pigeon » et « sac à main » pour ridicule. Eh oui, après avoir fait irruption en Russie au XVIII siècle, à l'époque des réformes de Pierre le Grand, la langue française a connu bien des péregrinations en Russie. Certains termes ont flambé et ont disparu. D'autres sont restés dans la langue russe avec leur signification d'origine. D'autres encore se sont écartés du sens initial pour devenir de « faux amis », ces mots dont la forme est très proche de l'original français mais qui ont pris une acception différente, parfois très éloignée, comme ceux par lesquels nous avons commencé.

Eh bien, dans le cadre de l'année croisée France-Russie 2010,  il a été décidé d'organiser une exposition « Les mots français dans la langue russe ». Il s'agit d'une exposition sur panneaux et vidéos qui met en scène les faux amis ou, plus précisément, les meilleures contributions à un concours sur les faux-amis de la langue française et russe, et qui doit circuler pendant toute l'année à travers les écoles, les lycées et les universités des deux pays.

En effet, en prévision de la manifestation, plus de 400 volontaires ont concouru pour chercher des déviations étonnantes du sens des mots français en russe ou encore des circonstances d'emprunt inhabituelles. Les critères du jury, composés d'enseignants et de diplomates, étaient les suivants : le mot devait être employé dans la langue moderne, l'explication étymologique devait être bien formulée et reconnue, l'originalité comptait aussi. Pas de banalités donc. Nous pouvons maintenant découvrir la production des lauréats du concours. Sachez, par exemple, qu'une « jeune femme peut se promener aux bras de son pigeon, vêtue de chiffons, un coulant autour du cou ».  Eh oui, l'histoire des mots est magique.

Signalons à propos, même si cela ne relève pas directement de l'exposition mentionnée, que les mots russes, une fois empruntés par la langue de Molière, ont connu également des aventures passionnantes. Fascinés par leur sonorité, celle des steppes et des forêts sibériennes, les Français aiment évoquer les apparartchiks et les kalachnikovs, les cosaques et les troïkas. Un mot russe sent toujours l'exotisme, ce qui explique, par exemple, leurs aventures sur les enseignes de commerçants. Je parle des noms de bars et de restaurants. A Strasbourg, vous trouverez « La Perestroika », tandis qu'un petit bar parisien au centre du Marais friqué, où l'on vient écouter des concerts de Rock, se nomme « Le Politburo ». Le dernier du genre est « Le KGB », le nouveau restaurant du chef William Ledeuil qui propose une cuisine inspirée non pas de blinis ou de pelmeni, mais de plats d'Asie, d'Italie et d'Espagne. Le KGB se décrypte « Kitchen Galerie bis », tout simplement. En d'autres termes, version bis d'un restaurant au nom Kitchen Galerie. Rien à voir avec les agents secrets. Mais... la magie est déjà faite.

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