La Mégapole d'Ivan Mikhaïlov

La vieille ville d'Arles qui regorge d'histoire et d'images, accueille tous les ans ses Rencontres photographiques estivales. Cette fois-ci c'est leur 41e édition.

 

La vieille ville d'Arles qui regorge d'histoire et d'images, accueille tous les ans ses Rencontres photographiques estivales. Cette fois-ci c'est leur 41e édition. Et comme ce célèbre festival essaime dans le monde entier et présente des artistes venus de tous horizons, cet été un visiteur curieux y trouvera une exposition signé d'un nom russe. Année croisée oblige. Le photographe s'appelle Ivan Mikhailov. C'est un jeune artiste qui vit et travaille à Tcheboksary, petite ville sur la Volga. Dans l'exposition ayant pour titre « La Mégapole », son statut et son regard d'artiste de province ont été mis en valeur. « Moscou est une grande ville pleine de gens occupés, à la circulation congestionnée, avec un métro bruyant, des publicités agressives, des lumières nocturnes, des vitrines luxueuses et une douce solitude. Elle ressemble à une énorme fourmilière en mouvement, à un mécanisme dont les habitants ne sont que les rouages qui remplissent leurs fonctions quotidiennes ». Ces paroles qui appartiennent à l'artiste vous mettent immédiatement dans l'ambiance de cette exposition. Il s'agit de portraits de jeunes gens qui, pour diverses raisons, ont quitté leur province pour s'installer dans la capitale. Ils se retrouvent dans un nouveau monde, avec de nouveaux rythmes et des règles de vie différentes. Si les uns s'y sentent comme des poissons dans l'eau, d'autres sont étouffés et écrasés par la ville gigantesque.

« Irina Tsvetkova à Moscou depuis 6 mois ». C'est un des titres et un des portraits. On y voit une jeune femme sur le balcon d'une tour. Blottie dans un plaid jaune, elle regarde d'un oeil résolu la ville qui s'étale à ses pied. Elle trouve la ville de Moscou trop paresseuse. Responsable d'un projet internet, elle est là pour réussir et elle fonce. D'autres personnages sont photographiés dans le même cadre, devant une fenêtre ou un balcon, métaphore d'ouverture sur l'avenir. La journaliste Evguénia Maximova le designer Sacha Oulianov, d'autres encore, ils étaient tous à l'étroit dans leurs petites villes de province. Le photographe précise qu'il est allé à leur rencontre et leur a posé les questions qu'il se pose à lui-même. Qu'attendent-ils de cette ville ? À quoi pensent-ils, à quoi rêvent-ils, comment se sentent-ils dans cet espace?

L'exposition d'Ivan Mikhailov dessine un monde tendu et cruel, celui du risque, de la chance ou de l'échec. Il semble être à des années-lumière du calme éternel de l'Abbaye de Montmajour où il est présenté. Mais la distance est vite surmontée. Le talent du jeune photographe est là pour que les portraits s'expliquent, fassent des aveux, intriguent tout en restant muets. La directrice de la Maison de la photographie de Moscou Olga Svibloga, la commissaire de l'exposition, a vu juste en choisissant Ivan Mikhailov  pour les Rencontres d'Arles. Et les visiteurs du festival, qui s'arrêtent à l'Abbaye de Montamajour après la « Promenade Argentine » ou la « Promenade argentique », principaux parcours de cette année, s'en rendent bien compte.

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