Votre inscription a été enregistrée avec succès!
Merci de cliquer sur le lien envoyé par courriel sur

Sarkozy et incendies en Russie: des sapeurs-pompiers pour l’Europe et le monde entier?

S'abonner
Les incendies et la canicule anormale en Russie, les inondations en Europe centrale et la catastrophe naturelle au Pakistan ont obligé l’Union Européenne à se remettre à réfléchir à la création d’un ministère européen de lutte contre les sinistres.

Les incendies et la canicule anormale en Russie, les inondations en Europe centrale et la catastrophe naturelle au Pakistan ont obligé l’Union Européenne à se remettre à réfléchir à la création d’un ministère européen de lutte contre les sinistres. Ces idées se manifestent à Bruxelles régulièrement lorsque la nature se montre particulièrement féroce. Cette fois, c’est le président français Nicolas Sarkozy qui s’est fait le promoteur principal de cette idée en adressant une lettre à ce sujet au président de la Commission des Communautés Européennes (premier ministre de l’Union Européenne) José Manuel Durão Barroso. Etant donné que le Portugal, la patrie de Barroso, a été tourmenté cet été par de violents incendies, tout comme la Russie, il devrait se montrer extrêmement réceptif à l’égard du plan en question.

En deux mots, Nicolas Sarkozy propose de créer des forces de réaction rapide de l’Union Européenne pour pouvoir assister, dans les meilleurs délais, les victimes des éléments déchaînés aussi bien au sein de l’Union Européenne qu’en dehors de cette Union.

Les Français ont commencé à évoquer la nécessité d’une telle structure dès la semaine dernière lorsque Pierre Lelouche, le Secrétaire d’État aux Affaires européennes, a déclaré que la France était déjà en train d’élaborer des plans à ce sujet. Selon Lelouche, il n’est même pas exclu que cette force devienne internationale et il a prétendu que la Russie avait exprimé son souhait d’y participer, tout comme les États-Unis. Les détails de l’initiative Sarkozy sont actuellement en cours d’élaboration pour être présentés incessamment à Bruxelles.

L’Union Européenne a déjà fait l’expérience de la création d’un service de sapeurs-pompiers commun mais aucun résultat tangible et efficace n’a été obtenu. L’année dernière, par exemple, la force expérimentale de lutte contre les incendies a même été dotée de deux Canadairs CL-215 fabriqués par la société canadienne Bombardier. Chaque avion de ce type est capable de pomper près de 5 500 kg d’eau en 10 secondes (c’est le Be-200 russe qui est considéré comme le meilleur bombardier d’eau du monde. Il pompe 12 tonnes d’eau en 14 secondes. La Grèce, l’Italie et l’Espagne en ont déjà acquis ou commandé). En 2009, ces Canadairs ont effectué six interventions pour éteindre des incendies au Portugal, en Grèce, en Italie et en France.

Selon les Français, une force unie et centralisée de l’Union Européenne destinée à lutter contre les feux de forêt pourrait être beaucoup plus utile que les accords à ce sujet passés séparément entre les pays de l’Union. Le centre commun de réaction rapide serait en mesure de constituer une «banque de moyens opérationnels de lutte contre les incendies» pour réagir aux requêtes des pays avec une rapidité et une efficacité accrues. L’expérience grecque de l’année dernière a notamment démontré que les recherches de «sapeurs-pompiers» à travers toute l’Union Européenne pourraient faire perdre au pays concerné un temps précieux. Alors que les Grecs parcouraient toute l’Union Européenne à la recherche d’avions libres pour éteindre leurs incendies, ces derniers ont fini par se rapprocher trop près d’Athènes. Un «coup de fil» au système centralisé de lutte contre les feux de forêt pourrait mettre fin à ces déficiences.

En principe, la Grande Europe possède un parc important d’avions de lutte contre les incendies. Selon Eurostat, à l’heure actuelle, il y a 300 avions et hélicoptères spécialement équipés pour lutter contre les incendies. Le projet d’un service unique de pompiers (deux avions canadiens ont été affrétés dans le cadre de ce projet) devrait voir le jour à la fin de l’année. La Corse n’en a pas été choisie pour centre par hasard. L’île est l’endroit idéal pour une base destinée à desservir les régions de la Méditerranée européenne. 3,5 millions d’euros seront dépensés pour le projet sur deux ans.

Europe perd chaque année en moyenne 400-600 000 hectares de forêts qui brûlent. L’année dernière en Turquie, au Portugal, en Espagne, dans le Sud de la France et en Italie 575 000 hectares de forêts ont été détruits par le feu.

Il y a, bien sûr, des obstacles à la formation de brigades unifiées de pompiers de forêt dépendant de Bruxelles. Les pays du Nord membres de l’Union Européenne ne sont pas très disposés à investir dans la lutte contre les incendies dans le Sud. Toute la ceinture inflammable de l’UE englobe la partie Sud, en passant par les régions côtières de la Méditerranée et des mers voisines. Les Finlandais, les Suédois, les Danois, les Hollandais et les Britanniques disent entre autre qu’un tel centre de secours d’urgence «corromprait les méridionaux». Il leur inculquerait un sentiment dangereux de complaisance et découragerait la bonne volonté et le désir de prévenir les incendies, de cultiver des forêts sûres, de maintenir l’équilibre des eaux dans le sol, de sauver des tourbières etc. Les méridionaux frivoles, selon ceux du nord, sont enclins à ce genre de comportement et sont sujets à la «mentalité d’assistés»: on ne change pas sa nature et son caractère. Globalement, l’affaire n’a pas avancé. L’initiative de Nicolas Sarkozy l’aiderait peut-être à progresser. Ou bien, peut-être, cela contribuerait à la volonté des États-Unis et de la Russie à adhérer à cette «équipe d’intervention».

Quant à la lutte contre les incendies de forêts, les États-Unis, à l’heure actuelle, par le volume des travaux de surveillance, de prévention et des dépenses, sont la plus grande puissance de lutte contre les incendies mondiale. Le service de protection des forêts du pays (l’analogue le plus proche de l’Agence fédérale de la forêt de Russie) comprend près de 35 000 employés dans 750 zones dans tout le pays, sur la partie continentale et dans les États et les régions insulaires, dont plus de 10 000 personnes directement appelées à lutter contre les feux de forêts. Le service de surveillance est assuré par des satellites, des drones, des inspecteurs sur zone, et les programmes informatiques spéciaux permettent de calculer en permanence le taux d’humidité du sol, l’humidité des bois, la direction probable de la propagation des feux de forêts, leur intensité, leur caractère et leur force de combustion; et, par conséquent, soit d’effectuer un déboisage de prévention ou une irrigation, ou de déployer de manière opérationnelle les moyens et les pompiers sur des hélicoptères ou par avion dans les zones d’incendie. Hormis les professionnels de lutte contre les feux de forêts, le service des forêts américain invite chaque année jusqu’à 10 000 volontaires (jeunes, écoliers et étudiants) à qui on enseigne les méthodes de collecte des informations sur l’état des forêts et les premiers gestes élémentaires pour éteindre un début d’incendie en forêt.

Le budget américain pour la prévention des feux de forêts, la sauvegarde, le développement des forêts et des parcs, les recherches scientifiques dans le secteur des forêts est une chose difficile à assimiler, même pénible, pour notre imagination. L’année dernière, par exemple, le service des forêts américain s’est vu doté d’un budget de 5,5 milliards de dollars. Au cours du dollar au 17 août, cela représente la somme folle de 167,9 milliards de roubles, et cela alors que le département forestier américain est responsable de seulement 193 millions d’acres ou 780 000 kilomètres carrés de forêts et de ce qui est qualifié chez nous de «fonds forestier». Cela est dix fois inférieur par rapport à ce qu’a la Russie: 880 millions d’hectares ou près de 11,6 millions de kilomètres carrés.

Parmi ces 5,5 milliards de dollars, 42%, soit 2,3 milliards de dollars, sont généralement dédiés à la lutte contre les incendies. Inutile de comparer tout cela avec notre budget. Il y aurait de quoi suffoquer.

Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur

Fil d’actu
0
Les plus récents d'abordLes plus anciens d'abord
loader
EN DIRECT
Заголовок открываемого материала
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала