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Airshow China-2010 : la Chine cherche à se positionner

© RIA Novosti . Valeri YarmolenkoAir China-2010 : la Chine cherche à se positionner
Air China-2010 : la Chine cherche à se positionner - Sputnik France
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Le 17 novembre 2010, le salon aérospatial Airshow China a été inauguré à Zhuhai où il se déroule traditionnellement.

Le 17 novembre 2010, le salon aérospatial Airshow China a été inauguré à Zhuhai où il se déroule traditionnellement. Ce forum chinois de grande envergure devrait jouer un rôle important dans la détermination des perspectives des relations dans le secteur aérospatial entre les trois plus grands pays de l'Eurasie : la Russie, l'Inde et la Chine.

L'ordre du jour du forum

Le salon devrait répondre à plusieurs questions. La principale concerne l'axe de développement de l'aviation chinoise : à quel point l'industrie aéronautique de la Chine est prête à correspondre aux ambitions politiques et économiques de Pékin. Aujourd'hui, la Chine aspire à l'indépendance dans le domaine aérospatial, dont le développement jusqu'à présent se basait principalement sur l'emprunt des technologies à la Russie, l'Europe et les États-Unis.

En ce qui concerne l'industrie aéronautique de l'Inde, la question qui se pose est de savoir à quel point l'Inde est prête à se lancer dans la production aéronautique indépendante, y compris des pièces les plus complexes : les moteurs et la radioélectronique. Une question tout aussi importante : au cours des prochaines années, quelle sera la principale source de technologies pour l'industrie de l'Inde, la Russie ou les États-Unis?

Pour la Russie, le thème principal de Zhuhai concerne les perspectives de la coopération militaro-technique avec la Chine et l'Inde, dont la part des achats de matériel russe a notablement diminué au cours des dix dernières années. Surtout du côté chinois.

Les négociations réussies ou, mieux encore, les nouveaux contrats avec ces pays confirmeront l'important potentiel de l'industrie de défense russe, même sur des marchés aussi difficiles.

La Chine mise sur les nouvelles technologies

Zhuhai n'est pas aussi grandiose que Farnborough ou Le Bourget, mais c'est également un forum important. Près de 70 avions sont présentés, ainsi que 600 compagnies et entreprises, y compris les leaders de l'industrie aéronautique mondiale. Mais avant tout, cette une exposition des réalisations de la Chine. En effet, cette année elle a vraiment des choses à montrer.

Tout d'abord, ce sont les nouveautés spatiales. Pour l'instant, le programme spatial de la Chine suit les étapes accomplies précédemment par l'URSS/Russie et les Etats-Unis : les vols orbitaux guidés, la construction des stations spatiales, les vols des stations automatiques et l'atterrissage de l'engin automatique (robot lunaire) sur la Lune. Au forum, la Chine présente l'appareil Tiangong 1 (Palais Céleste), destiné à perfectionner l’arrimage de vaisseaux spatiaux, et le projet de la station spatiale chinoise. Il convient de prêter attention au système chinois de navigation satellite, analogue du NAVSTAR américain et du GLONASS russe. Son déploiement a commencé en 2007 et devrait s'achever d'ici 2020.

La Chine expose également des nouveaux modèles de matériel dans d'autres branches, de l'aviation civile à la défense antiaérienne. Mais pour l'instant, comme auparavant, la majorité de ces systèmes sont, soit intégralement copiés sur les systèmes étrangers, soit sont une compilation des approches et des solutions de plusieurs modèles.

L'emprunt de techniques n'est pas une méthode proscrite d'accroissement du potentiel scientifique et industriel. Mais le recours prédominant à cette pratique condamne l'industrie nationale à jouer le rôle d’imitatrice : son développement suit les brisées des autres, et les possibilités de créer quelque chose d'original et de foncièrement nouveau sont extrêmement faibles.

C'est particulièrement notable dans le secteur militaire, où la Chine poursuit l'emprunt intensif des technologies, qui plus est sans grand succès. Les négociations sur la poursuite de l'approvisionnement en moteurs d'avion entre la Chine et la Russie en sont la preuve. La Chine est intéressée par les moteurs de la famille AL-31F. Ils équipent les chasseurs J-11 (la copie chinoise du Su-27) et J-10 (un chasseur conçu avec l'aide des spécialistes russes, basé sur le projet israélien Lavi). L'équivalent chinois de l'AL-31F, le moteur WS-10 et ses dérivés, malgré une longue élaboration, n'ont toujours pas réussi à atteindre la puissance et les ressources nécessaires. La Chine a l'intention d'acheter également des moteurs RD-93, destinés à équiper le nouveau chasseur léger FC-1. L'avion devrait être construit pour la Chine et sera destiné à l'exportation dans les pays du Tiers monde, qui ont besoin d'un matériel plus ou moins moderne et relativement bon marché.

 Le thème de l'approvisionnement de la Chine en chasseurs embarqués russes Su-33 (Su-27K) a été de nouveau soulevé lors du forum à Zhuhai. La Chine souhaite acquérir un lot limité de ces appareils pour les copier. La Russie n'est prête à négocier que la livraison importante d'appareils, 20 appareils et plus. Sa position est légitime : aider Pékin à se familiariser avec un nouvel appareil à un prix réduit n'est absolument pas rentable pour Moscou. La vente d'un lot important de ces appareils permettrait de gagner beaucoup d'argent qui pourrait servir au développement de l'industrie russe.

Les représentants de la société Sukhoï ont adopté une position ferme à ce sujet. ‘’ Nous avons terminé les négociations concernant l'aviation embarquée il y a deux ans, et nous n'avons plus jamais abordé ce thème ‘’, a déclaré Pavel Sergeïev, directeur adjoint de la société en commentant la possibilité des livraisons de Su-33. ‘’ Les deux parties sont en principe intéressées par cette coopération. Mais étant donné que les approches des parties sont radicalement opposées, nous avons décidé de suspendre ce sujet, a-t-il déclaré. Si les partenaires chinois souhaitaient rétablir le dialogue, nous sommes prêts à négocier. Mais les pourparlers doivent être fondés sur le principe du bénéfice mutuel. ‘’ En même temps, Pavel Sergeïev a fait remarquer qu'avec le temps, l'intérêt de la société Sukhoï pour la coopération à ce sujet diminuait : ‘’ … nous avons beaucoup d'autres commandes, et nous sommes de moins en moins intéressés par un avion que nous avons arrêté de produire il y a 15 ans ‘’, a résumé le représentant de Sukhoï.
   
    L'histoire se répète

En analysant la situation actuelle, on constant que la Chine a réalisé un certain progrès dans la maîtrise de la construction des nouveaux avions de combat, en réussissant à lancer la production en série des avions J-10 et J-11, dont le développement avait demandé près de vingt ans de travail aux ingénieurs chinois. Mais ces avions sont incapables de présenter des caractéristiques nécessaires à défaut des fournitures d'équipements étrangers.

Ainsi, le retard de la Chine dans ce domaine constitue toujours 25-30 ans (le SU-27 a été créé dans les années 60-80, l'IAI Lavi dans les années 70-80), et elle ne possède pas d'appareils similaires aux plus modernes, tels que le chasseur Su-35, généré à partir de la plateforme T-10, comme le Su-27.

La capacité de la Chine d'élaborer et de lancer la production en série d'un chasseur de cinquième génération par ses propres moyens suscite de sérieux doutes.

 La situation se répète : à la fin des années 60, après avoir réussi à maîtriser la production en série et l'amélioration des équivalents des avions soviétiques à réaction des années 40-50 (MiG-17, MiG-19, MiG-21, Il-28, Tu-16, etc.), la Chine s'est aperçue que l'URSS et les Etats-Unis étaient loin devant. Dans les années 70, la Chine a commencé à coopérer selon le même principe avec les pays occidentaux et Israël. Fin des années 80-début des années 90, la Chine a recommencé à coopérer avec l'URSS.

Au cours de ces années, la génération aéronautique en Chine a changé. En 2010, la production en série du J-7, analogue chinois du MiG-21, était achevée, mais les arbitres des élégances de l'aviation mondiale étaient à nouveau loin devant. Y compris la Russie qui, en dépit des conditions difficiles des vingt dernières années, continuait à concevoir des nouveaux avions de combat.

Dans un avenir prévisible, la Chine sera probablement contrainte d'acquérir à nouveau des avions modernes à l'étranger, aussi bien pour l'armée de l'air que pour la possibilité de copier.
   
    Le contrat indien

Contrairement à la Chine, l'Inde n'aspire pas à l'indépendance intégrale de son industrie aéronautique : elle développe cette industrie en apprenant à maîtriser l'assemblage des modèles étrangers d'avions de combat et la production sous licence d’une série de composants.

Les achats importants des appareils finis continuent également. L'un des plus importants contrats dans le domaine aérospatial, dont la signature est attendue l'année prochaine, concerne la livraison en Inde de 126 chasseurs moyens pour remplacer les MiG-21 obsolètes.

Au départ, six modèles étaient en lice pour un contrat de 10 milliards de dollars : l'Eurofighter d'Europe occidentale, le Rafale français, le Gripen suédois, les F-16C/D et F/A-18E/F américains et le MiG-35 russe. Il est difficile de déterminer le vainqueur potentiel, mais le gâteau a beaucoup de chance d'être partagé entre le F-18 et le MiG.Cette version est tout à fait plausible car, premièrement, l'Inde met actuellement en place la production sous licence des moteurs RD-33 de dernière version. Ils équipent les chasseurs modernes MiG-29, ainsi que le MiG-35. Deuxièmement, l'Inde a signé un contrat de plus de 800 millions de dollars avec les États-Unis pour l'achat de cent moteurs F414-GE-400. Enfin, l'Inde aspire à garder des bonnes relations à la fois avec la Russie et les États-Unis dans le domaine militaro-technique. Pour cette raison, l'achat des avions russes et américains pour l'armée de l'air est le plus probable.

En guise d'épilogue

La Russie a une chance de ne pas perdre les marchés de l'Inde et de la Chine. Cette chance deviendra réalité si l'industrie aéronautique russe continue de développer les plateformes déjà existantes et de créer des plateformes foncièrement nouvelles d'avions de combat. Pour l'instant, les principaux espoirs d'exportation reposent sur les appareils de génération 4++. On attend également l'arrivée sur le marché du chasseur russe de cinquième génération, actuellement au premier stade des essais.

Ce texte n'engage pas la responsabilité de RIA Novosti

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