Votre inscription a été enregistrée avec succès!
Merci de cliquer sur le lien envoyé par courriel sur

La Biélorussie privée d’ambassadeurs

S'abonner
La crise dans les relations entre la Biélorussie et l'UE s’est transformée en un conflit diplomatique grave. En réponse à une nouvelle série de sanctions européennes, le gouvernement du pays a rappelé ses représentants diplomatiques de Bruxelles et de la Pologne. L'UE a répondu à cette mesure par un rappel de Minsk des ambassadeurs des 27 pays membres.

Un mécontentement calme de longue date des pays occidentaux par la politique de Minsk dans le domaine des droits et libertés démocratiques, a tout à coup reçu une très forte résonance. Lundi, 19 juges biélorusses et deux représentants du ministère de l’Intérieur du pays se sont retrouvés sur la liste noire de l'UE. Selon les représentants de l’Union européenne, ils seraient impliqués dans l'arrestation et la condamnation des opposants au régime du président Alexandre Loukachenko. La liste comprend déjà plus de 200 représentants du gouvernement de la Biélorussie, dont le président du pays. Tous se sont vus refuser l'accès sur le territoire de l'UE, et leurs comptes dans les banques européennes pourraient être bloqués.

Minsk a décidé de prendre les mesures adéquates, a déclaré le porte-parole ministère des Affaires étrangères de la Biélorussie Andreï Savinykh.

«En réponse, la partie biélorusse se fermera l'entrée en Biélorussie à toutes les personnes, qui ont contribué à l'introduction de ces mesures restrictives. En cas de pression sur la République de Biélorussie, d’autres mesures visant à protéger nos intérêts seront prises».

Il a été conseillé en outre au chef de la représentation de l'UE en Biélorussie et à l’Ambassadeur la Pologne à Minsk de rentrer dans leurs capitales respectives pour transmettre aux administrations la position ferme du gouvernement biélorusse concernant l’inadmissibilité de la pression et des sanctions sur le pays.

A la suite de cette annonce, une réunion d’urgence a été convoquée à Bruxelles. Et à son issue, la décision de rappeler tous les ambassadeurs européens de la Biélorussie a été prise. Par ailleurs, le Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère a prévenu qu’en mars, la liste noire sera élargie et les sanctions économiques seront renforcées.

Washington a soutenu la décision de Bruxelles. Les États-Unis et l'Europe ne cachent pas leur espoir concernant un changement de régime en Biélorussie.  Et ils proposent même ouvertement une aide financière à la république en cas de la démission Alexandre Lukachenko du poste de président. Mais ce refroidissement des relations a commencé il y a longtemps, estime Vladislav Belov, expert de l’Institut de l’Europe de l’Académie russe des sciences.

«Le conflit s’est intensifié pendant la campagne électorale présiendentielle en Biélorussie», explique-t-il. «A ce moment là, il était déjà clair que les pays occidentaux ne reconnaissent pas Loukachenko comme un leader élu légitimement, ou démocratiquement».

En exprimant ce qu’ils souhaitent, les européens n’ont vraiment pas la langue dans la poche. Le chef du ministère polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski aurait même conseillé au leader biélorusse de ne pas trop s’accrocher au pouvoir, comme le faisaient certains leaders des régimes autoritaires en Afrique du Nord. L’allusion à Kadhafi et Moubarak, c’est une violation de tous les canons diplomatiques, estime la politologue de l’Institut d’Etat des Relations Internationales de Moscou (MGIMO) Elena Ponamoreva.

«Ces mots –ce n’est pas seulement une menace. Il s'agit d'une arrogance politique et diplomatique. En fait, cette déclaration peut être perçue comme une tentative d'ingérence dans les affaires intérieures d'un État souverain, qui est la Biélorussie. Le peuple biélorusse doit décider lui-même quand il faut changer de leader».

Il ya quelques jours, les services de presse des présidents de Russie et de Biélorussie Dmitri Medvedev et Alexandre Loukachenko ont publié une déclaration commune qui condamne les sanctions occidentales contre Minsk et ont appelé les partis au dialogue intergouvernemental.

© Flickr.com/Giampaolo Squarcina/cc-by-nc-sa 3.0
© Flickr.com/Giampaolo Squarcina/cc-by-nc-sa 3.0 - Sputnik France
1/1
© Flickr.com/Giampaolo Squarcina/cc-by-nc-sa 3.0
Fil d’actu
0
Les plus récents d'abordLes plus anciens d'abord
loader
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала