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Burqa, drapeau de résistance islamique

© Photo: EPABurqa, drapeau de résistance islamique
Burqa, drapeau de résistance islamique - Sputnik France
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Le port du voile islamique est un sujet qui blesse beaucoup l’opinion publique française et ne laisse personne indifférent. En effet, les Français semblent avoir peur d’aborder ce sujet. Pour eux, il frôle l’indécence.

Le port du voile islamique est un sujet qui blesse beaucoup l’opinion publique française et ne laisse personne indifférent. En effet, les Français semblent avoir peur d’aborder ce sujet. Pour eux, il frôle l’indécence. Pourtant si je revenais aux faits nous aurons vite fait de découvrir qu’il y a un an le 11 avril 2011 la France a introduit une nouvelle loi interdisant le port de la Burqa couvrant de la nuque aux talons les femmes professant la foi musulmane. Nicolas Sarkozy avait-il raison d’agir de la sorte ? Nous nous le demandons. Quelques têtes brûlées ont crié au sacrilège. D’autres ont accusé le président sortant alias candidat de faire de la médiatisation sur le dos de la communauté musulmane française. Pourtant, cet agissement du Président incarne son éternel désir de préserver cette France laïque qui a été la terre d’accueil pour son père lorsqu’il est venu s’installer en France. Cette France que nous avions tous connue et qui fout le camp au grand galop. Mais revenons tout d’abord à la campagne électorale et aux fruits de cette loi.

Les Français ont pas mal ferraillé sur le bien-fondé de la solution coercitive proposée par Sarkozy. Mais nous aurions aimé savoir comment cette loi est vue de l’extérieur par la gent du Parquet c'est-à-dire les juristes professionnels travaillant au sein des commissions internationales. Marc Entine a eu le mandat du vice-représentant plénipotentiaire de la Russie auprès de l’Union Européenne et à l’heure qu’il est, il est directeur de l’Institut européen auprès de l’Institut des Relations Internationales russe. Cet organisme est le pendant exact de Sciences-Po. Comme il s’agit d’un juriste chevronné, nous avons fait appel à ses compétences pour y voir clair en législation française qui parfois porte en elle quelques ambigüités. Voilà ce qu’il nous a répondu :

La Voix de la Russie : Nicolas Sarkozy est un drôle de personnage. Tout d’abord il a bataillé ferme pour obtenir l’interdiction du port de la Burqa. Et le 11 mars 2011 une loi spéciale a été adoptée en France pour préserver la société laïque. Mais en même temps il fait venir à ses meetings électoraux des musulmans homme et femmes en bus réservés à l’un ou l’autre sexe. Croyez-vous que cette loi française a vraiment servi la France ou il s’agit d’un acte du domaine de la publicité ?

Marc Entine :  C’est plutôt aux Français de dire si cette loi a servi ou n’a pas servi. Ils sont bien placés pour cela mais vu de l’extérieur, il me paraît que c’était une bonne solution. Pourquoi ? D’une part, il n’y a pas de divergences à ce qu’il paraît dans la société française à propos de la solution trouvée. Et il n’y a pas de discours longs, des opinions jetées pour les discussions nouvelles… Pourquoi cela ? Parce que les propositions qui ont été faites, ont reflété l’attitude de la majorité de la population. D’autre part, même ceux qui ont insisté sur la nécessité du port de burqa ne voulaient pas s’imposer. Ils disaient seulement que leurs droits devaient être protégés sans qu’ils cherchent à imposer leur opinion au pays laïc qu’est la France. Mais la question principale, à ce que je crois, est la suivante : lorsqu’il y a un preneur de décision, un décideur qui s’érige au lieu des commérages parlementaires- eh bien ! - on trouve la solution aussi imparfaite soit-elle. Et une fois cette solution trouvée, elle est transformée en loi. Et il n’y a pas de doute que la France est un pays de droit et que la législation en vigueur est suivie par tous. Alors la solution transformée en droit, transformée en législation devient mode de vie. Et à ce qu’il paraît, ce mode de vie, peut être pas pour des années à venir mais en tout cas pour maintenant, est considéré comme un mécanisme qui fonctionne.

Quoi qu’on en dise, le tollé provoqué par cette loi a été immense dans une communauté musulmane française forte de 5 Millions d’âmes. Une autre constatation que nous avions été obligés de faire : à chaque fois que nous avons essayé de poser la question sur la Burqa à nos interlocuteurs privilégiés en France – politologues, sociologues et autres penseurs politiques, ils devenaient mystérieusement taciturnes et refusaient l’interview sous un prétexte quelconque. Une telle attitude ne peut que traduire un malaise profond hantant l’Hexagone. L’un des politiques suisses Oskar Freysinger a eu raison de dire que la France connaît un début de séparation des sociétés avec un clivage à la palestinienne. Il y a la bonne vieille culture française et les nouveaux. Les uns n’assimilent pas les autres. Ils cohabitent sur le même territoire comme les kosovars et serbes de l’ex-Yougoslavie. La paix sociale est de plus en plus fragilisée et l’échéance de cette cohabitation voulue devient de plus en plus évidente. Ceci dit, cette conclusion serait banale si on n’y ajoutait pas quelques détails supplémentaires. Tout d’abord nous sommes au regret de constater que la loi ne fonctionne pas comme prévu. Sur 367 musulmanes interpellées par les forces de l’ordre et soumises à la procédure du procès-verbal dans le commissariat du quartier, toutes étaient des jeunes filles ou des veuves. Autrement dit le voile ne représentait aucun signe d’oppression ou ségrégation d’un mâle à l’encontre de la femme. Le burqa était porté de libre chef, fièrement et représentait une valeur religieuse de la femme face à la société laïque qui l’entourait. Ces femmes l’ont voulu ainsi au nom de leur Dieu et de leur religion. Nous rappellerons à notre aimable auditoire que selon la loi Sarkozy les femmes ont été soumises à une amende infime de quelque 150 euros tandis que, s’il était prouvé que leur mari ou père les avaient contraintes, l'amende serait autrement plus sérieuse et se chiffrerait à 20 000 euros d’amende.

Ainsi nous le voyons ce ne sont pas les musulmans qui sont fautifs c’est la France qui a perdu sa religion. Les musulmans sont nombreux en Russie – ils sont plus de 20 Millions à habiter leur terre, car la culture russe a été bâtie sur les fondements de plusieurs cultures y compris les musulmans et pas seulement dans la région du Caucase. Et il y a quelques années nous avons décelé quelques cas du port du burqa dans les rues de Moscou mais ces cas étaient vraiment isolés et aujourd’hui ils ont presque complètement disparu. Nous en comprend les raisons. Les Russes sont redevenus orthodoxes et nombreux sont ceux qui sont passés par le Caucase, alors les gens professant la version dure de l’islam ne veulent pas s’exposer. La société française eût-elle épousé la même attitude que les Russes, le problème aurait été réglé sans coup férir. Les signes ostentatoires comme le port des burqas répondent à l’affaiblissement de la culture souveraine qu’il faudrait essayer de réveiller quel qu’en soit le prix.

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