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L'OCS – une plateforme de communication Est-Ouest

© RIA Novosti . Alexei Druzhinin / Aller dans la banque de photosLe sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Pékin
Le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Pékin - Sputnik France
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Le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui vient de se terminer à Pékin, était le premier depuis le retour de Vladimir Poutine aux fonctions de président russe.

Le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui vient de se terminer à Pékin, était le premier depuis le retour de Vladimir Poutine aux fonctions de président russe. En fait, sa visite en Chine s'est inscrite dans une série de voyages internationaux qui avait débuté à Minsk et qui s'était poursuivie à Berlin, à Paris et à Tachkent. Les acteurs clés de la politique internationale suivent avec intérêt la concrétisation de la politique étrangère de l'ancien-nouveau président russe.

L'ordre du jour du sommet de l'OCS ne ressemblait nullement à celui d'un événement formel et était saturé de questions importantes. A l'issue de l'événement, 10 documents ont été signés et une déclaration finale sur la situation au Proche-Orient a été adoptée.

L'importance de la déclaration ne se limite pas à la mention de la crise syrienne. Elle constitue un effort pour opposer une vision alternative, probablement plus conservatrice, à la notion d'"intervention humanitaire" en tant que méthode de règlement des conflits ethno-politiques.

Le récent sommet se démarque par un autre élément: on ne saurait parler pour de bon de l'extension de l'OCS, mais à la différence du sommet de Chicago de l'Otan, qui s'est limité à hautement évaluer le potentiel d'intégration de la Géorgie, de la Macédoine et de l'Ukraine, le forum de Pékin a adopté des décisions institutionnelles nettement plus concrètes.

Ainsi, l'OCS a octroyé à la Turquie le statut de "partenaire de dialogue." Notons qu'il s'agit d'un pays qui appartient à l'Otan et dispose de la deuxième armée la plus importante de l'alliance derrière celle des Etats-Unis. L'Afghanistan est devenu observateur (il avait déposé une demande d'octroi de ce statut dès juin 2011).

L'OCS, une plateforme de communication

L'OCS est-elle à même d'apporter une contribution positive au règlement des problèmes complexes du continent eurasiatique? A première vue, l'organisation peut se prévaloir d'un potentiel impressionnant. Les territoires des pays membres correspondent à 60% de la superficie du continent, et leur population preprésente de la population de la planète.

Toutefois, abstraction faite des statistiques, il serait préférable de se faire une idée précise de la marge de manœuvre de cette structure d'intégration et des particularités qui la démarquent des organisations similaires.

Dans un sens, l'OCS s'apparente à l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). Avec toutefois une différence de principe entre les deux structures. En termes de statuts, l'OCS n'est ni une alliance militaire, ni une conférence ouverte à tous sur des problèmes de sécurité. La problématique de l'OCS est très large et diversifiée (allant de la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme aux problèmes humanitaires).

Mais à la différence de la Communauté des Etats indépendants(CEI), de la Communauté économique eurasiatique (CEEA) et de l'OTSC, l'OCS n'est pas une structure dominée par la Russie. Les positions de la Chine y sont également fortes, or elle a une position différente de celle de la Russie sur la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud et elle aspire par ailleurs à affirmer sa prééminence en Asie centrale.

Qui plus est, à la différence des structures d'intégration dans l'espace postsoviétique, l'OCS ne regroupe pas que les anciennes républiques soviétiques (l'Inde, l'Afghanistan, l'Iran, la Mongolie et le Pakistan ont le statut d'observateurs, et Sri Lanka et la Biélorussie sont des "partenaires de dialogue"). A partir de juin 2012, la Turquie, membre de l'Otan est également un partenaire de dialogue de l'OCS.

Et si le principal intérêt de l'OCS pour la Russie est d'être un outil de sécurisation de l'Asie centrale, la Chine attache une importance tout aussi grande à l'exploitation économique de la région. Or, on sait que l'économie est mue par la compétition des intérêts.

N'oublions pas que la Russie est aujourd'hui moins forte que la Chine. Ce n'est pas une raison pour tirer des conclusions alarmistes et de paniquer face à la "menace chinoise", mais il est indispensable de comprendre le rapport des forces dans le monde pour élaborer une politique adéquate.

Ajoutons à cela des "carrefours" où la compétition est nettement plus intense (l'Inde et le Pakistan, le Pakistan et l'Afghanistan). Dans cette conjoncture, il est difficile de prédire à l'OCS une mobilité et une flexibilité particulièrement grandes. Toutefois, son intérêt réside ailleurs.

L'organisation est devenue une excellente plateforme de communication. C'est la raison pour laquelle le partenariat avec la Turquie est tellement important étant donné qu'elle se positionne de plus en plus en tant qu'acteur autonome (et non pas comme un benjamin de la famille otanienne) sur l'échiquier eurasiatique.

L'Eurasie, l'OCS et les USA

L'OCS est une excellente plateforme de coopération efficace entre l'Orient et l'Occident. L'Organisation de coopération de Shanghai, malgré toutes ses tares, se différencie notamment de l'Otan par l'absence de carcan idéologique trop strict. Elle se démarque par une attitude pragmatique et réaliste, ce qui est primordial pour élaborer une politique adéquate rejetant aussi bien l'intention d'édifier dans la région en question "un socialisme du type soviétique" qu'une "démocratie développée."

Cette particularité est également intéressante pour les réalistes américains qui souhaiteraient diminuer le rôle de l'idéologie dans la politique étrangère des Etats-Unis. Ainsi, Julie Boland de la Brookings Institution fait remarquer à juste titre que "les Etats-Unis et l'OCS ont des intérêts communs, tels que la lutte contre l'instabilité, le terrorisme et la narco-menace… Qui plus est, l'OCS est active en Eurasie, région où les Etats-Unis sont très impliqués malgré leur éloignement géographique. Et les pays membres de l'OCS, hormis la Chine, participent au programme de l'Otan du Partenariat pour la paix (PPP)." Selon l'experte américaine, tous ces éléments sont des prémisses d'une coopération avantageuse et il faut en être conscient.

Néanmoins, l'Occident et l'Orient devront faire preuve d'une volonté importante pour élaborer une approche pragmatique de la politique étrangère et sécuritaire. Cependant, le jeu en vaut certainement la chandelle.


L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction

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