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Une question d’égalité

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Ce dimanche le pavé de Paris est devenu encore une fois la scène du débat interminable sur le mariage homosexuel en France.

Ce dimanche le pavé de Paris est devenu encore une fois la scène du débat interminable sur le mariage homosexuel en France. Le 13 janvier, plusieurs centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale pour protester contre ce projet de loi et tout particulièrement contre le volet qui touche à l’adoption des enfants. Cette fois ce sont les pro-mariage homo, qui répliquent. C’est l’Inter-LGBT, regroupement d’une soixantaine d’associations d’homos ou de trans, qui a organisé cette marche. Dominique Boren, co-président de l’association des parents et futurs parents gais et lesbiens, est persuadé que la marche est organisée pour soutenir cette loi et pour que toutes les revendications soient appliquées, y compris la PMA :

Par rapport à la manifestation de ce weekend, c’est une réponse à la manifestation qui a été faite le 13 ?

Non, ce n’est certainement pas une réponse par rapport au 13. Le 13 c’était une manifestation d’opposants, c’était surtout une partie des forces conservatrices, église Catholique et partis de droite, qui voulaient montrer qu’ils sont vivants. La manif de dimanche c’est pas ça du tout, c’est une manifestation en soutien au projet de loi, qui est présenté le 29 et qui est là pour dire que la diversité de la France se manifeste dans sa globalité.

Pour cette loi, il s’emblerait que les Français ne soient pas opposés au mariage, c’est plus la question de l’adoption qui les gène non ?

C’est vrai que en France on a le Pacs depuis 14 ans. Et grâce au pax l’idée de la conjugalité institutionnelle ouverte aux homosexuels a fait son chemin plus rapidement que prévu. Peut être que la France, dans sa majorité, y compris les conservateurs modérés, a accepté l’idée d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe. L’adoption c’est une toute autre histoire, il n’y a jamais vraiment eu de travail de la société française sur la question de l’adoption. Le fait est que le mariage vient dans la foulée du Pacs, et le Pacs a 14 ans, ce qui a fait que les gens ont pu se faire à l’idée. Mais l’adoption elle est venue dans le contexte un peu par défaut. Le soucis c’est que les Français ont une opinion assez fluctuante, même si ils ne s’expriment pas majoritairement pour l’adoption, en même temps on est passé d’une forte opposition à une majorité relative.

Dans ce contexte là, pour justement ne pas trop bousculer les Français, ce n’est pas excessif de demander la PMA en plus ?

La loi de mariage et d’adoption c’est une loi de rattrapage, par rapport au pax. C’est à dire qu’il n’y a pas encore très longtemps la France était relativement en avance sur les droits ouverts aux personnes du même sexe, aujourd’hui si on veut vraiment être à la pointe de la réforme, comme on souhaite l’être, il ne faut pas se poser beaucoup de questions, il faut mariage, adoption. Aujourd’hui si l’on présente la réforme mariage, adoption sans la possibilité de permettre aux femmes d’engendrer les enfants à travers la procréation médicalement assistée, on fait une réforme en demi teinte. Ca peut paraitre beaucoup d’un seul coup, mais quand on regarde ce qui c’est passé dans les autres pays, qui ont procédé en deux ou trois étapes, eux ils l’ont fait sur 20 ans, mais il l’ont fait il y a 10-20 ans. Alors que nous on vient en fin de course et toutes les revendications doivent être faites en même temps. On se rend compte que graduellement la société n’a pas été accompagné dans cette évolution, or il y a des situation de fait, ces familles elles existent.

En France il y a déjà beaucoup de couples homosexuels qui ont adopté des enfants, comment est-ce qu’ils vivent, est-ce qu’il y a une statistique sur ça ?

En France on a une réticence quasiment institutionnelle sur tout ce qui pourrait ressembler à du fichage ou à de l’identification à raison notamment de l’orientation sexuelle. On ne dispose pas vraiment de chiffres. En revanche les familles homoparentales elles existent depuis très longtemps en France, pour diverses raisons. La première est que les homosexuels n’ont pas attendu la procréation médicalement assistée pour faire des enfants, il y a beaucoup d’enfants qui naissent de la rencontre d’un homme et d’une femme, pour faire un enfant, pas pour l’élever ensemble. Ces familles, elles existent depuis toujours et aujourd’hui on évalue à peu près à 300000 enfants concernés par une famille homoparentales, c’est à dire qu’au moins un parent est homosexuel. C’est un chiffre un peu empirique, mais ça recouvre différentes statistiques et sondages. C’est à la fois beaucoup et à la fois rien. On est dans une situation où les familles existent et ont un quotidien très banalisé, sauf qu’elles n’ont aucun droit. On peut être dans une situation où un parent n’existe pas où des enfants vont avoir qu’un seul parent alors qu’ils vivent avec deux parents. Il y a des réalités juridiques et des situations sociales qu’il faut prendre en compte et il faut leur apporter des solutions d’un point de vue juridique, légal et égalitaire.

Si cette loi finalement elle passe, est ce que ça va vraiment débloquer quelque chose ? Ou ça va faire comme en Espagne où depuis que le mariage homosexuel est autorisé, il n’y a pas eu beaucoup de couples homosexuels qui se sont mariés ?

Si cette loi passe et elle va passer, parce que le contour de la loi est préparé de telle façon que toute la gauche va voter la loi, mariage et adoption et puis même des centristes voteront mariage et adoption, parce que ça va suffisamment loin pour eux. Cette loi elle va servir à amorcer la suite et pour amorcer la suite, il faut une première loi qui va être votée massivement, majoritairement, avec un score qui encre et stabilise le mariage et l’adoption. Je ne crois pas qu’il y aura une augmentation de la nuptialité grâce aux couples homosexuels. Sauf la première et la deuxième année où il y aura une séance de rattrapage. Puisqu’il y a des situation où des couples d’hommes ou de femmes vivent ensembles pendant des années, souvent toute leur vie, ils ont un patrimoine commun et quand on arrive au troisième âge on a envie un peu de protéger son conjoint, donc le mariage va être une réponse à ce type de situations par exemple. Mais ça ne va pas forcément ouvrir des quantités astronomiques de mariages.

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