L’Italie entre dans une zone de turbulences

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La huitième économie du monde se trouve au bord de la crise politique. Les vainqueurs des élections parlementaires anticipées n’arrivent pas à former un gouvernement viable. La réitération du scénario grec n’est exclue par les experts.

La semaine dernière, les dirigeants des principales forces politiques italiennes ont essayé de trouver une sortie de l’impasse, dans laquelle s’est retrouvé le pays après les élections législatives qui n’ont apporté la victoire à aucun des partis politiques traditionnels.

Les experts évoquent la possibilité de nouvelles élections, soulignant que le parti de l’humoriste et blogueur Beppe Grillo pourrait obtenir encore plus de voix. Le comédien, favorable à la levée des mesures d'austérité et à un référendum sur l'appartenance à la zone euro, a de nouveau refusé la semaine dernière toute alliance avec quelque parti politique que ce soit. Selon lui n’importe quel gouvernement en Italie ne durera pas plus de six mois.

« Le Mouvement 5 étoiles (M5S) de Grillo a créé la principale surprise en devenant le premier parti à la chambre basse »,analyse Anatoli Alamichine, ex-Ambassadeur de Russie en Italie et actuel président de l’Association de coopération euro-atlantique. « Personne ne s'attendait à ce que le parti qui appelle à expulser du parlement tous les partis rivaux ait pu recevoir autant de voix. Et cela reflète évidemment le mécontentement des Italiens, en particulier des jeunes, envers les acteurs politiques traditionnels. Ils se trouvent au dernier rang de la confiance des électeurs. Pendant qu’ils vont se mettre d’accord, les élections présidentielles vont arriver. Et en attendant, la situation politique risque de se dégrader. Elle est déjà en train de se dégrader par rapport à la période Monti. La menace de dérapage est alors vraiment possible ».

L'agence de notation Standard & Poor’s a indiqué que les décisions prises par l’actuel gouvernement italien aurait une importance critique lors de l’évaluation de la solvabilité du pays. La perspective d'un gouvernement faible et instable en Italie, incapable de mener à bien les réformes économiques, a déstabilisé l’économie. Certains experts évoquent le scénario grec pour l’Italie, huitième économie mondiale et de l’impossibilité de la freiner avant qu’elle ne bascule dans le gouffre dont elle se rapproche depuis la crise de 2008.

« Personne ne s'attendait à ce que le M5S, dirigé par l’humoriste Beppe Grillo, puisse obtenir autant de voix aux élections, ce qui devait conduire le scrutin dans l’impasse », analyse Matthew Melchiorre, analyste au centre Warren Brookes de Washington. « La situation est telle que l'Italie ne peut pas former de nouveau gouvernement, créant ainsi des tensions sur les marchés financiers. De quelles réformes peut-il alors s’agir ? Et ces réformes sont nécessaires pour le pays, en particulier pour l'emploi, mais aussi pour les secteurs fiscal et judiciaire. Le problème, c’est que la Banque centrale européenne n’achètera pas d’obligations à un pays qui ne mène pas les réformes indispensables. Et sans gouvernement, il est difficile de se mettre d’accord sur les réformes. Le moment décisif est arrivé pour l'Europe ».

Un certain nombre d'experts ont tendance à penser que le seul moyen de résoudre la crise consisterait à former un gouvernement du type de la grande coalition qui a soutenu le gouvernement de Monti : une alliance de Monti et de Berlusconi. Malgré sa fragilité, un tel gouvernement risque de se concentrer principalement sur les priorités économiques et la réforme du système politique.

« Toutes les options sont possibles »,résume l’expert de l’Institut d’Europe Vladislav Belov. « Nous sommes en train de lire dans le marc de café. Je pense que la coalition de centre-gauche assume la plus grande responsabilité. Berlusconi, tout comme le célèbre comédien défendent une position revancharde. Il y a donc des chances (minimales, à mon avis) pour que la coalition entre le centre-gauche et Berlusconi puisse fonctionner. Mais même s’ils parviennent à un accord, je pense que le gouvernement créé sera incompétent et incapable de résoudre la situation. Par conséquent, je suis enclin à penser qu'il y aura une élection anticipée ».

Certains experts estiment que le président Giorgio Napolitano possède l'autorité nécessaire pour asseoir les politiques à la table des négociations, et les aider à trouver un compromis. Toutefois, la situation est compliquée du fait que son mandat présidentiel expire en avril. Si Napolitano décide de jouer le rôle de négociateur, il devra se dépêcher. L’Italie, n'a pas de temps à perdre. T

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