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George Orwell : le grand frère, un thé correct et le défenseur de la cuisine anglaise

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George Orwell : le grand frère, un thé correct et le défenseur de la cuisine anglaise - Sputnik France
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Tout le monde connaît George Orwell en premier lieu comme un écrivain et l’auteur des livres célèbres «1984» и «La ferme des animaux». Or, il est impossible d´envisager l´њuvre et la personnalité d´Orwell indépendamment de la politique.

Tout le monde connaît George Orwell en premier lieu comme un écrivain et l’auteur des livres célèbres «1984» и «La ferme des animaux». Or, il est impossible d´envisager l´њuvre et la personnalité d´Orwell indépendamment de la politique. Ses њuvres reflètent l´évolution de la société totalitaire. Eric Arthur Blair, tel est son vrai nom, est un antifasciste actif : il participe à la Guerre civile en Espagne du côté du Parti ouvrier de l´unité marxiste proche des trotskistes. Orwell est pendant la Seconde guerre mondiale animateur d´un programme antifasciste à la BBC. Orwell remet, dit-on, au ministère britannique de l´information la liste des personnes qu´il ne recommande pas de charger de lutter contre la propagande soviétique et de ce faut d´aucuns l´accusent de mouchardage. Cependant, Orwell est des années durant épié par les services spéciaux britanniques soupçonné de collaboration avec les communistes. Ce n´est qu´après la publication du conte satirique « La ferme des animaux » qu´Orwell ne se voit plus incriminer les sympathies communistes bien qu´il s´oriente toujours vers la gauche.

Or, ce sont les opinions de George Orwell concernant la nourriture et les boissons qui nous intéressent pour le moment. En 1945 il écrit son essai « A la défense de la cuisine anglaise ». D´aucuns prétendent que la cuisine anglaise est la pire au monde mais Orwell ne partage pas cette opinion. Il énumère les délicatesses qu´il n´est possible de goûter que dans les pays anglophones : poisson fumé, Yorkshire pudding, beignets chauds au beurre et galettes, pudding de Noël, gâteau à la mélasse, pommes au four à la pâte, cake aux prunes foncé, galettes en pâte sablée, petits pains au safran.

« Essayez de commander un pudding à la graisse de reins quelque part au Sud de Bruxelles, écrit avec sarcasme le défenseur de la cuisine anglaise. Il est même difficile de traduire la « graisse de rein » en français ».

Orwell évoque en tant qu´argument en faveur de la cuisine nationale les recettes purement anglaises de pommes de terre. « Où encore on fait roussir les pommes de terre sous la palette ou un morceau de jambe. Y a-t-il vraiment quelque chose de plus délicieux ? », s´exclame l´écrivain en ajoutant : « Et d´excellents gâteaux aux pommes de terre préparés dans le Nord de l´Angleterre ? Les jeunes pommes de terre sont les meilleures préparées à l´anglaise : cuites à la menthe et servir au beurre ou à la margarine ». Les Anglais plaisantent qu’enFrance il y a trois religions et 360 recettes pour les sauces alors qu´en Angleterre il y a 360 religions et trois sauces. Orwell défend les sauces anglaises : au pain, à la menthe, aux pommes, au raifort sans parler de la gelée de groseille : le meilleur assaisonnement au mouton et au lièvre ». Les fromages sont, d´ailleurs, eux aussi moins nombreux qu´en France. « Qu´il y en ait peu, affirme Orwell, mais, à mon avis, le Stilton est le meilleur au monde et le Wensleydale est non moins délicieux ».

L´écrivain fait, en outre, l´éloge du pain anglais : « Toutes les espèces du pain sont bonnes : depuis d´immenses pains juifs au cumin jusqu´au pain de seigle russe noir. Or, y a-t-il en fait quelque chose de plus délicieux que la mie du pain de campagne anglais ? »

« Il n´y a pas de raisons d´avoir honte de notre cuisine en ce qui concerne son originalité ni au plan des ingrédients », écrit pour conclure George Orwell tout en avouant qu´on ne saurait s´initier à une authentique cuisine anglaise que dans une maison particulière plutôt qu´au restaurant.

George Orwell consacre un essai au thé, l´un des remparts de la civilisation anglaise et à onze règles de sa préparation impeccable. Le thé doit être en premier lieu indien ou ceylanais. Il faut le préparer en petites quantités dans une théière en porcelaine ou en faïence. Il faut le chauffer sans pour autant verser de l´eau chaude. Le thé doit être fort : « une tasse de thé fort est mieux que vingt tasses de thé faible ». Il faut placer le thé directement dans une théière : pas de sachets. Il faut verser du thé dans l´eau bouillante et non pas vice versa. Il faut remuer le thé, mieux encore : secouer la théière. Il faut boire du thé d´une haute tasse cylindrique et non pas d´une tasse plate. Il faut écrémer le lait avant de l´ajouter au thé, il convient de verser d´abord du thé dans une tasse. Il ne faut pas mettre du sucre dans le thé, écrit pour conclure Orwell, pourvu que vous ne le preniez pas à la russe ». Le Grand frère te surveille !

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