Washington agréablement surpris par Assad

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) se prépare à inspecter les arsenaux chimiques de la Syrie et le Conseil de sécurité de l’Onu élabore une résolution pour soutenir le plan de désarmement, écrit lundi 23 septembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) se prépare à inspecter les arsenaux chimiques de la Syrie et le Conseil de sécurité de l’Onu élabore une résolution pour soutenir le plan de désarmement, écrit lundi 23 septembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

L'Occident veut que le document inclue le chapitre VII de la Charte de l'Onu sous peine de suspendre le travail à l'OIAC. Pendant ce temps les jihadistes renforcent leurs positions en Syrie.

Après l’annonce du plan russo-américain pour le désarmement Damas a rapidement fourni des informations exhaustives sur ses arsenaux. Les premières données ont commencé à arriver vendredi, à la veille de la date prescrite par l'accord Kerry-Lavrov. L'OIAC étudie ces informations comme garant de la destruction des arsenaux. En milieu de semaine le comité exécutif de l'OIAC devrait examiner les documents fournis par la Syrie afin d'élaborer un plan détaillé de destruction des armes chimiques.

Le président américain Barack Obama a averti que si l'accord Kerry-Lavrov n'était pas respecté, la Syrie serait attaquée même en l'absence de mandat de l'Onu. Après-demain Obama sera à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies pour prôner l’adoption d’une résolution autorisant le recours à la force si Damas refusait de tenir ses engagements concernant ses produits toxiques. De plus, on s'attend à ce qu'Obama appelle à écarter le président syrien du pouvoir pour régler la crise.

La position de la Russie vis-à-vis du conflit syrien reste également inchangée. Toutefois, le chef de l'administration présidentielle Sergueï Ivanov a admis que "théoriquement et hypothétiquement" des changements étaient envisageables si la Russie était convaincue qu'Assad ne jouait pas franc jeu. Ivanov a également confirmé que des Russes combattaient du côté des rebelles syriens mais pas seulement : "Des gens venant de 52 pays ont combattu du côté des terroristes en Tchétchénie, et probablement ensuite en Irak et en Libye. Aujourd'hui ils sont en Syrie".

Les jihadistes armés par les pays pétroliers influents viennent, pour certains, de l'Armée syrienne libre (ASL). Plusieurs centaines de rebelles de l'ASL ont en effet rejoint les islamistes du Front al-Nosra vendredi dernier. On constate ce genre de transferts au nord et au nord-est de la Syrie. Après deux jours de combats sanglants près de la frontière turque, les troupes d'Al-Qaïda et les unités de l'ASL ont annoncé une trêve. Reuters rapporte qu'en dépit des différends idéologiques, tous les groupes de rebelles se comportent à peu près de la même manière : ils établissent le contrôle sur des territoires et les pillent.

Le danger d’une réconciliation des rebelles malgré leurs différences idéologiques réside dans le fait que l'ASL est considérée jusqu'à présent par Washington comme le partenaire le plus digne et bénéficie de l'aide américaine non létale - pour l'instant. Il est évident que les ex-combattants de l'ASL ne partent pas sous les drapeaux noirs d'Al-Qaïda les mains vides. Dans le cadre de la préparation de "Genève-2" la fusion des opposants modérés avec des fanatiques ne suscite pas non plus d'optimisme car plus l'opposition se radicalise, plus il est difficile de trouver un terrain d'entente entre le gouvernement et ses opposants. Et plus il est difficile de convenir d'une trêve.

Il a été annoncé hier que la coalition nationale syrienne d'opposition, dont l'ASL est considérée comme le bras armé, avait renoncé à un rôle de médiateur dans les négociations de paix entre les belligérants en Syrie. Cette proposition avait été avancée par le président iranien Hassan Rohani. La coalition d'opposition a annoncé que cela ne permettrait pas de surmonter la crise en Syrie et veut absolument faire partir Assad.

Dans ce cas il n'y aurait plus d'Etat laïque sur le territoire syrien, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

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