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Jacques Sapir s’exprime au sujet de la baisse de la cote de la France par l’agence S&P

Jacques Sapir s’exprime au sujet de la baisse de la cote de la France par l’agence S&P
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L’agence de notation Standard&Poor’s a baissé la cote de la France. Il y a de nombreuses informations sur la crise dans ce pays, des affirmations que c’est une bombe à retardement en plein coeur de l’Europe et que le pays allait devenir « Une Bastille économique ».

Notre correspondant Ioulia Pavlova a téléphoné au directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Jacques Sapir à Paris pour lui demander d’exprimer son avis sur la baisse de la cote de la France.

Jacques Sapir : Il faut toujours rappeler que les agences ne notent pas un pays, ils notent les titres de dette, et en l’occurence là, le rating de la dette souveraine. C’est un moment relativement important, mais le moment qui était attendu. Effectivement, si on regarde le dossier que l’agence Standard&Poor’s a publié autour de son rating, l’agence relève le fait que la croissance en France est en panne, que le déficit continue d’être extrêmement important, que les reformes structurelles sont bloquées, et donc, dans ces conditions là cette agence a décidé de baisser d’un cran la note de la France. Ce sont des raisons qui sont parfaitement valables. Ce qui m’a étonné, moi, c’est le fait que l’agence Standard&Poor’s s’est dégradé la note de la France dernièrement, et qu’elle ne l’est passée au printemps dernier ou à l’hiver dernier.

Ce n’est un secret pour personne, toute la situation économique est mauvaise et que cette siruation économique ne va pas s’améliorer.

LVdlR : Vraiment, l’auteur de l’article The Plot Against France affirme que la raison de cette baisse de rating se retrouve dans la politique budgétaire et des impôts de la France. La population vieillissante est un fardeau à long terme de la France, mais aussi bien dans beaucoup d’autres pays européens…

Jacques Sapir : Il y a plusieurs choses qu’il faut ici remarquer. Tout d’abord, c’est le fait que la France est le seul pâys de l’Europe Occidentale où la démographie ne soit pas une démographie stagnante. De ce point de vue, c’est d’ailleurs la particularité française, la population de la France vit beaucoup moins que la population de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne ou du Portugal. C’est un premier point. Le deuxième point, et qui est lié au premier, c’est que dans ces conditions, parce que nous avons cette population relativement jeune et qui continue à être jeune de fait, la France va continuer avoir sa population croître et nous allons dépasser l’Allemagne d’ici une dizaine d’années en matière de la population, parce que la France a justement cette expansion démographique, elle devrait avoir normalement une expansion économique qui aille de pair. Et c’est un petit peu le problème, c’est que nous n’avons pas cette expansion économique.

Alors, il y a plusieurs raisons, et en particulier des raisons à la fois structurelles, mais aussi des raisons conjoncturelles, mais c’est plutôt cet écart entre la démographie française qui est relativement expansive, et l’économie française qui, elle, est une économie stagnante, cet écart qui aujourd’hui attire l’attention de toute une série d’observateurs. Alors, après il faut regarder effectivement, quelles sont les raisons structurelles et les raisons conjoncturelles de cette stagnation. D’un point de vue structurel, je le dis déjà depuis de nombreuses années, je pense que l’euro. la monnaie unique, plombe la croissance française, que l’euro nous a fait perdre entre un point, un point et demi de croissance sur le long terme depuis 1999-2000, mais dans le court terme si je regarde là beaucoup plus la question conjoncturelle, il est très clair que la conjonction des hausses d’impôts importantes qu’il y a eues depuis maintenant trois ans, car il faut se souvenir que les hausses d’impôts n’ont pas commencées avec le nouveau gouvernement, avec le nouveau président. On était déjà sur une logique des hausses d’impôts les deux dernières années de la présidence Sarkozy. L’effet cumulatif de ces hausses d’impôts sur la consommation, et par ailleurs la stagnation d’un certain nimbre des dépenses importantes, en particulier sur l’investissement et sur les services publiques, la combinaison de ces deux facteurs conjoncturelles a effectivement des effets extrêmement négatifs sur la croissance française.

LVdlR : C’est à dire, la politique sociale de la France, de la protection sociale de la population, restera toujours stable pour favoriser en particulier le niveau assez élevé de la natalité dans ce pays ?

Jacques Sapir : Oui. La France est un pays développé . Des politiques natalistes qui ont été relativement réussies, et en particulier des politiques non pas tant d’aide aux familles, que d’aide aux enfants. Le fait, par exemple, que il y a en France plus de crèches proportionnellement qu’en Allemagne. Il y a aussi la question de l’éducation. Bref, tout ceci crée effectivement une situation dans laquelle il est peut-être plus facile d’avoir des enfants en France qu’en Allemagne, qu’en Italie, qu’en Espagne ou qu’au Portugal. Et je pense que ça va se maintenir. Maintenant le fait d’avoir plus d’enfants n’est pas d’une certaine manière un objectif en soi. Encore faut-il pouvoir donner du travail justement à ces jeunes, à ces enfants, qui vont devenir des jeunes gens au bout de 18-19 ans. Il faut leur donner un travail, et c’est là on voit qu’il y a quelque chose qui ne marche pas en économie française. Alors, qui ne marche pas d’un point de vue structurel, c’est effectivement le problème de l’euro. C’est aussi le problème de la formation professionnelle qu’est largement inadaptée en France, et puis, il y a quelque chose qui ne marche pas au niveau des politiques économiques qui sont concrètement mis en place depuis maintenant trois ans, et là effectivement on peut dire que c’est l’austérité alors. C’est très concrètement. L’ampleur des hausses d’impôts depuis trois ans qui a largement cassé le mécanisme de la croissance en France.

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