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Comment envahir les écrans? La XXIe édition du Festival du cinéma russe s'est terminée à Honfleur

© © Photo fournie par l’auteurComment envahir les écrans ? La XXIe édition du Festival du cinéma russe s'est terminée à Honfleur
Comment envahir les écrans ? La XXIe édition du Festival du cinéma russe s'est terminée à Honfleur - Sputnik France
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Il y a une quinzaine d’années après la projection au festival du cinéma russe à Honfleur d’un film inspiré d’une nouvelle de Tourgueniev, la Russie avait offert à la ville normande une statuette de petit chien. Son nom était Mou-mou et son destin pas très heureux, à tous les points de vue. Un bref témoignage de Michel Lamarre, le maire de la ville.

 "C’était au moins 12 ans de ça. Depuis 12 ans les enfants allaient jouer dans le jardin public à côté de ce chien Mou-Mou. Et donc ça avait tissé des liens dans l’histoire d’Honfleur avec la Russie et malheureusement l’année dernière on nous avait volé ce chien," rappelle Michel Lamarre.

Cet enregistrement date d’il y a trois ans. Mais l’histoire comme je vous ai dit a un dénouement heureux. Profitant du festival du cinéma russe, l’ambassadeur de Russie M. Alexandre Orlov a offert à la ville une autre statuette de chien pour remplacer la précédente.Celle-ci, imaginée par le sculpteur Alexandre Taratynov, représente Kachtanka, chien issu d’une autre histoire russe, due cette fois à Anton Tchekhov et ayant une fin plus optimiste. M. Orlov n’a pas manqué d’y trouver un signe positif.

"Le chien est toujours le symbole de la fidélité, ajoute Alexandre Orlov. Et je pense qu’à travers cette sculpture Kachtanka nous montrons notre fidélité à la ville d’Honfleur comme la ville d’Honfleur montre sa fidélité au cinéma russe."

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Comment envahir les écrans ? La XXIe édition du Festival du cinéma russe s'est terminée à Honfleur

L’attachement est réellement réciproque. Cela fait déjà plusieurs années que le festival d’Honfleur contribue à la promotion du cinéma russe en France. Sa 21-e édition n’a pas fait exception. Une riche compétition, plusieurs autres programmes comme « Débuts », « Panorama », «Retrospective ». Un prestigieux jury avec à sa tête le réalisateur Radu Mihaileanu. De nombreux invités comme, par exemple, Alexeï Guskov en guest-star ou encore l’écrivain Andreï Guelassimov, un des auteurs russes les plus traduits en France. Des festivaliers toujours plus motivés. Ce n’est pas un hasard si les officiels russes considèrent Honfleur comme un projet parfaitement réussi.

"Le festival d’Honfleur tient une des places les plus importantes dans notre programme d’activité, dit Viatcheslav Telnov, directeur du département cinéma au Ministère russe de la culture. La particularité de ce festival est que la sélection se fait par la partie française et le jury est composé exclusivement de cinéastes français. Pour nous c’est important de voir ce que les français sélectionnent dans la production russe."

Image du film Classe d'insertion - Sputnik France
Festival du cinéma russe à Honfleur: le film Classe d'insertion primé
M. Telnov souligne également la diversité du programme. La palette est large. Le festival propose des films pour un public exigeant comme The Major du réalisateur Youri Bykov. Mais il y a aussi une comédie, Le jeu de la vérité, un film ethnographique Les épouses célestes, etc. Le programme est réellement varié. En tout cas, il présente ce qu’il y a de meilleur dans la production cinématographique russe de l’année dernière.

Toujours est-il qu’en dehors du festival d’Honfleur, si on prend les salles commerciales, le cinéma russe est beaucoup moins varié et beaucoup moins représenté. Pourquoi? Cette question de loin la plus fréquente, entendue lors des festivals précédents, a attiré cette année à Honfleur des distributeurs français prêts à débattre du problème. Et celui-ci a plusieurs composantes. Ainsi, que faut-il réellement pour que les films russes envahissent les écrans français? Est-ce qu’il faut de l’argent pour investir dans une campagne promotionnelle importante? Est-ce qu’il faut une reconnaissance internationale par un grand festival international ? Est-ce qu’il faut une aide du pays concerné? Michèle Halberstadt, de la société ARP Selection donne son avis.

"Je pense que c’est un domino, à mon avis, raconte Michèle Halberstadt. Je pense qu’il faut un prix dans un festival, un succès public et derrière si la filmographie est vivante et riche, à ce moment vous pouvez les sortir. S’il n’y a pas de filmographie ca s’arrêtera au film qui a fait un succès. Mais je pense que si aujourd’hui il y avait un film russe qui gagnait la Palme d’or, derrière tous les gens qui aiment le cinéma russe et qui en ont… qui aiment en acheter et qui peuvent le distribuer sortiraient une espèce de florilège de ce qui se fait de mieux, ça pourrait créer un mouvement. Cela a été vrai pour le cinéma asiatique, il n’y a pas de raisons que ce ne soit pas vrai pour le cinéma soviétique ou roumain. Mais il faut qu’il y ait un porteur de torche qui ait la suite derrière."

Le festival du cinéma russe à Honfleur - Sputnik France
Le festival du cinéma russe à Honfleur
Laurent Daniélou, représentant la société Rezo Films, a un avis différent:

"Je ne pense pas qu’on puisse attendre tous les cinq ans un réalisateur particulièrement brillant qui fait le succès d’un film. Je pense pas que c’est pas ça, les problèmes du cinéma russe, c’est que les films aujourd’hui sont très difficiles pour une raison c’est que les sujets abordés ne sont pas forcément ceux qui intéresseraient aujourd’hui les gens."

En effet, les sujets des films russes n’intéressent pas souvent le grand public. Mais peut être qu’il ne s’agit pas de sujets tels quels mais de leur traitement, de leur transformation artistique? D’autant plus s’il s’agit de promouvoir non pas un auteur, mais toute une cinématographie…

"Je pense qu’il y a quand même un moment où le cinéma est un vecteur d’image d’un pays, d’une histoire, d’une civilisation, donne son avis Joël Chapron, et que si on a envie effectivement de voir plus de films russes c’est pas avec quelques films d’auteur de qualité mais personne ne voit ou presque qu’on va pouvoir faire en sorte que les distributeurs français sortent plus de films russes."

Il me semble que cet avis de Joël Chapron, responsable Russie et pays de l’Est à Unifrance, nous fait voir le réel problème de l’image du cinéma russe en France. C’est dans cet axe qu’il faut conjuguer des efforts. En attendant…

Honfleur - Sputnik France
Le Festival du cinéma russe à Honfleur s'est terminé en beauté avec remise de prix
En attendant, c’est un film grand public déjà très applaudi dans son pays, qui a remporté le Grand prix du festival d’Honfleur. C’est peut être un bon signe? Le film s’appelle Le géographe a bu son globe et il raconte la vie de Viktor, biologiste en difficulté financière, qui devient professeur dans un lycée de Perm. Après des débuts chaotiques, il finit par gagner la sympathie de sa classe mais ses méthodes ne sont pas toujours appréciées par sa direction.

Le film Le géographe a bu son globe tourné par Alexandre Veledinsky a remporté le Grand prix du festival, tandis que Elena Liadova a été reconnue comme meilleure actrice. Un autre film remarqué cette année à Honfleur est La Soif : meilleur premier film pour Dmitri Tiourine, meilleur rôle masculin ex-æquo Mikhail Groubov et Roman Kourtsyne. Mais également « meilleur scénario » décerné à l’écrivain Andreï Guelassimov. Quelle est l’histoire racontée dans son scénario?

"Il parle d’un homme qui se cherche, puisque le plus difficile pour un être humain est d’être soi-même, commente Andreï Guelassimov. D’avoir son propre rythme, sa propre respiration et d’arrêter de s’accuser des péchés qu’il n’a pas commis. C’est, en deux mots, l’idée du film. Et plus concrètement, à la base il y a l’histoire de mes étudiants qui se sont retrouvés comme soldats à la guerre de Tchétchénie et de leur retour. Cela remonte aux années 90. Aujourd’hui la guerre est loin, elle touche moins les gens. Mais il y a toujours les anciens soldats et les mères qui ont perdu leurs fils."

Vous connaissez maintenant le palmarès du festival du cinéma russe d’Honfleur et pouvez savoir ce qui est sorti de meilleur sur les écrans de Russie l’année dernière. Il reste maintenant d’espérer que les films remarqués seront aussi distribués en France. Espérer et attendre, car le cinéma russe a un potentiel commercial dans ce pays. En tout cas, comme le dit Joël Chapron :

"Malgré toutes les difficultés, la France est le premier pays au monde en nombre de films russes qui sortent dans les salles commerciales."

Voilà une nouvelle encourageante! Bons films russes aux spectateurs français à l’avenir : à Honfleur, dans les salles commerciales et sur DVD. 

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