Drones US : les opérateurs ignorent même qui ils tuent

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Drones US : les opérateurs ignorent même qui ils tuent - Sputnik France
L’ampleur de l’utilisation de drones de la CIA pour détruire des cibles au Pakistan, en Somalie, au Yémen et en Afghanistan est beaucoup plus importante qu’on ne le pensait. Le nombre de victimes parmi la population civile dans ces « exécutions à distance » perpétrées depuis le centre de la NASA de Langley est en réalité beaucoup plus élevé. L’audition de l’affaire liée à l’utilisation de drones par les services de renseignement américains aura lieu en Grande-Bretagne. Les Pays-Bas envisagent eux aussi de prendre de telles mesures.

Sans l’intervention des députés de la Chambre des communes britannique et des parlementaires européens, ces auditions auraient été torpillées. Environ deux semaines avant leur tenue, le principal témoin Karim Khan, originaire de Rawalpindi, a été enlevé au Pakistan. Sans les démarches des députés européens et le scandale qui a éclaté, Khan ferait partie des nombreuses personnes kidnappées témoins de la mort de dizaines de Pakistanais innocents.

C’est le président George Walker Bush qui a lancé le programme visant à utiliser les drones comme moyen de châtier les terroristes. C’était juste après la tragédie new-yorkaise des 9-11 septembre 2001. A l’époque, c’était une alternative efficace à l’envoi de soldats américains pour liquider les terroristes du monde entier. Toutes les données selon lesquelles les dégâts causés par les drones sont minimes pour la population civile sont fausses, affirment les organisations publiques américaines. Toujours d’après ces organisations, le programme de la CIA est un programme d’assassinats légitimes sans autre forme de procès.

Au lieu de la réduire, le programme des drones entraîne une augmentation de la menace à la sécurité nationale des Etats-Unis, parce que « les exécutions au moyen de drones » ne font qu’inciter les survivants à lutter, estime Noam Chomsky, philosophe et publiciste américain, professeur au Massachusetts Institute of Technology.

« Quelle que soit l’approche, la campagne d’utilisation de drones est la plus grande campagne terroriste du monde. Bien entendu, personne (parme les organisateurs) ne l’appelle ainsi, mais c’est en réalité ce qu’elle est. La campagne elle-même est le générateur du terrorisme. »

Sous le démocrate Obama, l’utilisation des « bourreaux à distance » a plus que décuplé. Le monde ignore le nombre exact de frappes.

Le plus terrible est que les drones américains visent non pas les terroristes présumés, mais leurs cartes-Sim, met en avant le correspondant américain Jérémy Skehill. Nous ne pouvons même pas identifier celui que nous exécutons, car il utilise un portable avec la carte-Sim d’un terroriste présumé. Ces données sont fournies par la NSA. « C’est la mort par métadonnées ».

Selon les témoins pakistanais, la tactique des « opérateurs » de drones n’a rien à voir avec les coups invisibles, les frappes « chirurgicales » portées contre les terroristes. C’est la tactique de la terreur et de l’intimidation. « 10-12 appareils sont envoyés sur un village, ils le survolent en attendant que les opérateurs de Langley désignent les cibles et déclenchent le tir ». Il s’agit d’attaques aériennes contre des personnes qui ne peuvent ni se défendre ni riposter. T

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