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Des gens qui tournent d'un terrain à un autre, il n'y a pas de solution

Des gens qui tournent d'un terrain à un autre, il n'y a pas de solution
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Le sujet des Roms est un point noir pour la France, chaque année on reviens à la même polémique, faut-il expulser ces gens la plupart du temps venus de Roumanie chez eux, est-ce qu’il faut détruire leurs campements, ces bidonvilles qui entourent les grandes villes Françaises ?

Autant de questions que se posent tour à tour les gouvernements de droite et de gauche avec toujours la même conclusion – on continue à les expulser, mais leur nombre ne diminue pas. Même de l’autre coté de la Manche la France est devenue tristement célèbre pour ça, les médias Britanniques la classent en tête de la liste des pays les moins accueillants vis à vis des Roms. Mais est-ce que c’est un vrai problème ? Cette population que l’on n’arrive pas à comprendre les Roms, les Tsiganes, les Manouches, que réunis à travers l’Europe une histoire commune de persécution et d’incompréhension et qui représentent seulement quelques dizaines de milliers de personnes, que l’on classe tous en France dans la même catégorie administrative des gens du voyage, est-elle vraiment un fléau avec lequel il faut se battre et qui mérite tout cet engouement ? Marie Geneviève Guesdon, membre du bureau exécutif du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, pense que l’on prête trop d’attention aux Roms en France et qu’ils sont devenus un bouc émissaire :

Par rapport à la situation des Roms en France il y a eu un article de la BBC, qui dit qu’en Europe la France est le pays qui traite le moins bien cette population là, est-ce que vous êtes d’accord avec ça ?

Je ne connais pas la situation dans les autres pays, mais c’est évident qu’il y a des problèmes et des mauvais traitement vis à vis de populations Roms. En France il existe des choses, qui sont des dénis de droit et surtout il y absence de recherche de solution, c’est à dire qu’on les utilise comme des boucs émissaires pour créer un problème « Rom », alors qu’en fait ça concerne moins de 20 000 personnes, 18 000 au maximum et il y a tout à fait des solutions possibles. On crée un problème pour désigner des responsables, c’est ce qui s’appelle un bouc émissaire.

Vous avez vu une différence par rapport au gouvernement précédent, il y a eu un changement quand les socialistes sont venus au pouvoir ?

Il y a manifestement des forces contradictoires dans le gouvernement, l’action de Valls elle n’est pas très différente par rapport au précédent gouvernement vis à vis des Roms, parce qu’il s’agit d’expulser un maximum de gens, faire des expulsions de terrain. C’est à dire des gens qui vont tourner d’un terrain à un autre et on ne résout pas du tout le problème. Il y a eu une circulaire qui demande aux préfets de chercher des alternatives aux expulsions et il y a beaucoup de résistances pour le mettre en œuvre. Au ministère il y a des gens qui font des déclarations pour la scolarisation des enfants, Madame Duflot assiste aussi beaucoup sur les questions de logement, mais il y a une contradiction qui avant n’existait pas. Avant tout le monde était d’accord sur le thème de l’expulsion, maintenant il y a des contradictions, mais le résultat n’est pas à la hauteur de ce qui était étendu. On voit la stigmatisation qui continue, l’expulsion présentée comme une solution, le racisme qui se développe à cause des ces accusations.

Qu’est ce que l’on a comme alternatives si ils restent sur le territoire français, quelles sont les propositions concrètes ?

Déjà il a fallu attendre sept ans pour donner le droit au travail, on dit que des gens ne veulent pas s’intégrer et on ne leur donne pas de droit au travail. Maintenant ils viennent de l’obtenir car on ne peut plus reculer par rapport à l’Union européenne. Il y avait déjà ça. Pour les bidonvilles et ça peut se faire grâce aux mairies il faut que les gens aient des domiciliations, pour que ça soit plus facile de s’inscrire à pole emploi.

Dans l’opinion publique comment sont vus les Roms en général ?

Dans la mesure ou ils sont assimilés à des gens qui vivent dans des bidonvilles, c’est une image de misère avec toute sorte de préjugés qui vont avec, qui rejoignent les préjugés anti-tsiganes, anti-nomades, alors qu’ils n’ont rien de nomade. Mais ce sont des choses qui rejoignent tous ces préjugés là : voleurs, sales, qui ne veulent pas travailler.

Il y a donc une image négative ?

Il y a une image négative qui est soigneusement entretenue quand on vous dit qu’ils ne peuvent pas s’intégrer. Comment peut-on s’intégrer quand on vit dans de telles conditions, ce sont ces conditions qu’il faut changer.

Cette image Roms-voleurs est-ce que c’est véridique ? Il y a des statistiques là-dessus ou c’est dans l’esprit des gens que c’est comme ça ?

Il ne peut pas y avoir de statistiques ethniques en France, ça c’est clair. On a pas vraiment de statistiques qui puissent prouver qu’il y a plus ou moins de délinquance, il y a des problèmes de misère ce qui fait qu’il peut y avoir des petits larcins éventuellement en plus grande quantité, mais il n’y a pas une criminalité qui est due à une culture.

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