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L'ex-chancelier Schröder condamne les sanctions contre Moscou

© RIA Novosti . Maksim Marusenko / Aller dans la banque de photosNezavissimaïa gazeta
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Ne pas jeter d'huile sur le feu, négocier et ne pas adopter de sanctions antirusses: tel est le point de vue de l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder sur la situation actuelle en Ukraine. Pour lui, le pays est et doit rester souverain, écrit mercredi 5 mars le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Ne pas jeter d'huile sur le feu, négocier et ne pas adopter de sanctions antirusses: tel est le point de vue de l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder sur la situation actuelle en Ukraine. Pour lui, le pays est et doit rester souverain, écrit mercredi 5 mars le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Gerhard Schröder souligne tout de même que l’Ukraine est divisée entre une partie pro-européenne et l’autre, prorusse. L'UE n'en a pratiquement pas tenu compte et l'ex-chancelier pense que le fait de poser un pays divisé face au choix entre l'UE et l'Union douanière "était une erreur, qui a provoqué la crise actuelle".

Le quotidien Die Welt est déçu que l'ex-chancelier n'ait pas prononcé de mots critiques à l'égard des actions de Poutine en Ukraine et ait accusé, au contraire, l'UE et l'Otan.

Gerhard Schröder pense que des sanctions de l'Occident contre Moscou seraient "inadéquates, tout comme la menace de certains pays occidentaux de renoncer au sommet du G8 à Sotchi, voire même d’exclure la Russie de ce groupe. Le sommet du G8 est l'occasion pour les plus grands dirigeants internationaux de se réunir et d’évoquer les problèmes du monde. Il est important pour chaque partie de rétablir le dialogue pour empêcher l'escalade du conflit".

La presse allemande estime que Schröder critique indirectement le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen, qui a qualifié la situation en Crimée de "menace à la paix et à la sécurité en Europe". Selon l'ex-chancelier l'Otan, dans ces circonstances, "n'a aucune fonction, qui plus est politique. Alors pourquoi entend-t-on en permanence de telles déclarations ?". Selon lui on peut attendre une aide des institutions politiques "mais pas de l'Otan, qui suscite plutôt la crainte que la confiance".

Schröder compte sur le succès des efforts de la chancelière Angela Merkel, qui s'est entretenue par téléphone avec le président russe Vladimir Poutine. Elle a notamment suggéré d'envoyer en Crimée une "mission pour enquêter sur les faits", ce à quoi il a répondu : "Je propose de poursuivre le travail sur ce point, c'est également la position du gouvernement fédéral".

Pendant ce temps même la presse allemande, très critique envers la Russie, commence à se poser des questions sur la nature du pouvoir représenté à Kiev par le "gouvernement du Maïdan" et sous la tutelle de l'Occident. "La réconciliation dans le pays et le désarmement des groupuscules d'extrême-droite étaient la promesse du gouvernement de transition ukrainien dans l'accord signé par trois ministres des Affaires étrangères de l'UE, mais Kiev n'a pas rempli certaines conditions primordiales de cet accord, ce qui a exacerbé la situation", a rappelé hier la revue Spiegel.

Sous la pression de la rue, la Rada, le parlement ukrainien, a annulé la loi garantissant le statut de la langue russe dans le sud et l'est du pays. Et le "gouvernement de transition d'unité nationale", prévu par l'accord du 21 février, aurait dû inclure des représentants de régions russophones.

Des extrémistes du parti Svoboda (Liberté) sont devenus ministres. Ce parti entretient des relations conviviales avec le NPD néonazi allemand. Selon Spiegel, le parti brun Svoboda a plusieurs portefeuilles de ministre au gouvernement de Kiev et ses membres occupent le poste de vice-premier ministre et de procureur général.

Le procureur général Oleg Makhnitski, avocat, défendait jusque-là le président de son parti, Oleg Tiagnibok, accusé d'incitation à la haine concernant "la mafia juive de Moscou". Le nouveau secrétaire du Conseil de la défense et de la sécurité de l'Ukraine Andri Paroubi fait également partie des fondateurs de Svoboda. Il a été nommé chef des renseignements à titre de récompense pour son rôle dans le commandement du Maïdan. Il a étroitement collaboré avec le chef du Secteur droit extrémiste Dmitri Iaroch. Le Secteur droit dispose actuellement de plusieurs milliers de combattants armés.

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