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La France silencieuse contre la guerre en Ukraine

La France silencieuse contre la guerre en Ukraine
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Pour être philosophe en France, on peut très bien ne pas être BHL dont le nom même semble être devenu indécent à cause de sa position arrogante d’un pyromane paranoïaque de l’Europe.

Henri Hude, philosophe, écrivain et professeur dirigeant le Centre « Ethique et environnement juridique » aux Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan, vient de rédiger un appel au Président de la République. Un appel fermement soutenu par Christine Boutin, député et ancienne ministre et par d’autres gens de bonne volonté voulant mettre fin à la folie meurtrière de ceux qui suivent aveuglément les atlantistes de Washington. Ensemble avec lui, nous avons essayé de décortiquer les grandes lignes de son message.

Voix de la Russie. Que pensez-vous de l’éthique de la guerre en Ukraine, Y est-elle appliquée ou non ?

Henri Hude. Il semble que ce soit un conflit assez brutal. Je ne doute pas que si les situations étaient inversées, si c’étaient nos forces (pas forcément les forces françaises) qui se comporteraient de cette façon, il y aurait un grand tohu-bohu dans la population française et dans les médias.

VDLR. Vous parlez de la ventilation des protestataires du Maïdan en deux catégories : vous parlez des troupes ultra-nationalistes peut-être pas très nombreuses mais bien rompues aux combats de la rue… A ne pas confondre avec les opposants pacifiques au régime de l’ancien président de l’Ukraine chassé par les putchistes. Pourriez-vous expliciter ?

Henri Hude. Mais tout le monde le sait : il y a un Monsieur Andreï Parubyi et M. Yaroche qui ont des positions très étonnantes puisqu’ils ont appelé à l’aide l’émir du Caucase du Nord considéré comme un membre actif d’Al-Qaïda… C’est qu’il y a à la fois des éléments démocratiques pour lesquels nous avons la plus grande sympathie et qui voudraient des réformes et la fin de la corruption… Et puis il y a des éléments dangereux et j’avoue ne pas comprendre à fond comment notre gouvernement et, en général, l’UE procèdent. C’est une honte de nos médias qui voient partout des nazis imaginaires sans être capables de voir des nazis réels qu’ils ont pourtant sous les yeux !

VDLR. Est-ce qu’on peut considérer en partie les gens du Maïdan comme les descendants spirituels des nazis ou ce serait un peu trop osé ?

Henri Hude. Je ne connais pas suffisamment bien la situation. Mais ce, dont je suis bien certain, c’est que si ces gens-là se seraient trouvé par hasard dans le camp d’en face, par exemple, s’ils avaient soutenu M.Yanoukovitch, vous en auriez entendu parler 24 heures d’affilée 7 jours sur 7 !

VDLR. L’UE serait-elle touchée par les sanctions qu’elle appliquerait à la Russie ?

Henri Hude. Cela ferait surtout du dommage, je crois, en Allemagne. Et ce serait peut-être pour cela, je crois, que les milieux économiques allemands sont si hostiles à l’application des sanctions économiques importantes. Ils veulent tout simplement des sanctions symboliques contre la Russie.

Mais ce qui est sûr c’est qu’il y a entre la Russie et l’Europe des complémentarités économiques évidentes avec les matières premières, l’énergie, un marché, des investissements presqu’infinis et puis, de l’autre côté, des marchés russes qui veulent accueillir et qui accueillent grandement des produits manufacturés, notamment, allemands. Donc il est extrêmement probable que si sanctions il y a, notre économie en pâtirait beaucoup. Cela concerne notamment le gaz russe qui partirait en Chine et peut-être sans en revenir. Je pense que la Russie n’aura pas de peine à revendre son gaz à un autre preneur. Et en ce qui nous concerne, ce qu’on peut penser, c’est que les Américains essayeraient de nous redonner en quelque sorte en échange leur gaz de schiste, mais cela demande de très gros investissements et l’affaire n’apparaît pas aussi rentable et juteuse qu’elle pouvait nous sembler au départ.

VDLR. Que pensez-vous de la représentativité des décisions prises par Bruxelles. Peut-on s’attendre à un coup de neuf après les élections européennes que l’on attend tous avec beaucoup d’impatience ?

Henri Hude. Je ne pense pas vraiment qu’il y ait du renouveau. C’est-à-dire il y aura un grand succès, je pense, des mouvements euroscéptiques. Ils peuvent remporter peut-être le tiers de voix dans certain nombre de pays. Mais cela ne changera pas la situation dominante.

J’ai ici sous les yeux le dernier numéro de la revue The European. C’est paru il y a quelques jours, fait par les Allemands et très européiste. Nous avons un éditorial par Jean-Dominique Giuliani, président de l’Association Robert Schuman. C’est un homme par ailleurs complètement intègre et respectable. Il dit : « En Europe, nous n’avons pas coutume d’avoir des ennemis. Maintenant il y en a un : non pas le peuple russe, mais un régime qui est terrifié par l’idée d’accorder la liberté et qui ressort le vieux refrain du nationalisme ». Je crois que c’est amusant parce que s’il y a une région dans le monde où le fossé entre le régime et le peuple s’est approfondi extraordinairement, je crois que c’est l’Europe bien plus que la Russie. Et s’il y a des régimes terrifiés à l’idée de rendre le pouvoir au peuple et d’abolir l’oligarchie, ce sont plutôt les régimes européens actuels que d’autres.

Le soutien actuel du président, je le rappelle, est en dessous de 18% ; et le niveau de confiance de la population dans son ensemble au système et partis est autour de 10% ! Les grands médias ne sont guère plus populaires. Par contre les grandes institutions comme la médecine, l’armée ont des niveaux de confiance beaucoup plus importants.

Donc je trouve que la position de Bruxelles et de l’establishment sur ce point sont parfaitement risibles.

VDLR. L’OTAN sert-elle ou dessert-elle les intérêts de la France ?

Henri Hude. L’OTAN, au départ une alliance transatlantique, et qui maintenant tend à ficeler mondialement l’ensemble des armées de la planète pour faire la gendarmerie internationale sous le pilotage des Etats-Unis. Je pense qu’il y a démesure impériale de la politique américaine qui, à mon sens, ne saurait être comparable qu’aux agissements de Napoléon en 1812. Selon nous, il est totalement hors de question de nous laisser embarquer par ce genre d’aventure.

Je vous rappelle quand même que l’appel lancé récemment par FORCE-Vie la liste sur laquelle je suis inscrit pour les élections européennes… C’est un appel au président de la République. Il se termine ainsi : « Nous appelons enfin solennellement M. le Président de la République, François Hollande, à se déclarer publiquement et à prendre ses responsabilités en personne devant le peuple français par un engagement solennel et clair en faveur de la paix et contre la guerre. »

Commentaire de l’Auteur. Les Européens sont sur le point de rater leur train et se retrouver en porte-à-faux avec une Amérique qui les trahit. Mais pourquoi, au fond, cela est-il tant impossible ? Bruxelles se considère-t-elle comme une vache sacrée que l’on ne peut mener à l’abattoir ? Après la civilisation musulmane mise à feu et à sang par Washington et les Slaves attaqués au sein même de leur sanctuaire, l’Europe souffrira à son tour de la politique du Grand Frère. Déjà les braves Gis mettent le feu à la grange parce que les ventes des sociétés allemandes ont chuté en Russie pour Mercedes ; Volkswagen en a même été obligée d’arrêter sa chaîne de production dans la banlieue moscovite. Et les usines Citroën et Renault en prendront également un coup avec le reste de l’industrie française omniprésente sur le sol russe. Les Russes, eux, regardent de plus en plus en direction d’une Asie pragmatique, leur alliée au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai.

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