« La Russie est un enjeu colossal pour l’Europe »

« La Russie est un enjeu colossal pour l’Europe »
« La Russie est un enjeu colossal pour l’Europe » - Sputnik France
Le 25 mai se tiendront les élections consulaires. A cette occasion, La Voix de la Russie a tenu à interroger tous les candidats qui se présentent pour la circonscription Russie et Biélorussie. Chaque candidat a pu librement aborder les sujets qu’il souhaitait dans l’interview.

La Voix de la Russie : Bonjour et merci de répondre aux questions de La Voix de la Russie, présentez-vous s’il vous plait.

Pauline Betton : je suis candidate indépendante, tête-de-liste « Ici Moscou » pour ces premières élections consulaires en Russie et Biélorussie, 27 ans, diplômée d’EM LYON. À Moscou depuis 2011, je suis gestionnaire chez PSA en contrat local. Mon attachement à la Russie est ancien puisqu’une partie de ma famille vit ici depuis 10 ans et mon père y a travaillé entre 1978 et 1991.

LVdlR : Pourquoi participez-vous à cette aventure électorale ?

Pauline Betton : Le point de départ concret de mon engagement politique trouve sa racine dans le mouvement social de La Manif Pour Tous qui s’est levé en France en 2013 et que j’ai initié spontanément à Moscou. Pendant cinq mois de Janvier à Mai 2013, je suis partie à la rencontre des Français de tous horizons. Cela a été une expérience humaine déterminante, de débats et de réflexions, au-delà de toute caricature. Nous avons remis une lettre en main propre au Président de la République François Hollande, nous avons récolté près de 200 pétitions pour le CESE, et reçu le député Hervé Mariton. C’était inédit pour une communauté française à l’étranger de prendre part, malgré la distance, à un mouvement populaire en France. Il m’a semblé clair que tout cela devait avoir une traduction politique dès 2014.

Forte de cette mobilisation, de la diversité des compétences et de la réussite locale de ces Français autour de moi, j’ai décidé de créer un projet politique rassembleur au service des Français en Russie et en Biélorussie, un projet qui renforce les liens au sein d’une communauté diverse et qui s’est beaucoup agrandie depuis ces dernières années. Ainsi, j’ai fondé « Ici Moscou » et bâti un programme avec des propositions notamment sur l’école, les entreprises et la relation franco-russe, nées de rencontres et de réflexions de terrain avec les familles, les entrepreneurs et la nouvelle génération de Français expatriés en Russie.

Une élection locale pour les six prochaines années est l’opportunité de renouveler les acteurs et les idées politiques. 2013 a donné naissance à une nouvelle génération engagée ouverte sur le monde, consciente de la fragilité de son héritage culturel et de l’ampleur des défis qu’elle va porter. Cette génération en 2014 a voix au chapitre. « Ici Moscou » fédère une liste et une équipe très soudées et très motivées avec un réseau capable de faire remonter toutes les informations nécessaires à un bon élu local afin qu’il puisse les relayer auprès des institutions compétentes.

LVdlR : Vous êtes dans l’opposition, qu’est-ce qui vous distingue de l’UMP et la liste indépendante de M. Burlotte ?

Pauline Betton : Je dirai en premier lieu les idées. Si je suis élue je serai grand électeur au Sénat en 2014 et 2017. Le sénateur Frassa qui soutient la liste UMP à Moscou a voté pour la loi Taubira après s’être positionné contre (lire la réponse de Mr.Frassa ici - ndlr). Je crois à la parole donnée en politique et ce revirement a suscité beaucoup d’incompréhensions à Moscou, un certain nombre de Français que je représente attendent des positions claires pour l’avenir.

D’un point de vue local, avec MM. Megrelis et Burlotte que je connais, nous sommes concurrents mais pas adversaires, c’est une question de sensibilité et de génération. C’était l’heure pour moi d’y aller. Nous sommes libres de nous présenter et de défendre nos projets et idées respectives. Il y a trois sièges au conseil, les Français choisiront leurs représentants en fonction de leurs attentes, de leurs convictions, du message qu’ils veulent faire passer pour les six prochaines années et qui leur semble le plus important pour l’avenir.

LVdlR : Mais avec trois listes de droite, vous n’avez pas peur de faire repasser la gauche qui est en place depuis déjà huit ans ?

Pauline Betton : Non je n’ai pas peur. On ne gagne pas sur le long terme en renonçant sans cesse à son identité. La politique de la France ce n’est pas la fatalité de l’affrontement droite- gauche. « Ici Moscou » veut dépasser cette querelle. L’ambition d’« Ici Moscou » est de rassembler autour d’un projet d’avenir. Des gens à la sensibilité de gauche nous ont d’ailleurs rejoints.

Il n’y a pas de honte à être socialiste si on croit sincèrement à l’idéal qu’il représente. Je crois seulement que les socialistes sincères ne sont pas représentés à Moscou et je les invite à rejoindre une liste de convictions et de gens engagés.

Quelle que soit la tendance politique des deux autres conseillers consulaires à mes côtés si je suis élue, je tiendrai ma place en respectant l’esprit de collégialité, à l’écoute des sensibilités de chacun et soucieuse de préserver les équilibres afin de promouvoir des solutions justes et durables pour la communauté française.

LVdlR : C’est donc bien pour vous une élection politique ?

Pauline Betton : Evidemment. Le conseiller consulaire est grand électeur pour le Sénat. Cette dimension n’échappe pas aux Français qui me posent sans cesse cette question pendant la campagne à Moscou mais aussi à Kalouga, Saint-Pétersbourg et Ekaterinbourg. En tant que grand électeur je m’engage à faire connaitre les profils des candidats et à voter en conscience et au nom de la communauté française pour le meilleur sénateur de l’étranger possible qui aura œuvré de façon positive pour la famille, qui est le premier vecteur de richesse et de solidarité de la société, pour une relation franco-russe économique et culturelle exempte de préjugés. Le conseiller consulaire est bien le représentant de proximité, qui en agissant localement contribue à sa mesure aux orientations politiques de la France au-delà des frontières.

LVdlR : Vous croyez que le Conseiller consulaire a un rôle à jouer dans le contexte actuel de crise en Ukraine ?

Pauline Betton : En tant que Français de Russie - notre pays d’accueil - nous ne pouvons naturellement pas être indifférents au drame qui se joue en ce moment en Ukraine. Encore une fois cependant, le Conseiller consulaire est un représentant au service de la communauté française. À cette échelle donc, je m’efforcerai d’agir en artisan de paix et de dialogue. Notre slogan « renforçons les liens » prend tout son sens à la lumière de l’actualité. J’observe au passage un vrai décalage entre le discours du gouvernement et la réalité des acteurs français qui dans toute la Russie, par leurs investissements et leur travail, œuvrent quotidiennement à cette relation franco-russe. La Russie est un enjeu colossal pour l’Europe, nous sommes tous des ambassadeurs de la France en Russie mais aussi de la Russie en France.

Le nom de notre liste marque bien notre ancrage dans un territoire de 17 000 000 de km2, c’est un défi quasi impossible. « Ici Moscou » c’est le point de repère, l’onde libre d’envoi et de réception de messages : vous avez la parole le 25 mai, exprimez-vous ! N

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