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Les Suisses, les derniers gardiens du temple européen…

Les Suisses, les derniers gardiens du temple européen…
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Dans son article dans Le Monde M. Laufer a déclaré que « la Suisse est paisible et prospère non pas grâce à, mais malgré la démocratie directe. »

Une grande découverte que voilà ! En plus il s’est permis des commentaires désobligeants à l’égard du chef de file du plus grand parti suisse. Nous avons décidé de donner la parole à Oskar Freysinger qui est justement le vice-président de ce parti-là et défenseur ardent de la démocratie directe.

Oskar Freysinger. David Laufer, pour moi, travaille pour le monde anglo-saxon : OTAN et tout le reste. Cette démarche mondialiste a pour but final la gouvernance mondiale avec des règles qui n’ont rien de démocratique. Donc tout noyau de résistance qui pourrait quelque part se mettre dans le chemin de ces gens-là doit être vilipendé, discrédité et critiqué ! La Suisse par sa démocratie directe représente une expérience unique au monde. Nous n’avons pas à l’heure actuelle, dans le monde un modèle aussi étendu de droit populaire accordé aux simples citoyens. C’est quelque chose qui fait tâche évidemment pour les gens qui voulaient aller dans le sens de concentration des pouvoirs dans les mains de quelques-uns. Le modèle suisse est exactement le contraire. Il y a d’abord le fractionnement des pouvoirs aux différents niveaux, à commencer par la séparation traditionnelle pratiquée dans les démocraties parlementaires, mais également au niveau vertical. Cela est d’ailleurs très joliment symbolisé par la croix suisse : au niveau vertical il y a la séparation des pouvoirs entre la Confédération, les cantons et les communes. Et puis ensuite il y a un gouvernement collectif où tous les partis importants sont représentés. Donc il y a le partage mais point d’alternance. Et pour contrôler tout ce beau monde il y a le citoyen souverain appelé aux urnes 4 fois par année sur des objets divers très importants et qui contribuent activement à la gestion du pays avec l’avantage de se sentir impliqué fortement et de se sentir coresponsable et avec l’avantage aussi de rendre les décisions beaucoup plus légitimes parce que dès le moment où vous avez passé 50% de population qui étaye une décision politique, celle-ci acquiert une valeur de légitimité nettement supérieure à une décision qui serait prise par un panel de juges, voire par la majorité parlementaire. Comme avantage, ce modèle-là garantit la paix sociale. C’est qu’il donne aux citoyens un instrument institutionnel pour faire opposition. Puisqu’il peut par référendum remettre en question toutes les lois que propose le Parlement. De même de sa propre initiative il peut proposer lui-même des changements constitutionnels : c’est ce qu’on a fait dernièrement avec la loi sur les pédophiles condamnés en leur enlevant le droit de travailler avec les enfants. Cela veut dire que le peuple n’a pas besoin de manifester, de créer le chaos dans les rues, d’utiliser de la violence quelle qu’elle soit, verbale ou physique, pour se faire entendre ! Parce que de manière institutionnelle, le peuple fait partie de l’organisation générale de l’Etat et des décisions prises. Il a toujours le dernier mot, car les réformes constitutionnelles sont obligatoirement soumises au peuple. Pour les lois, c’est un peu différent. Là il y a le référendum facultatif. Mais il y a toujours une possibilité d’en appeler au peuple et à une majorité de citoyens. Ca évite évidemment à la Suisse de sombrer dans les situations chaotiques comme on l’a vu dernièrement au Thaïlande ou des situations qui ont prévalu dans certains pays européens aussi où les désordres sociaux énormes ont éclaté !

Par contre, ce modèle a évidemment un désavantage certain aux yeux de M. Laufer parce qu’il empêche la concentration du pouvoir dans les mains des certains au bénéfice d’intérêts financiers supérieurs internationalistes, mondialistes, etc. Avec une majorité de citoyens il devient très difficile de manipuler les décisions politiques. On peut acheter un Parlement, quelques urnes, quelques personnes mais acheter tout un peuple est tout de même difficilement réalisable.

Ainsi je suis parfaitement d’accord avec Michel Houellebecq qui voit dans la démocratie directe de type suisse un modèle du futur, exportable et l’expression finalement la plus pure de ce que la démocratie devrait être.

Maintenant je reconnais aussi que nous ne pouvons pas transposer ce modèle du jour au lendemain tel quel dans d’autres pays puisque l’histoire des autres pays est différente et toute la culture même est très différente. Mais on peut en tirer certains éléments, voire l’esprit pour adapter ensuite un modèle similaire, mieux adapté à un pays selon sa situation particulière.

Ce modèle-là garantirait non seulement la paix intérieure au pays mais aussi la paix envers les voisins parce qu’il est difficile d’avoir la prise du pouvoir total des va-t-en-guerre dans ce système. Les gens ont plutôt envie de vivre en paix avec leurs voisins… Lorsqu’il faut avoir au moins 50% de population derrière une bannière pour déclarer « une guerre sainte », nationaliste ou impérialiste, cela devient très ardu ! Je vois vraiment dans ce modèle une conception plus juste de la gestion de l’Etat, plus équitable, plus légitime, mais évidemment aux yeux des certaines élites politiques ayant d’autres visées, c’est un modèle qui pourrait donner de mauvaises idées politiques à leurs citoyens… Un modèle à éradiquer ! Houellebecq le voit très-très bien ! Je partage totalement l’opinion positive de la démocratie directe.

VDLR. M. Laufer s’attaque à M. Blocher, milliardaire zurichois, figure de proue de l’Union Démocratique du Centre, parti majoritaire suisse. Pourquoi le fait-il ?

Oskar Freysinger. Les visions internationales, globalisantes, la bien-pensance érigée en dogme… Tout parti qui en appelle encore à la responsabilité individuelle, à la souveraineté d’un pays, au fédéralisme, au droit populaire doit être vilipendé ! Dans les arguments on doit détruire son image ! De nos jours le pilori moderne n’est plus le poteau auquel on mettrait les gens physiquement au milieu de la place et les gens leur jetteraient des ordures et des légumes pourris comme c’était le cas au Moyen-Age. Il suffit de prendre l’image et de faire la même chose dans la presse et les médias à travers l’image ! Il faut ternir, détruire l’image ! C’est pour cela qu’ils soulèvent en fait que M. Blocher qui est effectivement le chef de file de l’UDC, a empêché la Suisse d’adhérer à l’UE – Dieu le bénisse ! Parce que sinon on serait à présent baignés dans la même morosité que les autres ! – alors que le fait d’avoir pu continuer dans un chemin d’indépendance nous a permis la prospérité que nous avons connue depuis. Et on a toujours cette possibilité de rester souverains dans nos décisions !

Il souligne le fait que M.Blocher soit milliardaire ! Mais moi je ne vois pas pourquoi le fait d’être riche serait une honte ! Dès le moment où cette richesse est mise au service d’un certain idéal ! Je connais bien Blocher, je le côtoie, on fait tous eux partie de la direction de notre parti suisse. Pour moi, c’est un philanthrope dans le domaine de la politique, comme d’autres le sont dans le domaine de la culture… Lui, milliardaire, il investit son argent privé et son activité politique pour défendre une certaine idée de l’Etat et la souveraineté de notre pays. Mais il dit qu’il faut commercer avec le monde entier et avoir des relations diplomatiques multilatérales avec le monde entier, mais il ne faut pas se laisser emprisonner dans un modèle qui n’est pas très démocratique, très contraignant comme l’UE et très peu crédible au niveau de sa gestion générale ! Mais je connais beaucoup de milliardaires qui n’investissent pas un centime pour un mieux-être ou plus de démocratie, plus de droit populaire de leurs concitoyens ! Au contraire ils font tout plutôt pour maintenir leurs concitoyens dans l’esclavage et pouvoir les pressurer à souhait ! Lui, il fait exactement le contraire. Il fait l’œuvre d’émancipation de ses citoyens vers la liberté ce que je trouve tout à fait admirable ! /L’UDC dont je suis vice-président est le parti de la souveraineté !

C’est le seul parti suisse qui n’a jamais, sans aucune transition n’a transigé sur ces faits-là mais a toujours défendu la souveraineté, la liberté, les droits populaires, le fédéralisme suisse… On est un peu les gardiens du temple ! Les gens se reconnaissent dans cette image ! Le rêve d’un monde sans frontières qui deviendrait une sorte de grande prison parce que tout dépend de celui qui dirige la manœuvre - ce rêve-là a fait long feu ! Plus personne n’y croit ! L’UE n’attire plus personne : en tout cas en Suisse, les sondages l’ont montré. Si on fait voter le peuple suisse sur ce point on arriverait entre 80 et 86% de vote négatif !

Commentaire de l’Auteur. Le modèle suisse est parfaitement exportable puisque les événements en Crimée et dans le Sud-Est de l’Ukraine l’ont parfaitement démontré. Les gens qui sont aux antipodes des relations sociétales existant en Suisse ont su s’organiser même sous les bombes pour aller faire leur propre référendum au détriment du pouvoir central qui essayait de leur opposer des opérations coercitives menées par l’armée contre des civils et des journalistes à une très grande échelle. Mais l’esprit suisse a triomphé en Ukraine où les gens ont protesté de façon pacifique et obtenu gain de cause. Autrefois on disait que les canons étaient l’ultime argument des souverains. Cela n’est visiblement plus le cas, car le modèle suisse a eu raison des canons en Ukraine et en Crimée au grand dam de tous les laufers du monde.

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