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Kiev perd la voix

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Contrairement à ses promesses, le nouveau président ukrainien Petro Porochenko n'a pas effectué sa première visite officielle dans les régions ukrainiennes séparées de facto du pays et frappées par la guerre, mais en Pologne, écrit jeudi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

Contrairement à ses promesses, le nouveau président ukrainien Petro Porochenko n'a pas effectué sa première visite officielle dans les régions ukrainiennes séparées de facto du pays et frappées par la guerre, mais en Pologne, écrit jeudi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

Le président ukrainien compte s'assurer que l'Occident continuera à fermer les yeux sur les crimes de guerre commis par les autorités ukrainiennes contre leur propre peuple. Sans ce soutien extérieur, le régime de Porochenko n'aurait jamais osé lancer l'armée de l'air contre sa population.

Après l'annonce des résultats des sondages à la sortie des urnes, le nouveau président avait promis lors d'une conférence de presse de poursuivre plus activement l'opération militaire des autorités dans le sud-est du pays. Après quoi, Porochenko a disparu de l'espace médiatique ukrainien, laissant le nouveau gouvernement exécuter ses directives. Comme si les habitants des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk auraient pu croire que les bombes lancées sur leurs maisons tombaient sans que le chef des armées soit au courant.

Porochenko comptait faire porter la responsabilité des victimes civiles aux "aiguilleurs" qui dirigeaient les opérations militaires avant son investiture. Mais désormais, dans l'impossibilité de mettre un terme au conflit dans le sud-est avant son investiture prévue d'ici quelques jours, Porochenko s'est empressé de partir en Occident pour s'assurer qu'on ne l'abandonnera pas. Car il n'a rien à dire dans le bassin houiller du Donbass, où il s'apprêtait à se rendre.

Le nouveau président a forcément conscience qu'indépendamment de la date de sa prise de fonctions, il est le seul responsable des victimes dans l'est de l'Ukraine. Mais combien de temps l'Occident est-il prêt à "couvrir" Porochenko qui, comme il s'est récemment avéré, a été un "informateur" informel du département d'État américain pendant des années?

Les experts qui ont analysé le phénomène Porochenko reconnaissent qu'il n'a jamais été une figure politique autonome. Washington énonce de plus en plus souvent les recettes pour stopper le massacre et revenir au dialogue. Citons Samuel Charap de l'Institut international d'études stratégiques, qu'on pourrait difficilement soupçonner d'être prorusse. Il propose dans le New York Times à Porochenko trois étapes pour mettre un terme aux opérations militaires et entamer les négociations pour empêcher l'effondrement définitif de l'Ukraine. Hormis l'appel évident à stopper l'opération dans l'est du pays, Charap écrit que "Kiev devrait instaurer un équilibre régional au gouvernement, où dominent actuellement les représentants de l'Ukraine occidentale, et se pencher sur les réformes constitutionnelles pour établir un système politique décentralisé".

Mais à aucune condition Porochenko ne pourra sacrifier l'intégrité territoriale du pays.

Les sponsors américains et son entourage ne lui permettront pas de le faire. Le nouveau président a déjà déclaré qu'il n'apporterait aucun changement majeur au gouvernement actuel. En clair: les représentants de l'Ukraine occidentale, où vivent seulement 12% de la population, continueront à occuper les deux tiers des postes ministériels. On a donc l'impression que le président souhaite maintenir l'instabilité dans le sud-est et détourner l'attention de ses adversaires politiques des événements à Kiev. Tout en se laissant le temps de choisir son équipe.

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