A Moscou s’est tenu un festival floral Moscow Flower Show

A Moscou s’est tenu un festival floral Moscow Flower Show
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Le troisième festival international moscovite des Jardins et des Fleurs s’est tenu du 6 au 13 juillet, au parc Gorky, centre d’activités et de culture en plein centre de Moscou. Ce festival est une grande fête non seulement des professionnels du paysagisme, mais aussi des architectes, créateurs ainsi que experts de la flore venus de nombreux pays tel que la Russie, le Royaume-Unis, la France, l’Italie…

Chacun y trouve son point d’intérêt: prendre contact avec des nouveaux partenaires commerciaux ou connaitre les dernières technologies en la matière. Et, surtout, c’est un laboratoire à idées et du nouveaux savoir-faire.

Nous avons eu l’occasion, lors de ce festival de connaitre l’engagement de la Fondation des Parcs et Jardins de France grâce à deux rencontres. Lors de son déplacement à Moscou, la Vice-Présidente de la Fondation, Madame de la Tour d’Auvergne, nous a parlé de ses motivations, ainsi que les raisons de la participation à l’évènement Moscow Flower Show.

La Voix de la Russie. Mme de la Tour d’Auvergne, je voulais savoir comment votre fondation a été créée et quel est son objectif ? Et quel était l’idée de cette participation à Moscow Flower Show ?

Marie-Sol de la Tour d’Auvergne. La « Fondation des Parcs et Jardins de France » a été créé en 2008, son président est Didier Wirth, un grand amateur de jardins, et moi-même je l’ai rejoint dès ce moment-là, en devenant généreuse donatrice aussi. Je me suis impliquée dans cette fondation à cause de ma passion personnelle pour les jardins, mais aussi à cause des buts de la fondation.

Le but essentiel de la fondation est de remettre les jardins au niveau qu’ils n’auraient jamais dû perdre, et de revaloriser au maximum la connaissance des jardins, l’art du jardin, qui passe par la connaissance, une théorique intellectuelle mais aussi manuel. Donc au-delà des donations que fait la fondation pour soutenir certain projets de restaurations, ce qui est extrêmement important, il y a aussi tout un apport intellectuel. Et un institut vient d’être créé, qui s’appelle « l’institut européen des jardins et des paysages », qui a pour vocation de garder la mémoire des jardins, dans ceux qui ont existés et ceux qui sont en train de se faire. La France est dans un plein fourmillement de recréation de jardins, de restauration de jardin et cela va de la splendeur de Versailles, qui est bien connu et remarquablement bien redéveloppé. J’ajouterais comme autre exemple, en France, beaucoup de choses sont basé non seulement sur le public mais encore plus sur le privé. La moitié des monuments historiques classés, reconnu d’intérêt national par le gouvernement sont dans des mains privés, ce sont des châteaux. Donc tous les châteaux qui avaient un parc paysager du XIXe, ennuyeux, assommant, on recréer des jardins ou on les restaure. Donc la plupart des châteaux ont retrouvé leur vrai écrin, ce qui est un art majeur.

Cet art du jardin a disparu, je parle pour la France, à cause des guerres. Et dans les années 1970 on a du toucher en profondeur un besoin de revenir vers des espaces naturels, et donc il y a eu un désir de recréer des jardins, qui est partit du privé comme beaucoup de choses en France, parce qu’on est plus rapide à réagir. Donc la vocation de la fondation c’est tout cela. C’est de faire aimer les jardins, les faires connaitre en profondeur avec une connaissance intellectuelle, technique (qui va jusqu’à la technique du jardinier), les promouvoir à l’internationale, des aides financières, nous soutenons des projets de l’intérieur. Le principe étant toujours qu’un responsable de jardin reçoit une somme d’argent qu’il doit démultiplier. Nous avons un exemple, un parc au quelle nous avons donné 25 000 euros, et ces 25 000 euros ce sont transformés, sur plusieurs années, en 850 000 euros, parce qu’il a eu des fonds des autorités locales, nationales (Ministère de la Culture), et d’Europe.

LVdlR. Dans le cadre du Festival moscovite, la Fondation des Parcs et Jardins de France, et pour aménager le jardin extraordinaire « Silhouettes » à invite une personnalité remarquable : Thierry Huau. Architecte paysagiste et urbaniste, diplômé de l’école de Versailles, il intervient dans de nombreuses villes du monde tel que Beyrouth, Dalat au Vietnam, ou même Antananarivo avec « une vision transversale sur l’aménagement, entre protection du patrimoine, développement de quartiers, et aménagement d’une image de marque basée autour du végétale ». Son expertise sur l’attractivité des villes par la création d’espaces verts a donc une importance considérable.

Thierry Huau. Je dirais que c’est un choix de savoir où la ville met son argent, je ne suis pas persuadé que la création de parc coûte plus cher que des routes, des infrastructures qui ne sont pas forcément utile, des œuvres d’art etc… La ville d’Anger, première ville verte de France dépense 54 euros par habitant pour ces espaces verts. La ville de Nantes, deuxième ville verte de France dépense 98 euros par habitants. La ville de Bordeaux, première ville verte de France pour sa biodiversité, dépense 102 euros par habitants. Mais ces trois villes ont un point commun, elles sont reconnu comme les villes où il est le plus agréable de vivre. Donc la ville possède une attractivité grâce à ces végétaux, ces parcs et jardins qu’aucune autre ville en France ne peut revendiquer. Ici à Moscou, j’ai lu un rapport récent qui disait que 90% de la population en numéro un demandait des espaces verts. Le service espaces verts de la ville de Moscou possède, sauf erreur, 550 employés, d’après les chiffres qui m’ont été donné hier par la responsable des relations extérieurs des parcs et jardins de Moscou. Ce qui est très faible. Une ville comme Lyon qui est beaucoup plus petite, mais bien plus petite, a 350 personnes dans son servie espace vert. Donc vous êtes sur des budgets très bas ici à Moscou, donc il y a des ajustements à faire, de voir les choix, les décisions de la ville. Et on voit bien que la ville de Moscou a envie d’espaces verts, a envie de parcs et jardins et il y a une marge de manœuvre qui est encore énorme. Il n’y a pas que les plantes dans le jardin, il y a aussi la structure, et plus de la moitié de l’impact de l’attractivité est lié à la structure.

Ce qui apparait un peu partout en Europe c’est la revendication des plantes locales. On voit le même discoure ici à Moscou, de dire qu’il faut utiliser les plantes endémiques ou les plantes naturalisées à Moscou et bannir les plantes d’autres territoires. On évoquait le chêne du Montana, aujourd’hui à Paris on nous interdit de plus en plus de plantes exotiques. Et donc aujourd’hui il y a cette tendance, et il ne faut pas tomber dedans, une sorte de protectionnisme végétale, alors que le monde du jardin a toujours été un brassage, universel, planétaire, des végétaux. Sans pour autant parler des pestes végétales, il ne s’agit pas d’introduire des végétaux qui pourraient mettre en péril certains écosystèmes, mais la plupart des végétaux cultivés par les jardiniers ne présente aucun risque.

LVdlR. Grace aux « magiciens aux doigts verts » les villes se transforment et deviennent non seulement la jungle minérale, mais un lieu agréable a vivre.

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