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Kiev veut écarter la Russie du transit de gaz européen

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L'Ukraine voudrait utiliser les sanctions contre Gazprom pour réviser radicalement le mécanisme de livraison du gaz russe en Europe, écrit mardi le quotidien Kommersant.

L'Ukraine voudrait utiliser les sanctions contre Gazprom pour réviser radicalement le mécanisme de livraison du gaz russe en Europe, écrit mardi le quotidien Kommersant.

Kiev estime que si Gazprom se voyait interdire de livrer son gaz en Europe via l'Ukraine, les compagnies européennes prendraient en charge le transit. Au final, Gazprom remettrait son gaz à la frontière avec l'Ukraine, ce qui permettrait à Kiev de mettre en place des fournitures réversives virtuelles. Les consommateurs européens et les experts sont sceptiques.

Le groupe ukrainien Naftogaz, qui opère le transport du gaz sur le territoire de l'Ukraine, propose aux compagnies gazières européennes de conclure avec lui des accords directs de transit à partir de la frontière russo-ukrainienne en cas d'adoption de sanctions contre Gazprom. Cette annonce a été publiée hier sur le site de Naftogaz puis confirmée par une source du ministère ukrainien de l'Energie. La semaine dernière, le gouvernement ukrainien avait soumis au parlement un projet de loi accordant au Conseil de sécurité nationale et de défense le droit de suspendre partiellement ou intégralement le transit de gaz russe via l'Ukraine. Le projet sera examiné aujourd'hui. Depuis mi-juin, Gazprom ne fournit plus de gaz à Kiev en raison d'impayés, mais maintient le transit vers l'Europe.

Actuellement, l'intégralité du gaz qui transite via l'Ukraine appartient à Gazprom. Il devient, en règle générale, la propriété des clients d'Europe de l'Est à la frontière de chaque pays. Ce schéma existe depuis l'URSS. Les plus grands terminaux de réception de gaz sur l'itinéraire ukrainien en 2013 étaient Baumgarten, Autriche (41,5 milliards de mètres cubes pour l'Autriche, l'Italie et le sud de l'Allemagne), Malkoçlar (11,9 milliards de mètres cubes pour la Turquie) et Lanzhot (7,3 milliards de mètres cubes pour la République tchèque). L'Ukraine cherche depuis longtemps à transférer ses terminaux vers sa frontière et serait prête à saisir le tribunal d'arbitrage de Stockholm, même si formellement ces terminaux sont fixés dans les contrats entre Gazprom et les compagnies européennes et n'ont rien à voir avec les contrats entre Gazprom et Naftogaz. L'Ukraine a besoin de transférer ces terminaux pour effectuer des fournitures réversives virtuelles de gaz d'Europe et créer un hub gazier sur son territoire. Or pour Gazprom, dont l'accord est obligatoire pour réaliser l'idée de Naftogaz, le changement de schéma des fournitures se traduirait par une perte de contrôle sur les flux gaziers en Europe et des milliards d'euros de perte dans les contrats à long terme sur le transit via la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie.

Selon la source d'une grande compagnie gazière européenne, le schéma actuel convient aux Européens parce qu'ils reçoivent le gaz aux frontières de leurs marchés et les risques liés au transit sont encourus par Gazprom. La source d'une compagnie gazière dans les Balkans est également de cet avis.

"La proposition de Naftogaz semble irréfléchie et non viable", estime le coprésident du conseil consultatif UE-Russie sur le gaz, Jonathan Stern. Il constate l'existence d'un contrat à long terme de Gazprom pour le transit via l'Ukraine et le géant gazier russe ne voudra pas rompre ce contrat ou ceux qu'ils a passés avec les compagnies de l'UE. "D'ailleurs les Européens ne le souhaitent pas non plus", conclut-il.

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