L’Égypte et les monarchies du Golfe veulent former leur propre coalition antiterroriste

L’Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU) et le Koweït veulent former une alliance militaire pour combattre les extrémistes dans la région, parallèlement à la coalition américaine contre l’État islamique (EI), écrit mercredi le quotidien Kommersant.

L’Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU) et le Koweït veulent former une alliance militaire pour combattre les extrémistes dans la région, parallèlement à la coalition américaine contre l’État islamique (EI), écrit mercredi le quotidien Kommersant.

Ce format de coopération est particulièrement d'actualité pour le Caire depuis que l'une des principales organisations du Sinaï, Ansar Bait al-Maqdis, a prêté hier serment d'allégeance à l'EI.

En échange de l'aide des monarchies sunnites dans le cadre d'une nouvelle alliance militaire, l'Egypte est prête à se ranger de leur côté dans la confrontation contre l'Iran et les mouvements chiites liés à ce dernier sur la péninsule arabique, qui représentent une menace croissante pour le transit pétrolier.

Les intentions militaires de ces quatre États arabes ont été dévoilées par l'agence Associated Press, qui se réfère à ses sources dans l'armée égyptienne. Le déploiement de forces de réaction rapide communes, selon les informations de l'agence, serait prévu avant tout sur deux théâtres d'opérations: en Libye, où s'est établi un gouvernement islamiste alternatif, et au Yémen, où sévissent les troupes d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). Leur envoi est également envisageable dans d'autres pays, à l'exception de la Syrie et de l'Irak où la coalition chapeautée par les USA affronte déjà l'EI.

L’Égypte coopère étroitement avec les pays du Golfe depuis le coup d’État militaire et le renversement du gouvernement des Frères musulmans l'an dernier. Depuis, près de 20 milliards de dollars ont été accordés au Caire par l'Arabie saoudite et ses alliés, les EAU et le Koweït, pour combattre les islamistes.

La constitution d'une alliance militaire pourrait propulser la coopération entre ces quatre pays à un niveau supérieur. Car le Caire compte également sur l'aide des monarchies du Golfe à proximité de ses frontières, notamment en Libye - qu'il considère comme l'un des principaux foyers d'instabilité dans la région. L’Égypte y soutient activement le gouvernement renversé par les islamistes et contraint de se regrouper près de la frontière égyptienne à Tobrouk.

Les quatre pays ne sont pas encore tombés d'accord sur les effectifs à allouer à la force de réaction rapide commune, le volume des fonds nécessaires et le lieu du siège de l'organisation. Néanmoins, il est prévu de mettre l'accent sur la création d'une force aérienne et d'une base de renseignements communes. Les chances de succès de cette coopération entre les quatre pays, compte tenu de leur expérience, sont élevées: les unités saoudo-égyptiennes ont organisé à plusieurs reprises des exercices conjoints en Égypte et l'été dernier, le Caire a pour la première fois organisé plusieurs opérations aériennes réussies avec l'armée de l'air des EAU contre les islamistes en Libye.

L'idée de créer une nouvelle alliance militaire, selon les experts, reflète le scepticisme des élites sunnites quant à la capacité de la coalition anti-islamiste américaine à parer cette menace. Cependant, l'alliance aura également pour tâche de contenir l'Iran chiite et les forces associées à Téhéran, en particulier la tribu chiite Houthi qui a pris le contrôle de vastes régions du Yémen en compromettant le transit pétrolier des monarchies arabiques.

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