L'OTSC suspend son "monologue" avec l'Otan

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L'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) suspend ses démarches pour instaurer un dialogue avec l'Otan, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

L'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) suspend ses démarches pour instaurer un dialogue avec l'Otan, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

Le secrétaire général de l'alliance militaro-politique supervisée par Moscou, Nikolaï Bordiouja, a expliqué cette décision par la position "anti-constructive et hostile" de l'Alliance. Désormais, l'OTSC cherchera à renforcer ses liens avec l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), la Chine, l'Iran, les pays d'Amérique latine et des Caraïbes. Une source de l'Otan a laissé entendre que de toute manière l'Alliance n'aspirait pas à coopérer avec l'OTSC.

Cette dernière avait entrepris plusieurs tentatives de rapprochement avec l'Otan ces dernières années, la dernière en 2012 quand les ministres des Affaires étrangères de l'OTSC (Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizstan, Russie, Tadjikistan) avaient appelé l'Alliance à coopérer pour parer les menaces et les défis contemporains comme le terrorisme international, le trafic de drogues, le rétablissement de la stabilité en Afghanistan, la réaction aux catastrophes naturelles et anthropiques, ainsi que la sécurité et l'évacuation de personnes en situation de crise.

Cependant l'Otan a laissé cet appel sans réponse – comme toutes les requêtes précédentes. Une source du siège de l'Alliance a expliqué que celle-ci ne voyait aucune "raison majeure d'engager un rapprochement institutionnel entre l'Otan et l'OTSC", étant donné que l'Alliance "coopérait déjà avec les pays de cette organisation de manière bilatérale".

En renonçant à l'idée d'un dialogue avec l'Otan, l'OTSC, comme l'a annoncé hier Nikolaï Bordiouja, se concentrera sur le développement de l'interaction avec l'OSCE, l'OCS et le renforcement de la coopération avec la Chine, l'Iran, les pays d'Amérique latine et les Caraïbes. Il a accusé les pays de l'Otan de vouloir déstabiliser la situation dans les pays de l'OTSC. Selon lui, les signes indirects de ces tentatives sont "l'augmentation disproportionnée du personnel des ambassades occidentales, notamment des USA, et l'intensification des activités de nombreuses ONG financées grâce aux subventions occidentales". "L'apparition et l'exacerbation des foyers de tensions dans l'espace de l'OTSC sont dues, dans la majorité des cas, à une influence extérieure accrue", affirme le secrétaire général.

L'opération en Afghanistan, supervisée par l'Otan, est également critiquée. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Vassili Nebenzia a qualifié la déclaration de l'Alliance sur l'Afghanistan, adoptée en septembre dernier au sommet au Pays de Galles, de "tentative de camoufler son échec". Le document stipule que l'Otan a rempli sa mission et que par conséquent, la responsabilité de la sécurité dans le pays incombait désormais aux autorités afghanes. La Russie, elle, estime que l'Otan n'a pas rempli sa tâche. Le président russe Vladimir Poutine a promis hier lors de la réunion avec les membres du Conseil de l'Assemblée parlementaire de l'OTSC que Moscou "offrirait son épaule au peuple afghan si nécessaire".

L'Otan a réagi de manière calme aux critiques et à la décision de l'OTSC d'abandonner les tentatives de rapprochement. "Nous sommes bien au courant du point de vue critique de monsieur Bordiouja et d'autres personnalités officielles vis-à-vis de l'Otan et de ses opérations. La question de l'établissement des liens entre l'OTSC et l'Otan ne se pose pas actuellement", a déclaré Robert Pschel, directeur du Bureau d'information moscovite de l'Otan.

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