Saint-Pétersbourg conté par Jean-Bernard Cahours d’Aspry

Saint-Pétersbourg conté par Jean-Bernard Cahours d’Aspry
C’est sans doute la ville russe la plus romantique, celle qui fait rêver, celle qui attire par son mysticisme… si l’on arrive à s’échapper du flot de touristes…

Saint-Pétersbourg. Tantôt drapée d’un voile magique, inquiétant et translucide - les jours du solstice d’été, où on est enchanté par le soleil de minuit. Le soleil ne se couchant pas, on perd la notion du temps – comme si l’on flottait. Les palais somptueux et les canaux aux eaux immobiles somnolents se couvrent alors de mystère.

C’est sans doute la personne la plus attirée par les mystères et légendes, la plus passionnée par les récits saint-pétersbourgeois, un expert dans la culture et maître de parole… Directeur d’événements culturels, organisateur d’expositions, de concerts, de conférences, etc., artiste peintre, journaliste… Jean-Bernard Cahours d’Aspry.

Et il a accepté la proposition de nous conter son aventure de création d’un livre sur la vie culturelle de Saint-Pétersbourg.

La Voix de la Russie. Comment il est, votre livre sur Saint-Pétersbourg?

Jean-Bernard Cahours d’Aspry. Je dis toujours « mon » Saint-Pétersbourg, parce que c’est ma manière de voir la ville. Depuis 22 ans, je vais régulièrement à Saint-Pétersbourg, je l’ai découvert depuis la fin de la « vie soviétique »… ou tout était encore défoncé… Et je m’y suis attaché, alors que je ne savais pas lire le cyrillique (que je déchiffre maintenant) Je l’ai vu à ma manière.

Ce n’est pas un guide pour une visite de Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas une évocation historique. Ce n’est pas ça, et c’est tout à la fois. Le titre exact c’est « Saint-Pétersbourg – capitale culturelle » Ce que j’y raconte, c’est la place de Saint-Pétersbourg dans la culture, non seulement russe, mais dans la culture tout court. Depuis Pierre le Grand, Saint-Pétersbourg est une grande capitale culturelle, tout partait d’ici. Avec ce livre j’ai pensais que je mettrai peut-être plusieurs années à le faire. En voyageant et en amenant les gens, je me disais que quand je n’irai plus à Saint-Pétersbourg, j’aurais mon livre ou j’écrirai ce que je veux raconter.

Je n’ai pas tenu, cela me manque de ne pas y aller. J’y retournerai l’année prochaine, une fois de plus.

LVdlR. Pouvez-vous revenir à votre toute première impression ? Vous descendez de l’avion, vous arrivez à Saint-Pétersbourg…

Jean-Bernard Cahours d’Aspry. Ce n’était pas fameux… C’était en septembre 1992, la Russie venait de sortir du « soviétisme », c’était un peu à l’abandon. Il a eu des trous partout. Je me souviens, sur la Perspective Nevski, il a eu des plaques d’égouts qui manquaient. J’ai demandé à celui qui me conduisait : « Comment font les voitures ? » On m’a répondu : « Ils se débrouillent » Le lendemain matin, effectivement, il a eu une voiture qui est tombée dans le trou, s’est fait prendre une roue dans une plaque d’égouts.

Constamment (et ce que je raconte dans l’introduction à mon livre), j’ai vu la ville se transformer. La dernière fois, quand j’y suis allé, fin septembre, en marchant sur Nevski, je me suis dit « Est-ce que c’est possible que ça soit la ville que j’ai découvert en 1992 ?! » J’ai eu à l’époque tout de suite un coup de foudre.

LVdlR. Y a-t-il des personnes qui ont influencé votre vision de la ville ? Avez-vous fait une rencontre qui vous a facilité cette approche, qui vous a permis d’aller au-delà des certains defaults de la ville de l’époque ?

Jean-Bernard Cahours d’Aspry. Non. Et je regrette presque égoïstement cette époque… « Egoïstement », parce qu’à l’époque, nous étions riches. La première fois, quand j’ai fait une exposition – sur le compositeur français, d’ailleurs – on m’a donné 14 francs 50 de frais pour ma semaine. C’est rien du tout. A l’époque, c’était suffisant, j’étais logé dans un grand hôtel et nourri par le théâtre. Même en ruine, cette ville était fabuleuse.

Je ne la retrouve plus… Tout a été restauré, tout est beau, tout est propre. C’est même stupéfiant – ce que les russes ont fait. Et cela a commencé en 2003. Je me souviens, je suis venu en mois de février – j’organise souvent les voyages en février – je me suis dit : « Ça sera jamais prêt pour le mois de mai, quand tous les chefs d’Etats devaient venir…» J’étais stupéfait, en revenant au mois de juin, de constater que tout était transformé. Bien sûr, ce n’était pas encore fait en profondeur, mais je vois les nouveautés, les choses restaurées…

Maintenant, la ville est vraiment superbe.

LVdlR. Comment vous allez à la pêche aux impressions ? Avez-vous un thème ? Un fil conducteur ? Ou vous laissez les choses venir vers vous ?

Jean-Bernard Cahours d’Aspry. Je fais les émissions tous les mois à la Radio Courtoisie. Bien entendu, je donne envie aux gens de venir. Au début, ce n’était pas facile. Maintenant, les gens s’adressent à moi avant que j’ai décidé d’organiser quelque chose. L’année dernière, je ne voulais plus le faire… C’est fatiguant pour quelqu’un de mon âge – j’ai 68 ans – d’organiser et diriger une vingtaine de personnes. Je leur communique ma passion de Saint-Pétersbourg. Je pourrai même dire « mon amour de Saint-Pétersbourg »

LVdlR. Votre prochain voyage ?

Jean-Bernard Cahours d’Aspry. Ça sera pour le mois de février à Moscou. Je garde Saint-Pétersbourg pour les nuits blanches. Je n’aime pas aller aux nuits blanches avec un groupe… Il y a tellement du monde ! On ne visite plus les musées, on « visite » les touristes. J’ai envie de re-voir les nuits blanches.

J’ai participé à l’ouvrage, avec le Musée de Glinka, qui parle des concerts de musique moderne qui ont eu lieu du 1907 au 1914. J’y ai assumé la partie française. Le livre a été conçu par la directrice du musée, nous devions même faire une grande exposition et un festival. Le livre est sorti maintenant, il faut que je vous le rapporte ! Mon problème est qu’il fait six kilos et cinq volumes et je ne trouve personne pour le mettre dans les bagages.

LVdlR. Ce n’est pas un problème, vous nous le rapportez dès que vous le pouvez.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала