Altaï et Franche-Comté : amitié de longue date

Altaï et Franche-Comté : amitié de longue date
Des milliers de kilomètres séparent la Franche-Comté, province historique à l’est de France, et la région russe de l’Altaï située au sud de Sibérie de l’Ouest. Malgré cette distance les deux sont liées par les années d’amitié et de coopération.

En 2007 le gouverneur de la région russe Alexandre Karline et le président du conseil régional de Franche-Comté Raymond Forni ont signé un accord de coopération dans les domaines commercial, économique, scientifique, technique et culturel. Les participants et les invités d’une présentation qui s’est tenue le 19 novembre dernier dans les locaux de la Chambre d’industrie de Fédération de Russie à Moscou, ont pu prendre connaissance des progrès réalisés depuis 2007 en la matière. « Comment est-ce que vous vous êtes trouvés il y a sept ans et avez pas mal progressé depuis ? », a demandé notre observateur Igor Yazon au responsable de la direction des relations internationales de l’administration de la région de l’Altaï, Alexandre Jiline.

« La région de l’Altaï est le premier producteur de fromage en Russie alors que la Franche-Comté est le premier producteur de fromage en France, explique Alexandre Jiline. C’était cela, le principal motif. Nous avons fait connaissance des producteurs de fromage à un salon international. Nos spécialistes se sont rendus ensuite en Franche-Comté. C’est ainsi qu’ont débuté nos relations. Quant aux réussites et à l’intensité de notre coopération, tout dépend bien sûr du contact humain : nous avons trouvé en France des partenaires ayant un vrai intérêt pour cette coopération et avec eux nous avons commencé nos relations sous le format « région-région ». On a commencé par le fromage, ensuite on a progressé côté agriculture, côté éducation, échanges d’étudiants, même échanges linguistiques – nous avons trouvé en Franche-Comté une école où est enseigné la langue russe et nous la soutenons depuis. La coopération culturelle est tout aussi riche. Tous les ans une foire internationale se tient en Franche-Comté et notre collectif folklorique en est devenu un participant fidèle ».

Alexandre Jiline a également parlé d’un projet exceptionnel pour la région de l’Altaï, celui d’un vignoble où sont plantées les vignes originaires de France. Lancé il y a quatre ans ce projet a montré qu’il y a dans la région les endroits où les vignes françaises donnent une très bonne récolte. Le premier lot de mille vignes a été planté en automne et les vignerons français ont été bien étonnés de constater au printemps leur croissance particulièrement rapide.

« Mais en ce qui concerne le principal volet de la coopération avec les Français, c’est-à-dire la fromagerie, en quoi il consiste précisément ? »

« Il s’agit des équipements. Les Français fabriquent, comme on sait, d’excellents équipements destinés à la production industrielle de fromage, explique Alexandre Jiline. Et puis, il y a aussi la formation. Tous les ans entre 15 et 20 étudiants russes partent suivre une formation à l’Ecole de fromagerie de Franche-Comté. Des groupes d’étudiants français viennent aussi chez nous, à notre Institut de recherche en fromagerie. Il existe par ailleurs un département de fromagerie à l’Université de technologie de Barnaoul. Il y a également un autre projet commun qui a été réalisé, celui d’un centre international des innovations en fromagerie en Franche-Comté où les spécialistes français et russes font des recherches ».

Avec la collaboration et sur le conseil de nos collègues français Nous sommes en train de réaliser un projet très intéressant et rentable, poursuit Alexandre Jiline. C’est le développement de l’agrotourisme. La France a des années d’expérience dans le développement du tourisme de campagne notamment l’aménagement des hébergements verts. Il existe également d’autres produits touristiques qui sont très intéressants : des visites écologiques, pêche, chasse, randonnées au partage de la vie de la population locale. Il y a énormément de gens y compris en France, en Allemagne, dans d’autres pays européens, qui sont intéressés par ce type de tourisme.

« Les sanctions antirusses édictées cette année par l’Union européenne et donc par la France, ont-elles des répercussions sur la coopération »?

« Eh bien, vous pouvez imaginer comment les choses se passent. On continue à faire notre travail commun avec la même certitude et l’insistance en faisant semblant que rien n’a changé, dit Alexandre Jiline. A vrai dire, les Français ont fait une pause de deux mois au printemps dernier. Mais puis une visite programmée d’une délégation de Franche-Comté a eu lieu et son président a déclaré que nos relations devraient se développer quoi qu’il arrive. En effet tout va comme prévu. Par exemple, il y a sept jours six jeunes cuisiniers originaires du village de Belokourikha sont partis pour la France pour suivre une formation et ce, en profitant des conditions les plus confortables offertes par nos partenaires de Franche-Comté. Les sanctions ne sont donc pas un obstacle pour notre coopération ».

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