Un nouveau spectacle dans le théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis

Un nouveau spectacle dans le théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
Un nouveau spectacle dans le théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis - Sputnik France
Le 2 décembre, au théâtre Gérard Philippe à Saint - Denis a lieu la première du spectacle, mis en scène par Isabelle Lafon, actrice et metteur en scène, d’après Les notes sur Anna Akhmatova de Lydia Tchoukovskaya.

Le Premier volume des " Notes " était publié à Paris en 1976 par la maison d'édition l'IMCA-PRESS, le deuxième volume a paru en 1980. En 2012, Isabelle Lafon a mis en scène le spectacle d’après la pièce de Tchékhov La Mouette, où tous les rôles étaient joués par cinq actrices. Les critiques marquaient non seulement l'originalité de la mise en scène, mais aussi l'atmosphère remarquable de la sincérité, permettant aux spectateurs de voir d’un œil neuf les idées de l'auteur.

LVdlR:Racontez de votre biographie, comment êtes-vous devenue une comédienne et surtout metteur en scène?

Isabelle Lafon:Oui, effectivement je suis comédienne depuis de nombreuses années, et petit à petit j’ai eu l’envie de partir pour… Non, peut-être au début pas tant mettre en scène, mais essayer des choses un peu différentes, faire des spectacles où le rôle aux comédiens était un peu plus, avec pratiquement pas de décor, une technique très minime, et de partir de ça pour construire des spectacles. Il, y a quelques années j’ai eu un texte qui s’appelait «Dans le nu de la vie», récit des marais rwandais. Ce sont des récits de rescapés du génocide rwandais et j’en ai fait un spectacle toute seule. Petit à petit j’ai commencé à mettre en scène en portant d’un geste d’actrice plus, et mon travail est beaucoup par rapport aux acteurs, auc actrices particulièrement.

LVdlR: D’où provient cet intérêt envers la littérature russe, parce que vous avez mis en scène une pièce de Tchékov «La Mouette»?

Isabelle Lafon: C’est très longtemps que je m’intéresse à la littérature russe, aux chansons, aux films, qui ont été dans la nouvelle vague dans les années 60-70, 80... Mon grand père était russe, et pour moi c’est quelque chose qui me semblait évident. Je peux lire en russe, parler pas très bien, j’ai aussi écouté beaucoup de chansons de Boulat Okoudjava, de Vyssotsky. C’est quelque chose qui me suit depuis très longtemps. Il y a longtemps, quand j’étais jeune, j’ai habité dans le pays de l’Est.

LVdlR: Et comment c’était ce travail sur la pièce de Tchékov, parce que Tchékov ce n’est pas très simple.

Isabelle Lafon: Non, et c’est très joué, monté. Il y a beaucoup de mises en scène, moi j’avais envie de quelque chose de différent. Effectivement, je ne l’ai pas appelé « La Mouette «, j’ai appelé ça «Une Mouette», qui a été faite avec cinq femmes, qui au début disent tout, y compris des textes «entre», et petit à petit deviennent devant les spectateurs Treplev ou Arkadina etc,, qui sont cinq femmes.C’est comme à l’opéra finalement, on oublie que ce sont des femmes et des hommes, mais pour entendre le texte qu’on a tellement entendu de Tchékov.

LVdlR:Et comment le public a-t-il accueilli ce spectacle?

Isabelle Lafon:C’est difficile de dire, parce que moi je suis jamais contente de ce que je fais, mais ce qui était étrange et c’est ce que je souhaitais, c’est que j’avais l’impression qu’on montait beaucoup Tchékov en France, mais qu’on n’entendait pas ce texte, sa densité, son façon d’utiliser plusieurs langues. Et du coup les gens disaient qu’ils entendaient Tchékov, qu’ils redécouvraient Tchékov, parce qu’on a beaucoup vu, comme si on a déjà eu de Nina, de Treplev. Les gens disaient qu’ils s’apercevaient jusqu’où allait ce texte, parce qu’il est terriblement moderne en fait.

LVdlR: Vous avez déjà fait un nouveau spectacle sur les textes d’Anna Akhmatova et Lydia Tchoukovskaya. C’était un travail original.

Isabelle Lafon: En fait spectacle parle des notes sur des entretiens avec Anna Akhmatova de Lydia Tchoukovskaya, et c’est un énorme livre, et j’en ai d’essayé une adaptation dont je n’était pas satisfaite. J’ai fait une nouvelle adaptation, en plus il y avait toute une partie du texte qui était en russe, des dernières années d’Akhmatova, qui n’existaient pas en français. Effectivement ce que se disent ces femmes, le travail qu’a fait Lydia Tchoukovskaya à la fois de retranscrire et de faire un journal des ces entretiens. Je trouve que c’est quelque chose qui nous apprend énormement sur ce que c’est que le mot, le poème, se tenir, poursuivre, être libre etc. Ce sont deux personnalités extraordinaires et j’aimerai beaucoup en Russie rendre hommage pas seulement à Akhmatova, mais à Tchoukovskaya, parce qeue sans le livre de Tchoukovskaya on n’avait pas Akhmatova.

LVdlR: Je suppose que les oeuvres d’Anna Akhmatova sont assez connues en France.

Isabelle Lafon: On connaît Tsvetaeva, mais Akhmatova on ne connaît pas. Et en France on a une culture extrêmement pauvre de la poésie.

LVdlR: Mais Akhmatova, c’est un grand poète.

IsabelleLafon: Oui. D’abord elle est sortie par plusieurs recueils. Un recueil plus complet est sorti il y a quelques années, et c’est une poétesse que les gens connaissent pas en France.

LVdlR: La première officielle, c’est pour le 2 décembre dans votre théâtre.

Isabelle Lafon: Au théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis, où je vais le jouer.

LVdlR: Je pense que ceux de nos auditeurs qui s’intéressent à la poésie, ont encore le temps pour aller voir ce spectacle/

Isabelle Lafon: C’est aussi surtout une relation entre deux femmes, c’est aussi deux personnalités très différentes qui se rencontrent à un moment donné de l’histoire entre 1938 et 1966.

LVdlR: Est-ce que vous avez vu quelques mises en scène contemporaines des metteurs en scènes de Russie?

Isabelle Lafon: Non, malheureusement. J’ai été en Russie il y a trois ans pour la première fois, mais je suis allée à Saint-Pétersbourg, parce que je voulais voir l’appartement de Anna Akhmatova.

LVdlR: Il ne me reste qu’à vous souhaiter un plein succès pour votre spectacle.

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