Europe, quo vadis ?

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Le portail internet sur la vie de l’Union Européenne EurActiv, paraissant à Bruxelles, a annoncé le lancement du mot-dièse (hashtag) « Equipe Juncker : les premiers cent jours » pour assurer le suivi de toutes les activités de la Commission européenne, présidée par Jean-Claude Juncker, durant la première étape de son mandat.

Les 28 commissaires n’ont pas en fait commencé leurs activités. Selon les médias, cette semaine, les députés du Parlement européen doivent mener des débats sur une motion de censure proposée par un groupe de députés. Le scandale a éclaté le 5 novembre, quand le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a rendu publiques des enquêtes fondées sur une analyse de près de 28 000 pages confidentielles, qui montre que plus de 300 multinationales semblent avoir fait transiter des centaines de milliards de dollars par le Luxembourg et ainsi échappé à des milliards de dollars de taxe. Le scandale éclabousse Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg durant de longues années.

Les représentants des partis d’eurosceptiques constituent l’essentiel du groupe ayant proposé la motion de censure. Selon le leader du groupe parlementaire du Parti populaire européen (PPE) Manfred Weber, les auteurs de l’appel se prononcent moins contre la principale structure de l’exécutif de l’UE que contre l’UE elle-même. Intervenant devant les élus européen à la veille du l’entrée de la Commission européenne dans ses fonctions, Jean-Claude Juncker a clamé de manière dramatique : « Les citoyens perdent confiance, des extrémistes de gauche et de droite nous pourchassent, nos concurrents attaquent. Le moment est venu de redonner vie au projet européen ». Mais l’équipe Juncker est-elle en mesure d’assurer une nouvelle ligne de l’UE quand les dirigeants des pays membres ont aujourd’hui des priorités absolument différentes ? Peut-on considérer comme digne le grand titre de « projet du monde » et de celui du prix Nobel de la paix le refus de l’UE avec les Etats-Unis, le Canada et l’Ukraine d’appuyer à l’ONU le projet russe de résolution condamnant l’exaltation du nazisme ? Sans parler de soutenir l’hystérie antirusse. Vladislav Bielov, en charge de la section des pays et des régions à l’Institut de l’Europe, voit le problème majeur dans le mépris des intérêts des gens, notamment, en Ukraine.

« Les principaux partis brandissent des mots d’ordre qui en somme font de simples gens une petite monnaie, - dit M. Bielov. L’homme disparaît du champ de vision des grands partis traditionnels, mais apparaît chez de nouveaux mouvements, malheureusement souvent de type nationaliste, radical. Le droit international formel en Europe ignore totalement le citoyen, surtout en Ukraine. L’Occident ne veut pas voir en Ukraine de problèmes auxquels sont confronté de simples citoyens. »

Parlant ces jours-ci de l’absence des perspectives de la ligne antirusse de l’UE, le patriarche de la diplomatie allemande Hans-Dietrich Genscher s’est exprimé de façon imagée. Les sanctions, a-t-il remarqué, ressemblent à une échelle – elles ont des échelons. Mais à un moment, l’échelle finit. Alors on se demande ce qu’il faut faire ensuite : descendre ou sauter. La question de savoir où va l’Europe reste donc pour le moment ouverte. /N

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