L'Europe vieillit et s'affaiblit, selon le pape

Devant le Parlement européen hier, le pape François a constaté que les pays du Vieux Continent, plongés dans une crise morale, perdaient la confiance du reste du monde, écrit mercredi 26 novembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Devant le Parlement européen hier, le pape François a constaté que les pays du Vieux Continent, plongés dans une crise morale, perdaient la confiance du reste du monde, écrit mercredi 26 novembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

L'Europe est considérée par ses voisins comme "vieillie" et "de moins en moins capable de jouer un rôle de leader dans le monde", met en garde le chef du Vatican, originaire d'Argentine.

Selon le pape, cette déception est liée au manque de solidarité au sein de l'Union, à la bureaucratie de Bruxelles et à la montée de l'individualisme. Beaucoup voient aujourd'hui l'Europe comme "une grand-mère, qui n'est plus féconde ni vivante", déplore le souverain pontife.

L'allocution du pape François à Strasbourg avait été précédée par une manifestation d'opposants au Saint-Siège: les députés européens communistes avaient protesté contre sa visite, y voyant une offense envers les millions de non-croyants en UE. Hormis la gauche, les activistes de Femen ont également organisé une action contre la visite du chef de l’Église catholique.
Aucun incident n’a éclaté le jour de sa visite. Le pape a été salué par une grande majorité de députés européens, dont certains, toutefois, ont exprimé leur désaccord avec la position de l’Église concernant les minorités sexuelles.

Le discours du chef du Vatican devant les députés européens était, pour sa part, imprégné de reproches quant à la politique menée par l'Union européenne. Selon le pape, "l'Europe donne l'impression d'être fatiguée", car "les valeurs qui inspiraient les fondateurs de l'UE, notamment la solidarité, ont été perdues en grande partie". D'après le souverain pontife, la crise de l'Europe est visible dès que l'on observe les jeunes, privés de perspectives, les innombrables misérables qui peuplent les villes européennes, ou encore les yeux confus des immigrés venus à la recherche d'une vie meilleure. La cause des difficultés traversées par le Vieux Continent réside dans la dévalorisation de l'identité humaine, selon lui. "La dignité humaine implique des droits inaliénables qui ne peuvent être remis en question au profit d'intérêts économiques quelconques", souligne le pape.

Le pape François a appelé l'UE à revoir sa politique d'immigration, dont sont notamment victimes les ressortissants d'Afrique du Nord. "On ne peut tolérer que la Mer Méditerranée se transforme en un grand cimetière", avertit le pape. Et d'ajouter: "Dans les barques qui arrivent quotidiennement sur les côtes européennes, il y a des hommes et des femmes qui ont besoin d'accueil et d'aide".

La visite du chef du Vatican à Strasbourg a été purement politique: le pontife n'a même pas trouvé le temps de visiter la cathédrale de la ville. La venue du pape François a été la première visite du Parlement européen par un pape depuis 1988. A l'époque, le pape Jean-Paul II avait qualifié l'Europe de "phare de civilisation".

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