Une « ère nouvelle » d’après l’ancien calendrier ?

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Une « ère nouvelle » d’après l’ancien calendrier ? - Sputnik France
Ces jours-ci le thème afghan se retrouve à nouveau parmi les premiers sujets à l’ordre du jour international. La récente réunion à Bruxelles des chefs de diplomaties des pays membres de l’OTAN a donné le feu vert officiel à la mission « Soutien résolu » (Resolute Support Mission, RSM) en Afghanistan. Elle prend le relais de celle de La Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), ayant duré 13 ans dans le but de former, consulter et appuyer l’armée et les forces de sécurité nationales. Par ailleurs, le 4 décembre une conférence des pays donateurs pour l’Afghanistan a entamé ses travaux à Londres.

Avant l’annonce d’une nouvelle mission à la réunion de Bruxelles le président élu d’Afghanistan Ashraf Ghani a signé deux documents fondamentaux, ratifiés la veille par le parlement afghan. Il s’agit d’un accord bilatéral de Kaboul et de Washington en matière de sécurité, ainsi que d’un autre conclu avec l’OTAN sur le statut du contingent militaire restant dans l’Hindou Kouch.

Officiellement ces accords dotent la mission militaire et le personnel civil de l’OTAN du mandat pour accomplir deux tâches à caractère instructeur et consultatif : planification des activités pour contrer les restes d’Al-Qaïda et transfert de l’expérience en matière d’organisation d’une réaction rapide aux menaces apparues.

Et voilà que depuis quelques jours ces plans commencent à subir certaines transformations peu affichées. On apprend, par exemple, l’existence d’une instruction secrète signée par Barack Obama autorisant le contingent militaire américain en Afghanistan de participer à des combats contre les restes du réseau terroriste Al-Qaïda, comme prévu dans les accords, mais aussi contre les détachements armés du Taliban. L’instruction autorise de même l’engagement de l’aviation, y compris de chasseurs, de bombardiers et de drones, afin d’appuyer les opérations militaires.

Les médias ont réussi à révéler une autre intention de la Maison Blanche : pouvoir augmenter le contingent militaire américain d’environ mille hommes. Les raisons invoquées n’en sont pas dissimulées – la nécessité d’assurer la présence des forces coalisées dans des bases restées abandonnées après le retrait de l’essentiel des troupes de l’OTAN. Ecoutons comment Anatoli Tsyganok, qui dirige le Centre indépendant des prévisions militaires, évalue les plans des Etats-Unis dans l’Hindou Kouch.

« Il est certain que l’Amérique veut rester en Afghanistan, - dit M. Tsyganok. Puisque jusqu’au dernier moment le président afghan sortant Karzaï ne donnait pas son accord. La situation en Afghanistan est très tendue. Un contingent militaire peu nombreux y reste. Mais le plus curieux est que des soi-disant organisations militaires privées continuent de s’y trouver. En conséquence l’Afghanistan demeure un point névralgique dans la région. »

Prenant la parole à la réunion à Bruxelles le ministre allemand des AE Frank-Walter Steinmeier a parlé d’une « ère nouvelle » qui commençait en Afghanistan après le départ de l’ISAF. Le leader afghan Ashraf Ghani, venu participer à cette rencontre, a promis de « prendre les destinées du pays entre ses mains ». Mais pour le moment il s’avère que comme avant de mains étrangères, et à nouveau armées, sont tendues vers ces destinées. Cette « ère nouvelle » n’a-t-elle pas gardé l’ancien calendrier ?

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