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La sécurité en France

La sécurité en France
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Le taux de criminalité a été plus que triplé voire quadruplé de 1949 à 2014. Aujourd’hui, près de 11 Millions de Français se sentent en insécurité sur le territoire national dans le volet appelé « victimation », selon l'enquête de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et de l'Insee.

Selon le sondage, le fait qu’une personne dans votre voisinage ou de votre entourage a été victime d’un des 6.000 cambriolages commis chaque année en France, contribue à alimenter votre sentiment d’insécurité, ce qui explique que des Millions de Français soient concernés par les cambriolages.

L’autre volet porte non pas sur le sentiment d’insécurité, mais sur l’insécurité elle-même et, notamment, sur les tendances observées. Certaines d’entre elles sont stables, comme le cambriolage ou les actes de vandalisme contre les voitures. Par contre, on constate la hausse des viols commis contre les femmes : arrachages de sacs à main, de téléphones portables, etc. Les femmes sont aussi ciblées lorsqu’elles retirent de l’argent aux distributeurs automatiques, et malgré les clichés, pas seulement au Seine-Saint-Denis, mais aussi dans Paris au cœur du très chic 8ème arrondissement.

Toutes les statistiques réunies, les médias constatent que les Français se sentent plus en insécurité sous François Hollande que sous Nicolas Sarkozy. Aux dires de Roger Marion, la politique pénale a changé depuis 2012. Il a aimablement consenti à commenter les statistiques de l’Observatoire.

Spoutnik.Dans sa dernière étude, l'Observatoire national de la délinquance souligne que près de 11 millions de Français se sentent en insécurité. Pourquoi ? Pourriez-vous commenter les statistiques ?

Roger Marion.Des manifestations de délinquances violentes qui se produisent en Europe et même en plein cœur de Paris font que le sentiment de l’insécurité et l’insécurité elle-même ont progressé. Il y a des faits de délinquance violente, notamment, dans les espaces publiques et même dans les domiciles privés. Cette insécurité est, malheureusement, générée par l’impossibilité de prendre des mesures, d’une part, préventives, mais aussi répressives, parce que l’arsenal répressif n’est pas suffisant tant au niveau des moyens des forces de sécurité, que de l’arsenal juridique.

Spoutnik.Vous avez dit que le taux de criminalité ne cesse pas d’augmenter. Est-ce que ce phénomène est lié à la crise profonde que traverse la France aujourd’hui ?

Roger Marion.Il est évident qu’il y a eu un changement d’orientation au niveau de la politique pénale avec la suppression de certaines mesures prises par les gouvernements précédents. En ce qui concerne la délinquance, le problème de fond est ancien : le trafic des stupéfiants, des gens en situation irrégulière sur le territoire national qui n’ont pas de ressources ni de logement et qui sont, évidemment, amenés à commettre des actes de délinquance pour survivre.

Spoutnik.Pourriez-vous préciser ce qui a changé au niveau législatif ?

Roger Marion.D’abord, il y a eu une atténuation de certaines peines parce qu’il y a le problème de surpopulation carcérale. De plus, le Code pénal n’est plus si répressif qu’auparavant.

Spoutnik.Cela veut-il dire que les gens se sentaient plus en sécurité sous Nicolas Sarkozy ?

Roger Marion.Sous Nicolas Sarkozy, les textes étaient beaucoup plus répressifs tant au niveau des pouvoirs de la police qu’au niveau de la répression des infractions dans le sens du Code pénal. Il est vrai que ces mesures ont été édulcorées par les dernières mesures prises. Il faut savoir que l’action publique, c’est-à-dire que la politique pénale, est élaborée par le gouvernement. Il y a des gouvernements qui sont beaucoup plus protecteurs de certaines libertés. Il faut donner des moyens à la police tout en protégeant la liberté individuelle. C’est un équilibre qui est difficile à trouver.

Spoutnik.Si le Code pénal n’est plus assez répressif, quelles modifications pourriez-vous envisager dans son texte ?

Roger Marion.D’abord, il faut rendre à la police l’initiative sur le terrain, ce qui signifie de voir, dans un premier temps, la modification de la procédure du Code pénal afin de permettre et d’élargir la possibilité de faire des contrôles d’identité, de revenir à des possibilités de rétentions pour la vérification d’identité et le contrôle documentaire, c’est-à-dire, de la réalité des pièces d’identité, avec la possibilité de prendre des empreintes digitales. Finalement, d’en revenir à un titre national d’identité avec prise manuelle d'empreinte digitalequi permette une identification formelle de la personne. Car il y a trop de faux documents et des personnes qui en ont un. Voilà pourquoi il faut en arriver à l’institution d’un titre national d’identité qui soit biométrique.

Spoutnik.Est-ce réalisable ?

Roger Marion.Oui, bien sûr, parce que tout est à la disposition à l’imprimerie nationale. Par ailleurs, la mise en service du projet a été rejetée jusqu’à présent.

Spoutnik.Pourquoi ?

Roger Marion.Pour les questions de protection. Comme je vous ai déjà dit, c’est un équilibre entre la sécurité et la protection des libertés individuelles.

Spoutnik.Quels seraient vos pronostics quant au taux de criminalité en 2015 ?

Roger Marion.Tant qu’on ne prend pas de nouvelles mesures, à mon sens, la situation ne va pas s’améliorer durablement.

Commentaire.En une Europe libérale et démocratique qui se veut prôner les idéaux gaullistes, le caractère des peines infligées ne jouent pas un rôle prépondérant en vue de baisser le taux de criminalité. Prenons un exemple facile. L’Union européenne, organisme grand et difficile à gérer, n’a pas besoin de condamner les voleurs de voitures à 15 ans de prison ferme, comme le fait la petite Biélorussie.

Il semble qu’aujourd’hui, le sentiment d’insécurité chez les Français et le taux de criminalité dans le pays sont proportionnels à la crise que traverse la France. Tant que les sanctions antirusses qui frappent les pays européens eux-mêmes persistent et que la France n’arrive pas à régler la situation économique et politique au sein du pays, la modification du Code pénal n’aura pas l’impact voulu.

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