L'UE a trop de problèmes pour ne penser qu'à Kiev

Session photo, dîner de travail: le dernier sommet de l'UE pour 2014, qui durera deux jours, s'ouvrira demain soir à Bruxelles, écrit mercredi 17 décembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Session photo, dîner de travail: le dernier sommet de l'UE pour 2014, qui durera deux jours, s'ouvrira demain soir à Bruxelles, écrit mercredi 17 décembre le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Ses participants ont promis d'aller de l'avant. Le nouveau président de la Commission européenne avait promis d'opposer à la crise qui perdure un programme d'investissement de 300 milliards d'euros. Mais la presse remarque "qu'après sept ans sans croissance économique, "plus personne ne croit aux recettes d'économie".

Dans une conférence de presse lundi dernier à Berlin avec le premier ministre bulgare Boïko Borissov, la chancelière allemande Angela Merkel avait déclaré que, selon elle, "aucune décision spécifique n'était attendue quant aux sanctions contre la Russie".

Plus encore, elle semblait disposée à ne pas critiquer Moscou sur le plan économique.

Au contraire, elle a même souligné que l'économie allemande avait une "bonne expérience des relations avec la Russie, en tant que partenaire fiable".

Manifestement, la diplomatie bulgare a sciemment fait en sorte que cette visite à Berlin se tienne avant le sommet de l'UE, où le chef du gouvernement bulgare a l'intention d'évoquer le sort du projet de gazoduc South Stream. En effet, la politique et les politiciens de l'UE lui ont activement mis des bâtons dans les roues, privant l'économie bulgare d'une importante source de revenus. Cette situation a occupé beaucoup de place dans l'entretien entre Borissov et Merkel.

La chancelière a soutenu l'idée bulgare de réanimer le projet en entamant de nouvelles négociations avec la Russie. Selon elle, "en principe, l'UE ne s'est jamais prononcée contre la construction du gazoduc South Stream".

Cette question reste discutable, mais les déclarations faites à Berlin à la veille du sommet de l'UE étaient favorables aux relations avec la Russie. "Je crois que dans les mois à venir nous devons prouver la fiabilité de nos relations économiques en dépit des différends", a déclaré Merkel devant la presse. On comprend difficilement comment cela pourrait s'accorder avec les sanctions, qui ont dressé de nombreux obstacles et barrières à un partenariat normal. Néanmoins, la chancelière semble ne plus vouloir passer, à Bruxelles, pour une fervente protagoniste de restrictions antirusses  - ou elle est préoccupée par les questions des journalistes qui voulaient savoir pourquoi, après son discours à Sydney, une pause a été marquée dans ses contacts téléphoniques avec le Kremlin.

A la veille du sommet, les parties impliquées dans le dossier ukrainien ont des attentes très différentes. Kiev cherche à imposer comme ordre du jour prioritaire ses réclamations à l'encontre de Moscou et exige d'urgence 15 milliards d'euros pour empêcher le défaut du pays. C'est à ces fins que le premier ministre Arseni Iatseniouk a rencontré à Bruxelles le président du Conseil européen Donald Tusk et le commissaire pour l'élargissement et la politique de voisinage Johannes Hahn. Pour sa part, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a participé à la réunion des Amis de l'Ukraine avec la plupart des ministres européens. Ces derniers ont souligné la nécessité de respecter les accords de Minsk à part entière et de stabilité économique de l'Ukraine.

Le président ukrainien Piotr Porochenko a souhaité assister au sommet jeudi. Mais selon l'impression du correspondant de la chaîne ARD à Bruxelles Christophe Schiltz, "l'UE ne veut pas accueillir Porochenko. Il n'y a pas de prétexte. Comme l'a noté l'ambassadeur d'un pays important, Porochenko ne peut pas se plaindre du manque d'attention de l'UE - mais aujourd'hui sa visite n'a aucun sens".

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