Le terrorisme se joue des frontières

© © Photo : AP/Rob GriffithLe terrorisme se joue des frontières
Le terrorisme se joue des frontières - Sputnik France
L’Australie a perdu la semaine dernière son image de continent de la paix et de la tranquillité. La prise d’otages de Sidney et la mort de deux d’entre eux montre à l’évidence que les « havres de paix » n’existent plus sur la mappemonde.

Et si les menaces bouffonnes adressées à Vladimir Poutine par le premier ministre australien Tony Abbott, sont le problème exclusif de Tony lui-même et les performances sportives du président ukrainien Piotr Porochenko qui avait surpris les Australiens par ses révérences profondes devant les soldats de la garde d’honneur, sont un sujet pour les humoristes, le terrorisme qui semble élire domicile dans ce pays est par contre le sujet d’une grave inquiétude.

Evgenia Voïko, chargée de cours à l’Université des finances auprès du gouvernement russe, estime que l’Australie se trouve dans une mauvaise passe :

Les autorités ne disposent pas de moyens pour neutraliser les actions de ce genre. Au moins, aucun gouvernement australien n’est en mesure de les exclure entièrement. C’est une très mauvaise tendance pour l’Australie.

Le 15 décembre, le ressortissant iranien âgé de 49 ans Man Haron Monis s’est barricadé dans un café au centre de Sidney. Pendant près d’une journée il a retenu en otages des dizaines de personnes. La police a finalement donné l’assaut dont le bilan se monte à trois morts dont le terroriste lui-même et à 5 blessés. Le terroriste n’avait sur lui aucun engin explosif et n’était armé que d’un pistolet.

Le premier ministre Abbott a dû avouer que Monis avait un dossier chargé : il avait commis des crimes violents, était porté sur l’extrémisme et était en plus un déviant psychique.

La question se pose : pourquoi cet homme n’était-il pas surveillé de près par les services spéciaux? Les autorités australiennes sont visiblement réticentes à y répondre. En effet, découvrir les failles dans le système de sécurité est moins aisé que disserter sur « la crise ukrainienne » ou promettre des ennuis à la Russie.

Dmitri Mossiakov, directeur du Département d’études d’Asie du Sud-Est, d’Australie et d’Océanie de l’Institut d’études orientales, estime que l’extrémisme en Occident s’explique en grande partie par une politique migratoire mal réfléchie :

Les migrants qui viennent en Occident en provenance des pays islamiques gangrénés par le radicalisme religieux et vivant une situation sociale et économique précaire, sont porteurs d’une certaine mentalité radicale.

Mais l’histoire du terrorisme islamique en Australie ne date pas d’hier. En effet, environ 200 complots djihadistes ont été déjoués en dix ans selon la sûreté australienne. Après le début de la guerre en Syrie et l’apparition de l’État islamique, environ 200 Australiens ont rejoint les rangs des terroristes et se battent au Proche-Orient.

Les derniers événements en Australie ont une fois de plus soulevé plusieurs questions, à savoir quelle est l’importance des courants radicaux de l’islam dans le monde? Dans quelle mesure les États-Unis ont-ils contribué à créer la situation actuelle? Après tout, ils avaient en leur temps soutenu Al-Qaïda et renversé le régime de Saddam Hussein qui luttait activement contre les islamistes. Washington finançait jusqu’à tout récemment la soi-disant « opposition syrienne modérée » dont les combattants constituent la majeure partie des formations armées de l’EI. Elles sont en ce moment combattues par la coalition occidentale et cette guerre semble s’éterniser. T

 

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