Ukraine : source de problèmes pour la Slovaquie

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Ukraine : source de problèmes pour la Slovaquie - Sputnik France
L’année 2014 était une année difficile pour la Slovaquie et ce n’est pas à cause des présidentielles dont les résultats étaient inattendus : Andrej Kiska, millionnaire et philanthrope, a devancé tous les poids-lourds politiques.

La société slovaque avait apparemment besoin de nouveaux figures qui ne seraient mêlés à aucune affaire de corruption. Pro-occidentaliste, Kiska n’a jamais caché qu’il soutenait inconditionnellement le cap mis par l’Ukraine sur l’Europe. Le premier ministre Robert Fico avait pourtant d’autres chats à fouetter face au problème de livraisons reverses du gaz vers l’Ukraine.

Mais le gaz n’était pas la seule source de problèmes causés par l’Ukraine aux Slovaques. Dès le début de l’année, lorsque les contestations sur le Maïdan ont à peine commencé, il y a eu des troubles dans les régions ukrainiennes situées à proximité de la frontière slovaque. Ne voulant pas laisser leurs enfants et maris partir faire la guerre au sud-est du pays, les habitants locaux ont occupé les bâtiments publics. Les Slovaques étaient inquiets : les troubles avaient lieu quasiment à leurs portes. Le gouvernement slovaque a alors condamné toute forme de violence en Ukraine et a appelé les parties au litige à s’asseoir à la table de négociations. Redoutant une déstabilisation de masse en Ukraine et un afflux de réfugiés, le Conseil de sécurité a pris la décision de surveiller en permanence la frontière.

Au micro Dušan Kerný, observateur de la Revue populaire slovaque :

« L’année 2014 a eu une fin inattendue pour le monde politique et diplomatique slovaque. En tant que président du Groupe de Visegrád nous avons dans un sens tiré le rideau sur l’ancien format de l’organisation et sur l’avenir. Sur l’initiative du ministre slovaque des Affaires étrangères il y a eu une rencontre du Groupe de Visegrád qui s’est déroulée sous la direction ukrainienne. C’était en quelque sorte la manifestation du soutien aux aspirations d’intégration de Kiev. En perspective le groupe pourrait être transformé : au lieu de quatre il serait composé de cinq membres. La Slovaquie et ses partenaires du V4 ont fait clairement comprendre que Kiev avait besoin en urgence de réformes économiques et politiques mais que c’est à l’Ukraine de les mettre en œuvre. Nous sommes évidemment prêts à l’aider quant aux transformations à réaliser. C’est que nous avons intérêt à ce que la situation soit stable en Ukraine, à la reprise de contacts économiques avec celle-ci. La situation actuelle nous cause un préjudice sensible. Par exemple, à la veille des fêtes de fin d’année qui étaient toujours considérés comme une « saison d’or » pour le secteur touristique, le nombre de touristes ukrainiens (mais aussi russes) venant aux Tatras a chuté de 95%. Une véritable catastrophe pour le tourisme slovaque ! »

Les Slovaques restent néanmoins bienveillants à l’égard des Ukrainiens, précise Dušan Kerný. Mais tous n’ont qu’une pensée : l’Ukraine est au bord de la faillite. Combien de millions et de milliards d’aide financière en provenance du trésor européen faudra-t-il versé pour la sauver ?

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