L’argent n’est rien en comparaison de l’image

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L’argent n’est rien en comparaison de l’image - Sputnik France
Piotr Porochenko a appelé le FMI à augmenter l’aide financière à son pays qui traverse une crise économique profonde. A leur tour, les financiers ont calculé que le gouvernement ukrainien avait un besoin urgent d’au moins 15 milliards en plus du crédit de 17 milliards déjà avalisé par le Fonds pour prévenir l’effondrement du système financier et de toute l’économie nationale.

L’Euromaïdan et les événements qui l’ont suivi ont fourni aux politiques américains un excellent prétexte pour redorer leur blason et monter qui est le véritable maître à l’échelle du monde. Les visites à Kiev des responsables du Pentagone, du vice-président Joe Biden, la porte-parole du Département d’État Victoria Nuland se sont signalés par des déclarations retentissantes, des promesses généreuses et la distribution de viennoiseries au centre de la capitale ukrainienne largement commentée par les médias. Les leaders de la soi-disant révolution ukrainienne étaient sûrs et certains que leurs protecteurs sont tout-puissants et responsables qui n’allaient pas abandonner l’Ukraine seule face à une Russie « agressive » et à une monstrueuse déchéance économique. Ils ont fait une erreur de calcul magistrale. En effet, quand Washington et Bruxelles ont compris que Kiev espérait d’une manière non dissimulée que l’Occident allait nourrir pour une durée indéterminée un pays de 42 millions d’âmes, les curateurs de l’euro-intégration ukrainienne ont perdu tout leur enthousiasme.

En effet, on promet de moins en moins d’argent à Kiev, d’autant plus que l’objectif majeur, c’est-à-dire détacher l’Ukraine et de la Russie et la transformer en territoire du chaos, avait été atteint. Voici ce qu’en pense un expert du Fonds de perspective historique :

« Il était dès le début ridicule d’espérer le pactole occidental. De même que comme tout État post-soviétique, l’Ukraine s’inspirait d’une thèse très simple. Certes, la Russie est très généreuse mais il faut prendre le chemin de l’Occident parce qu’on y nourrit deux fois mieux. Il faut en plus conserver avec la Russie les rapports féodaux et la pérenniser comme fournisseur de matières premières, ce qui permettrait à l’Ukraine d’avoir une belle vie grâce aux subventions à la fois russes et occidentales. Or, la pratique montre que l’Occident est toujours très près de son argent. Les parlements et leurs électeurs occidentaux prendraient très mal le fait de faire tomber la pluie d’or sur un autre pays. »

Le politologue Igor Nikolaïtchouk estime que l’Europe et les États-Unis n’ont pas la même attitude à l’égard de l’Ukraine :

« Conformément à l’impératif de la politique extérieure des États-Unis fondée sur la théorie russophobe de Brzezinski qui vise à empêcher par tous les moyens que le Russie renoue avec la puissance de l’ex-URSS, les Américains ne se donnent qu’un objectif. Il consiste à empêcher toute forme d’intégration de l’Ukraine aux associations post-soviétiques ou son rapprochement avec la Russie qui ferait rebondir leur puissance commune. »

Par contre, la question ukrainienne est plus douloureuse et complexe pour l’Europe et elle est souvent liée à l’image des politiques particuliers. Le premier ministre russe Dmitri Medvedev a supposé que les déclarations occidentales sur les crédits attribués à l’Ukraine se font de plus en plus modestes. En réalité, estime Medvedev, personne n’est disposée à accorder des crédits à l’Ukraine même pour ses besoins urgents. L’Europe peut tout au plus accorder un crédit pour le paiement de la dette qui préviendrait le défaut de paiement ukrainien et c’est tout puisque l’économie du Vieux monde peine à sortir de la crise. Mieux encore, les politiques, experts et journalistes occidentaux disent de plus en plus souvent que les tranches débloquées pour l’Ukraine sont subtilisées par l’élite ukrainienne et que la population de ce pays nouvellement indépendant dans son ensemble fait les frais d’une politique sociale et économique incohérente des nouvelles autorités. Par conséquent, il ne sert à rien d’accorder de nouveaux crédits à Kiev.

On a l’impression que c’est le peuple ukrainien paiera finalement la note de l’image des soi-disant amis américains de l’Ukraine qu’ils n’ont pas eu de cesse de renforcer y compris à coups de Maïdan.

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