Bruxelles essaie d'améliorer ses relations avec Moscou

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Les ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l'Union européenne (UE) discuteront aujourd'hui de leur stratégie vis-à-vis de la Russie: Federica Mogherini, haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a rédigé pour l'occasion un rapport de quatre pages selon lequel le changement de politique extérieure de la Russie nécessitait non seulement des bâtons mais aussi des carottes, écrit lundi le quotidien Kommersant.

Les ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l'Union européenne (UE) discuteront aujourd'hui de leur stratégie vis-à-vis de la Russie: Federica Mogherini, haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a rédigé pour l'occasion un rapport de quatre pages selon lequel le changement de politique extérieure de la Russie nécessitait non seulement des bâtons mais aussi des carottes, écrit lundi le quotidien Kommersant.

Cette révision de la stratégie européenne vis-à-vis de la Russie avait été annoncée par les leaders des pays de l'UE lors de leur dernier sommet en décembre 2014. D'après Donald Tusk, nouveau président du Conseil européen, "l'Union européenne envisage de former une position tout à fait unie par rapport à la Russie qui ne doit pas être idéologique, mais pragmatique et concrète". Federica Mogherini, nouvelle chef de la diplomatie européenne, a été chargée de lancer ce processus. La semaine dernière, elle a envoyé aux capitales européennes son plan d'action qui sera aujourd'hui débattu par les ministres des Affaires étrangères des pays-membres de l'UE.  

Son rapport contient deux idées principales. D'abord, si l'Europe veut obtenir un changement de politique extérieure de la Russie, il lui faut non seulement un bâton mais aussi une carotte. Ensuite, les parties doivent mettre fin à la confrontation avec Moscou, bien qu'il ne s'agisse plus de revenir au "business as usual".

Les pays membres devraient envisager l'idée d'établir des rapports officiels entre l'Union européenne et l'Union économique eurasiatique (UEEA), qui existe officiellement depuis le 1er janvier 2015 et regroupe la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et l'Arménie. La diplomatie européenne reconnaît les bénéfices d'une zone de libre-échange "de Lisbonne à Vladivostok" et suggère d'analyser les conséquences et les limites d'une coopération économique et commerciale éventuelle avec l'UEEA. Selon des sources l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, l'Autriche, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Grèce et d'autres États sont favorables à la création de liens avec l'UEEA.

Mais d'autres pays-membres, plus inquiets des actions russes, considèrent ce rapprochement comme une démarche prématurée: selon eux, la confrontation doit être surmontée dans le cadre du renforcement progressif de la coopération dans des domaines d'intérêt commun. Le "plan Mogherini" contient plusieurs propositions en ce sens.

La chef de la diplomatie européenne suggère notamment d'envisager une reprise du dialogue politique avec la Russie afin de résoudre les crises régionales. Elle estime notamment que Bruxelles et Moscou pourraient coopérer activement dans la lutte contre l’État islamique en Syrie et en Irak, sur les questions iranienne, libyenne, coréenne et palestinienne, aussi bien que pour l'élimination du virus d'Ebola.  

Ce plan évoque également la poursuite éventuelle de la coopération avec la Russie dans certains de projets de long terme, suspendus à cause des litiges autour de l'Ukraine: le partenariat pour la modernisation, l'énergie, l'environnement, les échanges d'étudiants et de chercheurs. De plus, Bruxelles propose de relancer les négociations sur l'allègement du régime de visas avec la Russie si Moscou renonce à son exigence de lui fournir les données personnelles des passagers européens survolant le territoire russe.  

Le texte souligne à plusieurs reprises que ces mesures ne seront mises en œuvre que si Moscou respectait les accords de Minsk sur le règlement du conflit dans le Donbass. Si la Russie respectait ses engagements, l'UE pourrait lever une partie des sanctions. Le "plan Mogherini" prévoit la répartition des sanctions entre  les "criméennes" (qui resteront en vigueur jusqu'à "la fin de l'annexion") et celles relatives à "la déstabilisation dans l'est de l'Ukraine" (ces dernières pourraient être allégées dès mars).

La réunion des ministres des Affaires étrangères ne se soldera pourtant par aucune décision concrète car c'est aux leaders des pays-membres qu'il appartient d'établir une nouvelle stratégie lors de leur sommet en mars.  

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