Kiev continue d'embaucher des Géorgiens au sommet de l’État

Les autorités ukrainiennes continuent d'offrir de nouveaux postes à d'anciens responsables géorgiens, écrit mercredi le quotidien Kommersant.

Les autorités ukrainiennes continuent d'offrir de nouveaux postes à d'anciens responsables géorgiens, écrit mercredi le quotidien Kommersant.

Ces initiatives provoquent la controverse en Géorgie. David Sakvarelidze, membre du parlement géorgien (et du parti Mouvement national uni de Mikhaïl Saakachvili), ancien procureur général adjoint, s'abstient pour le moment de commenter les informations des médias selon lesquelles il se serait vu offrir une haute fonction au sein de l'appareil judiciaire ukrainien et pourrait donc renoncer à son mandat parlementaire et au passeport géorgien.
L'intérêt de Kiev pourrait s'expliquer par le fait que David Sakvarelidze a organisé une lutte efficace contre la toxicomanie: il s'agissait notamment de la criminalisation des stupéfiants légers et de l'introduction d'une peine d'emprisonnement à perpétuité pour la vente de ces substances.

Ces informations sur l'offre ukrainienne faite à David Sakvarelidze - ce dernier est considéré comme l'un des membres les plus brillants de l'équipe des jeunes réformateurs de Saakachvili - n'ont surpris personne car il n'est pas le premier responsable géorgien à recevoir une telle invitation ou à obtenir une haute fonction au sein du gouvernement ukrainien. La figure la plus remarquable fut Ekaterina Zgouladze, ancienne ministre géorgienne de l'Intérieur, nommée vice-ministre de l'Intérieur en Ukraine. Elle a immédiatement renoncé à sa citoyenneté géorgienne et s'est déclarée prête à se consacrer à la formation d'une police "aussi transparente, honnête, ouverte et souriante qu'en Géorgie". Alexandre Kvitachvili, ancien ministre de la Santé, du Travail et de la Sécurité sociale, dont le nom est associé à la réforme dans ce domaine, a obtenu le même poste en Ukraine, présentant la "lutte contre la corruption omniprésente" comme son objectif prioritaire.

Des rumeurs concernant la nomination de Zourab Adeïchvili, ancien ministre de la Justice et procureur général au poste de chef du département ukrainien de lutte anti-corruption, ont également fait beaucoup de bruit à Tbilissi. Il est aujourd'hui accusé d'avoir confisqué illégalement la chaîne d'opposition Imedi à l'homme d'affaires défunt Badri Patarkatsichvili. Les autorités géorgiennes ont déjà laissé entendre que toute nomination de Zourab Adeïchvili en Ukraine aurait des répercussions sur les relations entre les deux pays.

Gueorgui Vachadze, membre du parlement et ancien vice-ministre de la Justice, s'est également vu offrir une haute fonction au ministère ukrainien de la Justice. Ce dernier a refusé, contrairement à Gueorgui Guetsadze, ancien vice-ministre de l'Intérieur.

Mikhaïl Saakachvili, qui se déplace régulièrement à Kiev depuis les États-Unis où il habite depuis novembre 2013, salue toutes ces nominations qu'il considère comme la "reconnaissance du succès sans précédent des réformes mises en œuvre en Géorgie suite à la révolution des roses".

La réaction des autorités géorgiennes et des leurs partisans est pourtant plus ambiguë. Les adversaires de Mikhaïl Saakachvili avertissent les Ukrainiens du "danger énorme qui menace leur pays". "Est-ce qu'ils veulent réellement que Saakachvili et ses valets coulent l'Ukraine tout comme ils ont coulé la Géorgie? s'interroge le célèbre cinéaste Gueorgui Khaïndrava. Alors qu'ils les prennent tous, y compris Saakachvili".

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