Retour à la normale

Retour à la normale
A la suite de l’attentat terroriste de Charlie Hebdo, on a l’impression que la menace terroriste se propage comme un virus en France et en Europe.

On dirait que par leur attaque immonde contre le journal satirique les frères Kouachi ont réveillé une cellule dormante et donné du courage à leurs semblables. Il ne se passe pas une semaine sans prise d’otage ou d’interpellation de suspects. Cette tendance est confirmée par les chiffres, d’après une information du Figaro le nombre de Djihadistes Français a augmenté de 130% l’année dernière. Alain Rodier chercheur au Centre Français de Recherche sur le Renseignement nous a confirmé que le retour à la normale peut prendre beaucoup de temps :

Je voulais revenir avec vous sur les événements de ces dernières semaines – l’attentat de Charlie Hebdo, la prise d’otages. On voit que ces événements ont eu un certain impacte et ils ont un peu envenimé tout ce réseau obscur de tous ces gens un peux fous. Est-ce que vous pensez qu’il y a un risque de contagion et que pendant quelque temps nous allons voir ressortir des gens avec des prises d’otages comme on a vu à Colombes, est-ce que ce genre d’événement va être plus fréquent ?

Nous sommes dans une période de risque, vous avez tout à fait raison. C’est pour ça que le gouvernement a déployé un imposant dispositif de sécurité à base de CRS, de gendarmes et même avec l’armée. C’est une première depuis une très longue période. C’est un moment extrêmement difficile, les dix-quinze jours qui vont venir sont très délicats. Cela dit il faut que le soufflet redescende un peu, il faut que les passions baissent en intensité, mais il est vrai que les prochains jours vont être extrêmement délicats.

Vous êtes expert du renseignement, pensez-vous qu’après ces événements là, les gens qui reviennent d’Irak ou de Syrie, est-ce qu’ils vont être suivis, comment ça va se passer à votre avis ?

Il est vrai que la menace des djihadistes qui sont partis à l’étranger et qui peuvent revenir en Europe est présente. Mais personnellement je ne pense pas que c’est celle qui est la plus directe, la plus directe ce sont des gens qui ne sont pas partis sur ces théâtres et qui veulent copier par mimétisme copier ce qui s’est passé. Heureusement ils n’ont pas la formation et le matériel nécessaire pour passer à l’acte. Mais nous ne sommes pas à l’abri de quelques individus qui suivent les consignes qui ont été lancées à la fin de l’année dernière en décembre sur le net, par Daesh ou Al Qaida, les deux mouvements ont lancé à peu près les mêmes consignes – partout où vous pouvez, vous passez à l’action.

On entend souvent dire maintenant que la mesure primordiale c’est de se débarrasser des imams étrangers qui prêchent un islam radical en France et qui sont contre les valeurs républicaines. Mais est-ce que l’on sait combien il y en a, comment les trouver, est-ce que c’est un réseau qui est connu ?

Il est vrai qu’il y a différentes mosquées qui ne sont pas officielles et nous trouvons là un certain nombre de radicaux qu’il faut surveiller. Ca fait de longues années qu’ils sont dans le collimateur. Maintenant que l’on prenne des décisions un peu plus fermes vis à vis de ces imams généralement autoproclamés, c’est une piste à suivre. Mais ce n’est pas la seule problématique à laquelle nous avons à faire à l’heure actuelle, un certain nombre d’activistes, de gens qui sont prêts à passer à l’action, ne fréquentent plus ces lieux de culte, ils n’ont pas de liaison directe avec les prédicateurs fanatiques, même si ces prédicateurs doivent être effectivement sanctionnés.

Selon vous en combien de temps ça peut revenir à la normale ?

En tant qu’ancien militaire j’aurais tendance à vous dire – un certain temps. C’est à dire qu’en réalité on ne sait pas. Il est vrai que ça ne va pas revenir demain ou après demain à la normale. Il est vrai que la décroissance ne peut être qu’extrêmement progressive et extrêmement longue. Je n’aime pas trop l’expression « guerre contre le terrorisme », c’est une guerre conte un moyen de combat. Le terrorisme c’est un moyen de combat, comme la guérilla, ou comme l’insurrection, c’est une guerre contre une cause. Cette guerre n’est pas uniquement militaire, policière ou judiciaire, elle est également dans les esprits et pouvoir bouger des esprits ça prend beaucoup de temps.

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