La Lettonie tente de rapprocher Minsk et Bruxelles

Andrejs Pildegovics (Lettonie), président de l'Union européenne, veut enregistrer un progrès considérable dans le rapprochement entre Minsk et Bruxelles, écrit vendredi le 23 janvier le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Andrejs Pildegovics (Lettonie), président de l'Union européenne, veut enregistrer un progrès considérable dans le rapprochement entre Minsk et Bruxelles, écrit vendredi le 23 janvier le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

L'ambassade lettone à Minsk informait hier que cette visite était liée au début de la présidence du pays au Conseil de l'Union européenne. C'est en tout cas le sujet précis de la conférence de presse d'Andrejs Pildegovics prévue aujourd'hui. Hier, le ministre d’État letton s'est entretenu avec Vladimir Makeï, chef de la diplomatie biélorusse, au ministère des Affaires étrangères du pays. 

La visite du secrétaire d’État letton est intéressante pour plusieurs raisons. D'abord, il témoigne du dégel dans les relations entre la Biélorussie et l'UE, pour l'instant évoqué par les experts et les diplomates mais pas au niveau officiel. D'après des analystes locaux, cette amélioration des rapports s'explique par une position relativement indépendante de Minsk concernant la crise ukrainienne, la médiation des autorités biélorusses visant à résoudre le conflit et l'apparition dans l'espace postsoviétique d'un autre "noyau du mal", plus menaçant que la dictature de Loukachenko.  

Le président biélorusse a plusieurs fois indiqué que la position européenne envers Minsk était désormais moins catégorique, mais qu'il n'existait toujours aucune preuve palpable de ce fait hormis quelques mouvements chaotiques de diplomates. La veille de la visite actuelle d'Andrejs Pildegovics, les médias biélorusses ont publié des citations du journal bruxellois EUobserver dans lequel Andrejs Pildegovics soulignait la possibilité d'un "progrès sur la question des visas" et notamment d'un "premier pas vers un régime sans visas". Il a rappelé en même temps que la libération des prisonniers politiques était une condition préalable de la mise en œuvre de ces mesures.   

Les médias biélorusses (poussés probablement par des idéologues locaux) ont interrogé à ce sujet Andrejs Pildegovics, qui préparait à l'époque sa visite à Minsk. "Non, je n'ai pas tenu ces propos, ces déclarations… Quant à ces consultations et ces négociations sur les visas, elles ne sont pas liées directement au problème des prisonniers politiques. Il s'agit d'une interprétation erronée des médias", s'est justifié le ministre d’État.

Le journal bruxellois citait également un autre diplomate letton, Juris Poikans, qui avait reconnu que le président biélorusse Alexandre Loukachenko voulait prendre part au sommet du Partenariat oriental à Riga en mai 2015. 

Les observateurs politiques biélorusses expliquent ce fait par l'approche des élections présidentielles. Certains experts estiment que la participation éventuelle de Loukachenko à cette rencontre européenne visera à légitimer son pouvoir suite au prochain suffrage. La situation économique reste également compliquée: le pays a grand besoin de financements extérieurs.

Quoi qu'il en soit, cette amélioration des relations avec Bruxelles est actuellement très avantageuse pour Minsk. Les pays baltes sont les meilleurs avocats de la Biélorussie au sein de l'Union européenne car ils ont des intérêts communs avec elle, liés principalement à la logistique portuaire. Cette volonté de profiter de la présidence de la Lettonie constitue donc une initiative diplomatique efficace.    

 

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