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Alzheimer historique : expo sur Salaspils annulée à Paris

Alzheimer historique : expo sur Salaspils annulée à Paris
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La veille de la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste célébrée le 27 janvier, la Lettonie met son veto à l’ouverture d’une exposition consacrée aux prisonniers du camp de concentration Salaspils. Buchenwald letton est réputé, entre autres, pour avoir vidé les enfants de leur sang pour le transfuser aux soldats nazis blessés, ce qui a causé la mort de la plupart d’enfants concernés. Ce camp letton était construit en 1941 sous l’occupation nazie et depuis on y plaçait des prisonniers soviétiques ainsi que des prisonniers politiques des pays baltes et d’autres pays européens, principalement les Juifs. Plusieurs détenus y trouvèrent la mort.

Doté d’un nom éloquent « Enfance volée : Holocauste vu par les détenus mineurs de Salaspils », l’exposition devait avoir lieu à l’UNESCO à Paris. C’est le résultat d’un immense travail d’une équipe internationale créée par la fondation non-gouvernementale russe « Mémoire historique ». Les chercheurs, les journalistes, les volontaires de Russie, de Biélorussie, de Lettonie, de France ont travaillé dans ces pays-là à partir de l’année 2010 en enregistrant les témoignages des victimes des opérations punitives nazies qui ont eu lieu en URSS pendant l’occupation du Nord-ouest de l’Union soviétique, a confié à la radio Sputnik Olesya Orlenko, responsable de projets internationaux de la fondation « Mémoire historique ». Par la mise en œuvre de cette exposition, les organisateurs ont voulu démontrer, selon Mme Orlenko, que « la Seconde guerre mondiale était beaucoup plus compliquée qu’on peut imaginer même maintenant », certains de ses épisodes restant jusqu’aujourd’hui mal étudiés. La mise en place d’une telle exposition est d’autant plus importante que les archives de Salaspils ont été totalement brûlées, tout comme le camp même, par les nazis chassés par l’Armée soviétique. « Cette catégorie de gens, victimes des opérations punitives nazies, souvent les mineurs, reste inconnue, oubliée. Pour voir la complicité des événements qui ont eu lieu pendant la Deuxième guerre mondiale, il faut étudier la micro-histoire, histoire des individus… c’est important aujourd’hui du point de vue historique, social et philosophique », a expliqué Mme Orlenko dans une interview à la radio Sputnik.

Pourquoi les autorités lettones ont-ils décidé d’interdire l’exposition « Enfance volée : Holocauste vu par les détenus mineurs de Salaspils » ? Eh bien, selon l’explication officielle des représentants lettons, l’exposition nuit à l’image de la Lettonie en tant que pays présidant actuellement l’UE. Mais alors dans ce cas-là l’Allemagne devrait elle aussi interdire pendant sa présidence de l’UE chaque mention liée à la Seconde guerre mondiale. Mais elle ne l’a pas fait jusqu'à présent aussi bien que la France ne remet pas en cause la culpabilité du régime de Vichy… Le responsable de projets internationaux de la fondation « Mémoire historique » Olesya Orlenko considère que l’explication fournie par la Lettonie n’est qu’un prétexte politique ridicule. D’après Mme Orlenko, « les actes pareils sont l’héritage des pratiques soviétiques qui existent toujours en Lettonie », qui a tant souhaité oublier son passé soviétique pendant une vingtaine d’année. « C’est la signe de faiblesse de la démocratie. Le Lettonie préfère de ne pas parler des questions difficiles… ce n’est pas vraiment de la pratique des pays européens. », poursuit Mme Orlenko.

Les organisateurs de l’exposition en question espèrent tout de même la mettre en œuvre dans un avenir proche.

Quant à la Lettonie qui essaye apparemment de faire oublier une période non-négligeable de son histoire ou même la réviser, on la plaint. Ce n’est qu’un bon apprentissage des leçons de l’histoire qui permet de ne pas marcher sur le même râteau. La Lettonie doit trouver elle-même une réponse à la question: qu’est-ce qui nuit le plus à son image en Europe, l’exposition ou son interdiction ?

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