L’APCE : entre le bon sens et le théâtre de l’absurde

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L’APCE : entre le bon sens et le théâtre de l’absurde - Sputnik France
Une délégation représentative de parlementaires russes avec à sa tête Serguei Narychkine s’est rendue à Strasbourg pour prouver aux Européens l’importance de la participation des députés de la Douma d’Etat russe à la session de l’APCE.

La crise ukrainienne et le rôle de la Russie y seront débattus. Comment se passer de l’opinion de l’Etat accusé de tous les péchés ? Cependant, tout le monde ne veut pas un dialogue normal. On essaie à nouveau de priver la Russie de ses prérogatives. Cette fois à l’initiative des Pays-Bas qui imputent toujours à la Russie l’accident d’un « Boeing » au-dessus de Donetsk. Les adversaires zélés de la Russie : la Pologne et les pays Baltes ont cédé la place à Amsterdam dans son « noble élan ».

La délégation russe est privée du droit de vote à l’APCE dès avril dernier en rapport, pour reprendre l’expression des politiciens occidentaux, de l’annexion de la Crimée. Les prérogatives doivent être restituées automatiquement en janvier et il y a de multiples tentatives de s’y opposer. Si un tel scénario est appliqué, il est possible que Moscou suspende ses activités à l’Assemblée au moins pour une année et pose ensuite le problème de la participation de la Russie au Conseil de l’Europe ce qui est, d’ailleurs, parfaitement logique.

L’APCE est depuis longtemps une institution qui critique et blâme sans cesse la Russie. Avant la Crimée elle était accusée d’événements au Caucase du Nord. Lorsque l’ordre constitutionnel y a été rétabli, les Européens ont profité d’autres « atouts ». Moscou a été accusé, en dépit des réalités objectives, d’avoir déchaîné la guerre en Ossétie du Sud en août 2008. Plus tard on a essayé d’interpréter l’escapade des Pussy Riot comme le symbole de la résistance au « régime » en Russie. L’opposition à la propagande de l’homosexualisme parmi les mineurs sous forme d’amendes a sans doute indigné l’Europe instruite et tolérante et ainsi de suite.

Certes, la Russie est disposée à poursuivre ses activités à l’APCE. Le dialogue, c’est mieux que l’absence de dialogue, c’est un axiome. Certains membres de l’APCE sont convaincus que le compromis sera trouvé et la délégation russe reprendra entièrement ses travaux. Or, il existe d’autres pronostics. Si tous les membres de l’Assemblée font front commun pour priver la Russie des prérogatives, il sera impossible de les faire changer d’avis. Dans ce cas les processus se déroulant dans la politique intérieure et étrangère de la Russie ainsi que les événements ukrainiens seront définitivement falsifiés à l’APCE.

Le parlement ou l’Assemblée parlementaire sont en premier lieu des forums pour les discussions, les débats, pour un dialogue – bref, pour rechercher des compromis. A quoi bon rester au sein d’une institution où la Russie ne se voit pas réserver le droit parlementaire d’exprimer son opinion ? Ou bien les députés européens considèrent leurs collègues russes à l’APCE comme des observateurs silencieux au moment lorsque leur pays est accusé sans arguments ? C’est sans doute une position absurde.

Moscou est prêt à n’importe quel partenariat à condition du respect des intérêts des parties concernées. S’il est, néanmoins, question de suspendre ыes activités à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ce ne sera pas la tragédie. Ayant estimé à l’époque inutile la coopération avec l’UNESCO, les Etats-Unis ont cessé tout simplement d’y verser des cotisations. La Russie décline des subterfuges aussi primitifs et paie toujours ses cotisations au Conseil de l’Europe.

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