Les relations soviéto-américaines à l’époque de Roosevelt

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Le 20 janvier 1945, Franklin Delano Roosevelt, a pour la quatrième fois prêté serment à la présidence des États-Unis. Roosevelt, le créateur du fameux New Deal dans l’économie américaine, et celui qui a fait sortir le pays de la Grande Dépression, est également devenu célèbre grâce à sa politique extérieure pragmatique.

Il s’est prononcé ainsi contre la politique isolationniste traditionnelle des Etats-Unis et pour l’instauration des relations diplomatiques avec l’URSS. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, Roosevelt est devenu un allié de Moscou.

En devenant président en 1933, Roosevelt a revu entièrement la politique de ses prédécesseurs, et notamment en ce qui concerne les relations diplomatiques avec l’URSS. Herbert Hoover, son prédécesseur, à l’instar des autres leaders occidentaux, ne se dépêchait pas d’entamer un rapprochement avec l’Union soviétique. Mais Roosevelt, plus clairvoyant, a fait changer ce cours politique. Surtout que les intérêts géopolitiques de Washington et de Moscou n’avaient à cette époque rien en commun.

« Les Etats-Unis n’avaient pas d’ambitions impériales à cette époque », explique Miroslav Morozov, chercheur à l’Académie de l’Histoire militaire sous l’égide de l’Académie militaire de l’Etat-Major des forces armées de Russie. « L'Union soviétique et les Etats-Unis n’avaient alors rien à partager. A la différence de la Grande-Bretagne, par exemple, dont les intérêts étaient en contradiction constante avec les intérêts soviétiques. Ce n’était pas le cas de l’administration américaine sous Roosevelt. Le président américain était un pragmatique, qui voyait en URSS un allié dans la lutte contre le fascisme pendant la guerre. Malgré les avertissements de Churchill qui lui conseillait d’être plus prudent avec Moscou, car il voyait en Union soviétique un pays qui voulait instaurer l’hégémonie communiste dans le monde entier. Pour Roosevelt, ces accusations semblaient artificielles et illusoires ».

Avec les années, et surtout après sa première rencontre avec Staline lors de la conférence à Téhéran en 1943, le président américain est devenu encore plus convaincu que sa position était judicieuse. Le dirigeant soviétique lui a laissé une impression inoubliable. « Travailler avec lui c’est un plaisir », se souvenait-il plus tard. En outre, le patron de la Maison Blanche de l’époque exprimait l'espoir qu'ils pourraient coopérer encore avec Staline après la guerre. Mais ces bonnes relations ne se sont pas conservées.

Roosevelt est mort moins d'un mois avant la fin de la guerre. Quant à ses successeurs, ils ont radicalement changé la politique américaine envers l'Union soviétique.

« Qui sait, peut-être que les choses auraient pu se passer autrement si Roosevelt avait survécu jusqu’à la victoire »,poursuit Miroslav Morozov. « Car après que l'Allemagne nazie et le Japon militariste soient sortis du champ de la politique internationale, ce sont des contradictions entre les soi-disant démocraties occidentales et l’Union soviétique, qui sont ressorties sur le premier plan. Tôt ou tard, vu ces circonstances, une « guerre froide » commencerait. Et l'Amérique aurait pu jouer dans cette guerre un rôle clé ».

Ainsi, depuis plus d'un demi siècle, l’« amitié sincère » entre Moscou et Washington, dont rêvait Roosevelt, reste un rêve. Les années 1940 correspondent vraiment à l’apogée des relations russo-américaines. Et on ignore si ces relations vont encore pouvoir se rechauffer.

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