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Tous pauvres? Tous riches?

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Le sujet de la pauvreté suscite beaucoup de spéculations. Mais la réalité est différente.

Faute à la crise ou à l’arrivée de l’hiver, la pauvreté est devenue le sujet dont tout le monde parle. Ainsi, Bill Gates et sa femme Melinda ont annoncé dans leur lettre annuelle, publiée jeudi dernier, leur certitude que le sort des pauvres va s’améliorer dans les prochaines années.

" Notre grand pari est que dans les 15 prochaines années, la vie des plus pauvres va s’améliorer plus qu’à aucun autre moment de l’histoire du monde ", a expliqué à AFP Melinda Gates, ajoutant que des progrès marquants sont attendus dans de nombreux domaines grâce aux nouvelles technologies.

Deux jours plus tôt, c’est l’ONG Oxfam, qui a sorti un rapport sur les inégalités mondiales. L’enquête faisait valoir que les 1% des plus riches sur la planète détiendront en 2016 plus de richesses que les 99% restants de la population. L’analyse de l’ONG, basée le patrimoine net (actifs des personnes moins leurs dettes), a déjà été vivement critiquée par les experts. Illustrée avec de multiples infographies, elle faisait valoir qu’il n’y a aucun Chinois parmi les 10% les plus pauvres au monde, alors que 7,5% des 10% les plus pauvres sont des Américains! Cela peut être le cas si l’on base les calculs sur le patrimoine net des personnes, en déduisant les dettes de leurs actifs. Etant donné que de nombreux Américains sont endettés, ils obtiennent ainsi un patrimoine net négatif, ce qui les rend " plus pauvres " que les personnes qui mènent un mode de vie très modeste, mais qui n’ont pas de dettes.

En France, c’est le " dérapage " du ministre de l’Economie Emmanuel Macron sur les pauvres qui aura suscité l’indignation en 2014. " Quand on me dit " les pauvres voyageront en autocar ", j’ai tendance à penser que c’est une caricature, mais les pauvres qui ne peuvent pas voyager, voyageront plus facilement ", a déclaré Macron lors de la présentation de son projet de loi pour l’activité.

Un problème plus complexe

La déclaration du ministre de l’Economie n’a effectivement rien à avoir avec la réalité. Selon la définition de l’Union européenne, les pauvres " sont des individus (…) dont les ressources (matérielles, culturelles et sociales) sont si faibles qu’ils sont exclus des modes de vie minimaux acceptables dans l’Etat-membre, dans lequel ils vivent ".

Les sociologues définissent le seuil de pauvreté en termes relatifs (selon les minimaux acceptables) ou absolus (par rapport à un montant minimum de ressources). Ainsi, en France, si l’on prend comme l’indicateur la pauvreté monétaire relative (à savoir, des individus vivant avec moins de 1000 euros par mois), on peut dire que 14% de la population est pauvre. En revanche, si l’on définit comme seuil de pauvreté l’ensemble des bénéficiaires des prestations sociales qui sont destinées aux déshérités, en élargissant aux foyers des bénéficiaires de ces allocations, on arrive à la conclusion que 10% de la population française est pauvre.

Quant à l’évolution de la pauvreté en France, il serait erroné de dire qu’elle est en train de progresser. Etant donné que le niveau de vie médian a baissé, c’est aussi le cas du taux de pauvreté.

" La pauvreté a surtout changé de visage ", expliquait au Figaro Julien Damon, ancien président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale. " Autrefois le pauvre était âgé, issu d’une famille nombreuse et habitait en zone rurale. Aujourd’hui il est jeune, vient d’une famille monoparentale, demeure en zone urbaine et ne parvient pas à s’insérer sur le marché du travail ".

Et en Russie?

Les sociologues distinguent deux catégories de personnes pauvres en Russie. D’abord il y a les personnes, dont les revenus ne dépassent pas le revenu minimum officiel. Ensuite, il y a une catégorie de personnes qui se sont retrouvées dans une situation économique difficile à cause des facteurs différents (maladie ou nécessité d’aider financièrement des proches).

Le revenu minimum en Russie atteignait à la fin de 2014 8086 roubles par mois (soit plus de 106 euros), en dépit d’un coût minimum réel de la vie estimé au double de cette somme. Quant au nombre de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, selon les données statistiques, au début de 2014, il approchait déjà les seize millions, soit 11,1% de la population. En réalité il peut s’agir du double de ce taux, et avec la chute du rouble au cours de ces derniers mois, le nombre de personnes pauvres en Russie a certainement augmenté.

" Nous restons toutefois un pays de réalistes modestes ", résume la situation le directeur de l’Institut russe de sociologie Mikhaïl Gorchkov. " Mais d’après les revenus, au cours de ces dix dernières années, le nombre de personnes pauvres a été divisé par deux, même si un Russe sur 5 peut toujours être considéré aujourd’hui comme vivant en-dessous du seuil de pauvreté d’après certains autres critères ".

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