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Accord sur l’Iran : La Russie ennemi de substitution ?

© AP Photo / Brendan SmialowskiMuch to the dismay, no doubt, of at least 47 US Republican Senators, a Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) was reached concerning Iran's nuclear program Thursday, after 8 straight days of final-round negotiations, in Lausanne, Switzerland.
Much to the dismay, no doubt, of at least 47 US Republican Senators, a Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) was reached concerning Iran's nuclear program Thursday, after 8 straight days of final-round negotiations, in Lausanne, Switzerland. - Sputnik France
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La vie diplomatique relève, dans une certaine mesure, de la théorie du chaos. Un accord avec l’Iran peut aviver les tensions en Europe. Nous l’annoncions il y a dix-huit mois, l’hypothèse d’une sortie de crise négociée sur la question du nucléaire iranien aura au moins deux répercussions majeures. Analyse de Philippe Migault.

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Nous l'annoncions il y a dix-huit mois, l'hypothèse d'une sortie de crise négociée sur la question du nucléaire iranien aura au moins deux répercussions majeures.

La première portera sur la sécurité d'Israël. Si Téhéran renonce à l'arme atomique, la perspective d'un holocauste nucléaire ne pourra plus être brandie par Benyamin Netanyahou à la tribune des Nations Unies. Les sanctions économiques seront sans doute levées. L'Iran redeviendra inéluctablement à moyen terme ce qu'il était jusqu'en 1979: la puissance régionale dominante du Moyen-Orient et un marché de choix pour les Etats-Unis. Cela aura nécessairement un impact majeur sur la vie politique israélienne et sur les alliances implicites, inavouables, qui unissent l'Etat juif aux monarchies du Golfe officiellement les plus antisionistes. Foreign Policy résumait parfaitement hier soir l'embarras, pour ne pas dire l'angoisse, qui doit être ressentie de Tel-Aviv à Riyad dans les milieux dirigeants.

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La seconde porte sur le projet de bouclier antimissiles américain en Europe. Théoriquement censé nous protéger contre une hypothétique salve de missiles balistiques tirée par l'Iran, il n'a plus aucune raison d'être dans la configuration projetée, si l'élan positif des négociations de Lausanne aboutit d'ici le 30 juin à un accord désamorçant la « menace ».

Quelle pertinence y aurait-il à installer des missiles antimissiles en Pologne et en Roumanie vis-à-vis d'un péril qui s'est évanoui? Poursuivre le programme ce serait avouer ce que la Russie n'a jamais cessé de dénoncer: que le projet n'a jamais visé l'Iran mais qu'elle en est la cible.

Pas d'un point de vue militaire. Les engins qui doivent constituer le dispositif d'interception ne sont pas en mesure de neutraliser les forces de dissuasion russes engagées dans un vaste programme de modernisation.

Mais d'un point de vue politique. Car, l'objectif réel de ce bouclier a toujours été de fédérer du Golfe de Finlande aux bouches du Danube un cordon d'Etats hostiles à la Russie. Alors que la crise ukrainienne a été pour les Etats-Unis le moyen de muscler très sensiblement cette stratégie en Europe centrale, il est difficilement concevable d'y renoncer du point de vue du Pentagone ou des faucons démocrates et républicains du Congrès.

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Les masques vont donc tomber. Si l'OTAN décide de poursuivre son programme ABM (Anti Ballistic Missile) alors que l'Iran donne toutes les garanties demandées, cela s'apparentera à un geste de défiance assumé, pour ne pas dire d'hostilité, de l'Alliance Atlantique vis-à-vis de Moscou. Les implications diplomatiques et sécuritaires seront importantes. Désignée clairement comme « l'ennemie de substitution », la Fédération de Russie sera naturellement contrainte de relever le défi. Avec, à la clé, une possible rupture du traité New Start de 2010, limitant le nombre d'armes nucléaires russes et américaines et une relance de la course aux armements.

Barack Obama, dont New Start est, en dehors d'un prix Nobel de la paix usurpé, le seul succès notable en sept années de mandat présidentiel, n'a sans doute pas envie de porter la responsabilité d'un tel scénario aux yeux de l'histoire. Sans doute temporisera-t-il de son mieux, laissant à ses successeurs le choix de l'apaisement ou de l'affrontement. Si ce dernier est privilégié ce ne seront pas les Américains qui en subiront les premiers les conséquences, mais les Européens.

 

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